‹ Étude sur les hématomyéliesChapitre 52 sur 150 · LÉSIONS COMPLEXES · texte numérisé non relu

LÉSIONS COMPLEXES

concomitante des vaisseaux, ou bien, au contraire, domine la scène.

Cette conception découle d’une manière inévitable de l'examen impartial des faits.

Des traumatismes, s’exerçant dans des conditions identiques à celles que nous avons indiquées comme causes de l’hématomyélie traumatique cervicale, ont, à plusieurs reprises, produit des désordres anatomiques absolument différents de l’hématomyélie; telle est la notion actuelle.

Nous la devons en partie aux travaux du professeur Erb et de ses élèves, qui, sous le nom de poliomyélite antérieure chronique consécutive au traumatisme, ont réuni des faits où l’épanchement hémorragique ne jouait aucun rôle. |

C’est également ce qu'a vu M. J.-H. Lloyd, en 1898. Cet auteur a publié dans le Brain une observation intéressante, sur laquelle nous aurons à revenir à propos des syringomyélies traumatiques. Le cas était, dans les circonstances d’origine, tout à fait classique : il y avait eu une fracture de la colonne cervicale, des phénomènes paralytiques, qui s’étaient amendés dans la suite, puis un complexus symptomatique de syringomyélie. À l’autopsie on trouva une destruction incomplète de la moelle cervicale, divers processus anatomiques sur lesquels nous n’avons pas à insister, mais pas trace d'hémorragie.

C’est en présence de cas dans le genre de ceux-là que des auteurs comme MM. Laxet Müller (Deutsche Zeitschrift für Nervenhetlkunde, XIT, 1898, p. 333), ont pu montrer l’exagération de ceux qui diagnostiquaient des hématomyélies dans tous les cas de traumatisme médul-

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laire grave qu'ils rencontraient. Ils rapportaient euxmêmes deux cas, très soigneusement étudiés, et très nets au point de vue hématomyélie. Mais il y avait en même temps de telles déformations de la moelle, qu'ils se sont, avec raison, refusés à admettre que l’épanchement était seul en cause.

Aussi, ont-ils soutenu, tombant peut-être dans l'excès inverse de celui qu’ils fuyaient, des conclusions opposées à la possibilité d’hématomyélies traumatiques pures.

Une force capable de rompre les vaisseaux, disent-ils, peut atteindre bien plus encore la substance nerveuse. Un traumatisme qui produit une solution de continuité dans un tissu élastique et extensible comme celui du système vasculaire, doit nécessairement léser auparavant les conducteurs nerveux, plus fragiles.

H y aurait donc, surtout dans les hématomyélies cervico-dorsales par flexion brusque, des processus de déchirement de la substance blanche et de la substance grise, et de l’hémorragie dans la substance grise, qui serait concomitante, mais non primitive.

Le sang s’infiltrerait alors entre les faisceaux rompus, créerait des compressions nouvelles, mais ne serait pas le facteur initial des désordres observés.

De même les cavités secondaires ne seraient pas, comme le pense M. Minor, des restes d'anciennes hémorragies avec gliose par irritation, mais des restes d'anciennes déchirures coexistant avec l’hématomyélie.

Aussi, ce que l’on appelle l’hématomyélie centrale serait-il beaucoup mieux désigné par le mot : maladies traumatiques de la moelle.

Tel est à peu près le sens des conclusions de MM. Lax

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