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III. Hémokonies chez les nouveau-nés

A la clinique Baudelocque, dans le service du pro: fesseur Pinard que nous voulons remercier, ainsi que le professeur agrégé Wallich, du bienveillant accueil qu’ils nous ont réservé, nous avons examiné le sang de dix-huit enfants nouveau-nés et nous avons suivi la plupart d’entre eux pendant une huitaine de jours environ. |

Le sang de tous ces enfants, au moment de leur naissance, contenait toujours des hémokonies, sensiblement identiques comme aspect el comme nombre à celles constatées au même instant dans le sang maternel. LA

Nous avons aussi observé chez les nouveau-nés une

particularité intéressante : un certain nombre de globules rouges, dans la proportion d'un quart en moyÿenne, contenaient des hémokonies en mouvement, au nombre de deux à huit par globule (fig. 17), cette particularité disparaissait au bout d’un temps plus ou moins long après la naissance, mais toujours après

8 h. environ,

Préparation de sang d’un nouveau-né.

Fig. 17

Lors de nos premiers examens, nous avons pensé qu'il pouvait y avoir là un phénomène-d'optique et que des hémokonies libres contenues dans une couche supérieure pouvaient sembler incluses dans des globules rouges situés dans une couche immédiatement infé-

rieure : mais une observation attentive nous permit de constater que ces hémokonies étaient bien réellement dans le globule rouge, arrivant à sa périphérie sans pouvoir en sortir, suivant exactement le même chemin que lui et avec la même vitesse, alors que les hémokonies libres se comiportaient tout différemment.

Comment interpréter cette constatation »

Ces granulations proviennent-elles du globule rouge lui-même ? Sont-ce des fragments de noyau ?

Faut-il admettre que des hémokonies peuvent pénétrer à l'intérieur du globule rouge du nouveau-né, qui paraît, en effet, se déformer avec plus d’élasticité que chez l'enfant plus âgé quand il rencontre un obstacle et être également plus friable ?

Ne peut-on aussi penser que Île globule rouge, déjà vecteur d'oxygène, aurait un râle dans Îa nutrition du fœtus et transporterait des particules alimentaires très fines qui passeraient du sang maternel dans le sang fœtal ? À l'appui de cette dernière hypothèse, on peut rappeler le nombre identique d'hémokonies constaté chez la mière et chez l'enfant et la disparition du phénomène dans les premières heures de la vie extra-utérine, alors“que l'enfant commence à s'alimenter par ses propres Moyens.

Comme suite à ces observations, nous avons pratiqué une opération césarienne sur une lapine pleine et presque à terme : cet animal présentait avant l'opération le n° 1 4 d’hémokonies. En prélevant du sang

dans le cœur des fœtus, au nombre de six, nous avons pu constater un nombre d'hémokonies identique à ce-

lui de la mère, mais nous n’avons pas vu de globules rouges porteurs d’'hémokonies.

Nous avons cherché également comment variaient les hémokonies chez les enfants pendant la première semaine.

En procédant à des pesées avant les tétées et trois quarts d'heure à une heure après, nous avons pu Conslater que d’une façon générale le nombre des hémokonies augmente nettement après une tétée et que ce nombre est proportionnel à la quantité de lait ingérée par le nourrisson : les premiers jours, pendant lesquels celui-ci boit peu de lait, les hémokonies sont moins nombreuses que plus tard et dans lPensemble d’une journée, les nombres élevés d’hémokonies correspondent aux prises de lait plus considérables.

Remarque : Nous avons fait, lors de notre séjour à la clinique Baudelocque, un examen rapide et non systématique du lait des femmes nouvellement accouchées.

On sait qu'on trouve dans le lait des particules de grandeur variable, animées de mouvements browniens, qu'on à appelées « Lactokonies ».

Les lactokonies nous ont paru augmenter à mesure que l'allaitement se poursuivait, être moins nombreuses au début d'une tétée qu’au milieu ou à la fin ; le lait des bonnes nourrices semble en contenir davantage que celui ‘des nourrices médiocres.

Nous n'insistons pas sur ces observations qui ne ren-

rent pas dans notre sujet : si nous les avons signalées, cest en raison de l'intérêt que ce point de vue paraît

DÉS Ci

offrir : ilest permis, en effet, de supposer que le nombre et la ténuité des lactokonies peuvent être en rapport avec la qualité du lait.

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