V. -— RECHERCHES SUR MALADES ADULTES
Nous avons aussi examiné comment variaient les hémokonies chez certains malades adultes : nos observations ont été faites à l'hôpital St-Antoine dans les servi-
ces de MM. les docteurs Beclère et Mathieu qui ont bien.
voulu mettre à notre disposition tous les éléments né-
cessaires, ce dont nous les remercions bien sincère-
ment.
Ces recherches ont porté sur : «
a) 8 cas de leucémie,
b) 4 cas de néoplasme de l’estomac.
c) 7 cas d’ulcère de l'estomac.
d) 2 cas de dysenterie.
e) 4 cas de dyspepsie.
f) 2 cas d’ictère.
a) Sur les huit cas de leucémie observés, cinq étaient des leucémies myéloïdes et trois des leucémies lymphatiques : sauf deux cas, ces malades avaient été traités par les rayons X. |
Dans les leucémies myéloïdes, le champ ultra-microscopique était constellé de leucocytes, dont un grand nombre paraissaient désagrégés : ils avaient quelques mouvements amiboïdes et une légère trémulation de leurs granulations ; de nombreux îlots de provenance leucocytaire et des essaims de | granulations, se voyaient de place en place ; des pseudopodes remplis de granulations et des granulations isolées abandonnèrent nettement certains globules blancs chez deux de
nos malades. Aussi, d’une façon générale, le nombre des particules libres du sang était-il légèrement augmenté, en dehors de toute cause alimentaire et surtout dans les parties où les globules blancs étaient les plus nombreux. Ces phénomènes avaient lieu avant que l’action de la chaleur se fit sentir : en laissant chauffer ces préparations, le nombre des hémokonies devenait considérable au bout de peu de temps.
Dans les leucémies lympathiques, la mononucléose élait aussi manifeste dans certains cas que l'était la polynucléose dans les observations ci-dessus, mais le nombre des particules libres du sang ne nous a pas paru excéder la normale ; dans une préparation chauffée pendant une heure, les mononucléaires restèrent immobiles et le nombre des hémokonies ne varia pas sensiblement.
Ces faits se rapprochent de ce que nous avons observé chez l'animal soumis à l’action des rayons X. Les leucocytes paraissent plus friables dans les leucémies myéloïdes et c'est chez celles-là que l’on semble constater une augmentaion des particules libres, en rapport, suivant toute probabilité, avec la polynucléose.
b) Deux des malades atteints de néoplasme de l’estomac n'avaient pas été opérés, le troisième était opéré depuis trois mois et était nourri au moyen d’une sonde stomacale, le quatrième élait opéré depuis douze jours.
Les deux cas non opérés ne présentèrent qu'une variation insignifiante du nombre de leurs hémokonies après l’absorption de 300 gr. de lait : les deux opérés
présentèrent dans les mêmes conditions une légère augmentation du nombre des hémokonies, mais cette augmentation resta cpendant notablement inférieure à celle que nous avoné constatée chez des sujets normaux : l’ingestion de la même quantilé de lait faisait en effet, varier les hémokonies de ceux-ci‘en moyenne du n° 2 au n° 3 & au bout d’une heure, alors que chez nos malades le n° 2 ne fut pas dépassé au bout du même laps de temps.
€) Parmi les sept cas d’ulcus de l'estomac, cinq préscntèrent une augmentation ‘du nombre des hémokonies inférieure à celle observée chez les sujets normaux après la prise de 300 gr. de lait. *
d) Les deux dysentériques n'accusèrent également qu'une augmentation de nombre des hémokonies inférieure à celle qu'ils auraient dù normalement avoir après l’ingestion de la même quantité de lait que précédemment.
e) Dans un cas de dyspepsie avec troubles nerveux, l'augmentation du nombre des hémokonies fut normale après la prise de 300 gr. de lait ; il en fut de méême dans un second cas de dyspepsie très améliorée. Dans les deux autres cas l'augmentation fut inférieure à la normale.
f) Enfin sur les deux cas d’ictère, l’un atteint d’ictère calculeux en voie de guérison eût, après l’absorption de la même quantité de lait, une augmentation normale du nombre de ses hémokonies ; l’autre, récent, survenu à la suite d'intoxication, ne présenta
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? Conclusions
1. — L'étude bibliographique de la question des hémokonies montre combien leur origine et leur nature sont discutées :
a) Certains auteurs croient que les granulations libres du sang sont uniquement de nature graisseuse et en rapport avec l'alimentation grasse (Müller, Neumann, Leva..….)
b) D’autres les considèrnt comme étant de nature al: Puminoïde, dérivant des globules blancs ou rouges (Stokes et Weggefarth, Nicholls, Raehlmann, Stengel...) ; d’après certains d’entre eux, ces granulations auraient un rôle dans l'immunité. |
€) D’autres enfin sont éclectiques et pensent que l’origine de ces corpuscules n’est pas univoque (Ranvier, Hayem, Comandon...)
Ces divergences d'opinion tiennent peut-être en parüe à la diversité et à l'insuffisance des moyens employés pour la numération des hémokonies : nous pensons que la méthode que nous avons exposée à propos de