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pour la plupart : ce n'étaient pas des plaquettes, leur aspect rappelait celui des très petites particules de graisse et aucun élément ne permettait d'attribuer leur provenance aux globules rouges ou blancs ou aux plaquettes.
L'examen à l'immersion montra que leur quantité’
était très variable, tantôt il y en avait beaucoup, tantôt elles étaient si peu nombreuses qu’il fallût faire varier plusieurs fois le champ du microscope pour en voir, mais jamais elles ne manquaient complètement ‘dans le sang d'individus sains. Les plus grosses avaient r u, d’autres étaient plus petites ; elles étaient incolores, claires ou brillantes, fortement réfringentes, passant ensuite au sombre et animées d’un mouvement moléculaire vif et irrégulier ; on ne les apercevait
comme de petites poussières qu'après un examen très
attentif, elles étaient globuliformes, parfois en double boule par accolement, parfois aussi en forme de très petits bâtonnets ; elles ne paraissaient pas avoir de mouvement propre : leur déplacement pouvait être causé par la fluidité de la préparation, par un mouvement concomitant des érythrocytes ou par la même direction que suivaient plusieurs granulations accolées. Quant à leur passage du clair au sombre, il paraissait lié à ce que leur mouvement oscillatoire les écartait plus ou moins de l'objectif du microscope.
Ces petites granulations restèrent visibles des jours
entiers avec les mêmes mouvements dans les prépara-.
tions de suite paraffinées ou dans le sang conservé par
l'acide osmique à 1 % ; ni l’acide acétique, ni l’éther ne
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purent les dissoudre. Elles n'avaient rien de commun avec la fibrine, car elles restaient en dehors de ses mailles et étaient spécifiquement plus légères, car elles adhéraient à la lamelle recouvrante.
Müller déclare qu'on se trouve donc en présence d'éléments normaux du sang : il cherche ensuite à élucider leur origine :
Ils pourraient être des élénmients préformés.
Ce ne sont pas des produits artificiels de préparalion, car le matériel employé était rigoureusement propre, la peau avait été soigneusement brossée au savon, lavée à l'alcool et à l’éther et la première goutte de sang rejetée ou le sang prélevé directement et additionné d'acide osmique ; les préparations faites en mé. me temps montraient d'ailleurs la présence de particules en nombre égal partout.
Aucun argument, aucun fait d'observation ne permettent de les faire provenir des éléments figurés du sang : au cours d'un examen, même prolongé, on ne constate aucune augmentation dans leur nombre.
On ne peut considérer non plus ces particules comme des produits de désagrégation des leucocytes, comme des granulations identiques à celles d'Ehrlich, car elles sont toujours isolées ; elles sont insolubles dans l’acide acétique étendu qui dissout les granulations e ; elles ont un contour moins accusé et sont plus réfrin-. gentes que les granulations ‘:. Muller a vu cependant dans le corps cellulaire de globules blancs mononucléaires du sang frais, à côté des granulations A d'Ehrlich, des granulations plus grosses, fortement réfrin-
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gentes, qui ressemblent beaucoup aux granulations que nous étudions.
On pourrait aussi penser à un dépôt du plasma, eu égard au nombre qui est si variable suivant les individus et les instants : l'examen seul du sang circulant pourrait éclairer la question, et éncore. laut
Quant à admetre que ce ne sont que des scories provenant de la désagrégation d'éléments matériels du sang, il faudrait pour cela que ces corpuscules désagrégés existassent déjà dans le sang circulant.
Müller examine enfin la question de leur nature
craisseuse et déclare qu'on ne peut la résoudre pour l'instant : en faveur de cette opinion, il y a l'aspect, le petit poids spécifique et contre elle il y a le manque de réaction osmique, mais il pourrait s'agir de COTPS voisins dé la graisse ne donnant pas cette réaction. La réaction par l’éther n’a pas donné de résultat certain à cause de la difficulté de l'observation directe ; bien qu'on ait trouvé de la graisse dans le sang, les données sont peu nombreuses, défectueuses, controversées et les preuves insuffisantes : d’ailleurs avant les examens d'Ehrlich on considérait généralement les cellules éosinophiles comme des cellules graisseuses à cause de leur aspect quand elles n'étaient pas colorées ; de plus les descriptions exactes de ce qu'ont vu au microscope les divers auteurs manquent et on ne peut décider de leur concordance avec celles du présent travail.
- Müller passe ensuite en revue la bibliographie de la
question :
—— D'après Kolliker (Etude des tissus de l’homme,
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Leipzig 1867) il y a dans le sang, outre les éléments colorés, deux sortes d'éléments incolores : des granulations élémentaires de nature graisseuse et de véritables cellules ; les premières correspondent à celles du chyle et sont en quantité fort variable, très nombreuses, allant même parfois jusqu’à rendre le sérum lactescent, ou absentes : d’après les données qu’on possède, elles doivent apparaître chaque fois que de la graisse pénètre par le chyle dans le sang et elles semblent disparaître 3 h. à 6 h. après l'absorption d’une nourriture ordinaire, comme Nasse et d’autres l’ont vu chez des gens sains et comme l’auteur l'a observé sur son propre sang : la présence de ces particules paraît régulière chez les oiseaux, les mammifères, les femmes ‘enceintes et les gens sains après une absorption abondante de lait.
— Rollett (Etude des tissus de l’homme et des animaux, Leipzig) mentionne des gouttelettes de graisse dans le sang des mammifères après l'absorption de matières grasses : elles semblent en disparaître assez rapidement ; dans une observation de Schlemm sur de petits chats au cours de l'allaitement, J. Müller relève que le sérum n’était lactescent que peu de temps après la prise de lait.
L'auteur cite ici les travaux de Ranvier : nous les avons exposés au début.
— Puis Müller constate qu’il ressort de la bibliographie que les hémokonies n’ont pas été jugées dignes d'étude par la plupart des savants qui ont fait des tra-