‹ Étude sur les hémokoniesChapitre 8 sur 47 · DANCE · texte numérisé non relu

DANCE

vaux sur les plaquettes ; elles n'ont, en effet, aucune analogie avec ies différents « petits grains élémentaires » de Zimmermann, avec les « corpuscules élémentaires » « formations de granulations », « corpuscules

de décomposition », et autres noms sous lesquels on

désigne la plupart du temps les plaquettes du sang.

— D'après Stohr (Histologie, Iéna, 1894) les petits grains élémentaires sont la plupart du temps des particules de graisse passées par le chyle dans le sang : elles se laissent apercevoir facilement chez les mammifères el les végétariens mais manquent dans le sang des aures sujets sains. (D’après cette dernière remarque Stôhr paraît comprendre sous la dénomination de pe-

tits grains élémentaires quelque chose d'autre que Îles,

particules décrites dans ce travail).

__ Schifferdecker et Kossel (Etude des tissus, Brunswick, 1897) décrivent dans le sang, outre les globules rouges et blanc et les plaquettes, de très petites gouttelettes de graisse, de tout petits grains, qui seraient plu- (ôt des adjonctions supplémentaires fortuites.

— Bizzozero (Microscopie clinique, 1887) expose que dans le sang normal on trouve de petites granulations libres pouvant être tout aussi bien de nature gTaisseuse qu'albuminoïda. Les premières se présentent assez rarement, en nombre en général assez restreint, mais augmentent après une nourriture riche en graisse ; ailleurs il parle de l'apparition fréquente de grandes quantités de particules de graisse infiniment pe-

Nas eee üites, surtout chez les alcooliques, chez les diabétiques, chez divers néphrétiques, etc... le sérum ayant alors un aspect lactescent. Quant aux petites granulations albuminoïdes, elles proviendraient des plaquettes du sang modifiées après extravasation.

— Les hypothèses de Weichselbaum (Histologie pathologique, Leipzig, 1892) s'accordent avec celles de Bizzozero ; d'après lui, à la suite de fractures ayant intéressé la moelle des os, de la graisse peut arriver dans le sang sous forme de petites sphères brillantes, en partie enfermées dans les globules blancs.

— D'après Landoiïs (Le Sang, Encyclopédie d'Eulenburge 1885) les plus petites particules que l’on rencontre dans le plasma ou granulations élémentaires sont

probablement des débris de la dissolution des plaquet-

tes du sang ou des leucocytes : ces débris se dissolvent par l’adjonction d'acide acétique. (Ceci ne concorde pas avec ce que Müller dit de ces corpuscules). Landois ajoute que de très petites granulations graisseuses arrivent dans le sang après une alimentation riche en graisse chez les nourrissons, pathologiquement chez les alcooliques ainsi que dans les cas de lipémie et que

ces granulations sont dissoutes par adjonction d’éther. # LI

— Une communication de Gumprecht (De la Lipémie, Deutsche med., Woch, 1894) sur un cas de lipémie est intéressante : une préparation de ce sang, qui était de couleur rouge-tuile avec des raies blanches, faite sur lames très propres, additionnée d’acide osmi-

Nyon que, était parsemée de nombreuses gouttelettes noires de différentes grosseurs et n’offrait pour ainsi dire au-

Ô « . . . , { cune anomalie à l'examen microscopique, si ce nest:

une réfringence plus grande ; Gumprecht ne put, même au fort grossissement, y mettre en évidence une seule granulation.

Müller reprit cette question sur le sang normal et pathologique et ne vit pas ce qu'avait trouvé Gumprecht dans son cas non douteux de lipémie : il se demande alors de nouveau si vraiment les petites granulations décrites par lui représentent purement et simplement des globules de graisse P

— Müller examine maintenant les opinions de Hayem ; nous les avons déjà reproduites.

L'auteur remarque que les granulations graisseuses de Hayem paraissent répondre aux formes que luimême a décrites, mais il fait observer que l’auteur français ne mentionne pas leur façon de se comporter en présence de l'acide osmique, ni leur mouvement moléculaire si frappant et qu'il ne fournit pas de preu- . ve convaincante de leur nature graisseuse.

Quant à la deuxième catégorie des granulations libres d'Hayem (granulations indéterminées) Müller laisse indécise la question de savoir si elles sont identiques à celles qu'il étudie.

— Dans le travail plus récent de Von Limbeck (Pathologie clinique du sang, léna, 1806) les données sont très peu nombreuses et s’appuient à peine sur des exa-

RÉ Ph VE NAT EM or fee are

ot RE 7 Re SIN

AE mg de

da ED

RS he dd oi d'or

Ten

mens. D'après cet auteur la présence de graisse libre (ipémie) et de gouttelettes graisseuses dans le sans de sujets sains et malades est un fait qu'on à observé à

différentes reprises. Mais les descriptions manquent et on ne peut décider si les gouttelettes d’un brillant écla-

tant de Limbeck, qui se trouvent dans le plasma, ou dans le sérum et qui se colorent en noir par l'acide osmique, correspondent ou non aux très petites particules décrites ici. L'auteur ne parle pas non plus de leur mouvement moléculaire si frappant.

Müller trouve qu’il n’y a donc pas grand chose à tirer de la-bibliographie : les allégations au sujet de l'existence ou de la non-existence de gouttelettes de graisse dans le sang des sujets sains ou malades sont assez contradictoires. En résumant brièvement on peut dire que Nasse, Kôlliker, Stôhr ne trouvent pas de graisse dans 1 sang normal : pour Bizzorero il s’en trouve assez rarement et toujours peu ; pour Landois il y en à de temps en temps après une alimentation riche en graisse ; il y en a toujours pour Hayem ; enfin Schifferdecker et Kossel pensent que les gouttelettes graisseuses et lés granulations seraient plutôt des éléments fortuits du sang normal. Müller n’est donc pas convaincu que la plupart des auteurs qui ont traité des gouttelettes de graisse dans le sang aient vraiment pensé dans leurs descriptions aux granulations dont il parle lui : il les reconnaît cependant sans aucun doute dans les granulations de Schifferdecker et Kossel et très vraisemblablement dans les granulations graisseuses de Hayem.

Age: Valle

Leur omission paraît tenir d’une part à ce que les

traités histologiques et cliniques les plus récents sur la

morphologie du sang ne mentionnent qu'accessoirement la présence de graisse, en ne citant la plupart du temps que de plus anciennes observations, mais d'autre part surtout à ce que, ainsi qu'il ressort de la bibliographie analysée ci-dessus, les théories au sujet de la présence de gouttelettes de graisse dans le sang normal et pathologique se contredisent et que les travaux plus approfondis manquent, ce qui paraît étonnant eu égard aux nombreuses études sur le sang faites dans les derniers témps. Il semble donc que les granulations aient presque totalement échappé dans les examens faits jusqu'ici. 7

Müller expose maintenant ses recherches el ses opinions personnelles. Si ses modestes expériences, dit-il, ne permettent pas de porter un jugement définitif, elles exhortent cependant à de nouveaux travaux. Le manque de réaction osmique l'incite à conclure, sous toutes réserves, qu'il ne s’agit pas ici de simples gouttelettes de graisse : ce pourrait être une substance se rapprochant de la graisse ne donnant pas forcément la réaction osmique, mais vraisemblablement les granulations décrites ici ont la même signification que les gouttelettes de graisse dans le sang.

Laissant de côté la question de leur nature graisseuse où albuminoïde, Müller a l'impression qu'elles sont rares et même souvent très rares chez le sujet à jeun mais qu'elles deviennent abondantes et même souvent très abondantes après l’absorption de nourri-

ss ja

pe Voits

Page 1