HOPITAUX FLOTTANTS
C'est du mois de février 1884 que date l'ouverture d'un hôpital flottant. Le conseil, convaincu qu'il fallait de toute nécessité parer aux inconvénients d'une agglomération de varioleux dans une ville aussi densément peuplée que Londres, décida l'acquisition d'un bâtiment déclassé, V Atlas qu'il aménagea de façon à faire trois salles dans le pont, l'entrepont, le faux pont, un à chaque étage, à raison de 50 lits par salle (on pourrait en mettre 80).
De plus, on disposa troispetites chambres de trois lits chacun pour les cas exigeant un isolement spécial (1).
Un deuxième bâtiment, le Castalia, est entré en service le 2 juillet suivant. Il est ancré à quelque distance de VAtlas^ dont il est séparé par le bâtiment administratif VEndymion.
Avec une courtoisie et un empressement que nous sommes heureux de reconnaître ici, le Conseil des Asiles métropolitains, représenté par sir Edmond Curie, a bien voulu nous faii'e assister aux diverses phases par lesquelles passe un ma-^ lade depuis son enlèvement à domicile ou sa sortie d'un hôpital de Londres jusqu'à son arrivée à bord du bâtiment hospi^ talier.
Couché dans un spacieux camion, il arrive à Fembai'cadèi'e où rattend le steamer Red Cross aménagé pour 30 malades.
. (1) Cette précaution n'a pas été inutile : nous remarquons, en effet, dans le rapport du médecin en chef pour l'année 1884, des cas variés qui lui ont été adressés comme variole. Les médecins anglais ont rarement l'occasion de voir cette maladie dans les hôpitaux, puisqu'on ne l'y admet pas : c'est donc tout à fait fortuitement qu'ils sont appelés à approcher d'un varioleux.
Il serait à désirer, dans l'intérêt de l'instruction des étudiants, que les diverses écoles les envoyassent dans les hôpitaux d'isolement compléter leurs études.
De l'avant à l'arrière se trouvent une suite de couchettes séparées par une cloison longitudinale au moyen de laquelle on obtient deux véritables salles, une pour les hommes et l'autre réservée aux femmes. — Deux infirmiers et un médecin sont attachés au service des malades.
Le voyage dure 1 heure 1/2 environ et le débarquement s'opère dans les meilleures conditions de confort pour le patient ; les enfants sont portés à bras, les adultes sur des brancards comme pour l'embarquement, et nous arrivons aux hôpitaux flottants V Atlas et leCastalia.
Les plafonds de V Atlas sont bas sans doute, mais la ventilation supplée à ce défaut de construction : l'air sans cesse renouvelé, l'enlèvement continuel de tous les déchets, immondices et matières insalubres de nature à souiller l'atmosphère, contribuent dans une large mesure à expliquer l'excellence de la situation sanitaire.
Nous passons rapidement sur le vaisseau VEndymion où sont installés les locaux du personnel qui compte environ une personne par deux malades pour arriver sur le Castalia.
C'était un des bâtiments jumeaux qui faisaient autrefois le service de voyageurs entre Calais et Douvres.
Les salons ont été transformés en cinq salles et sur le pont on a construit cinq pavillons isolés formant chacun une salle avec office, bains, water closets, etc.
De plus, le Castalia comporte une salle d'isolement et des salles de réception qui méritent une courte description.
La réception, ici comme dans les autres hôpitaux, est agencée non seulement pour recevoir le malade et l'examiner, mais encore pour lui faire subir une désinfection aussi complète que possible. Le meuble principal est donc une baignoire dans laquelle le malade est invariablement plongé et lessivé, avant de pénétrer plus avant sur le bâtiment.
Cette mesure, qui peut paraître contestable à quelques esprits prévenus, est admise sans discussion en Angleterre.
Le navire à deux entrées : une à bâbord et l'autre à tribord ; elles donnent toutes deux accès dans l'entrepont. A droite se trouve une salle de bains et à gauche la salle de réception et
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