SECOURS AUX CONVALESCENTS
Nous citerons, pour en faire l'éloge, les Caisses de secours de convalescence [Samaritan Funds), au moyen desquelles les malades quittant l'hôpital peuvent subvenir à leurs premiers besoins jusqu'à ce qu'ils soient en état de reprendre leurs occupations. Cette excellente institution permet aux hôpitaux de recevoir un plus grand nombre de cas urgents et de ne Iq^ garder que le temps strictement nécessaire.
En résumé, l'organisation des hôpitaux généraux, comparée à celle des autres pays, inspire, en dernière analyse, un jugement favorable. Les malades y sont soignés dans les meilleures conditions. L'administration de ces établissements, au contraire, prête à quelques critiques. On en a reconnu d'ailleurs le bien fondé depuis longtemps, puisqu'on cherche activement à opérer de sages réformes. Il s'est fondé dernièrement, dans ce but, The Ilospitâl Association, afm de permettre aux Directeurs et aux personnes rempMssant des fonctions importantes dans les hôpitaux de s'entendre entre elles pour donner à leurs travaux une certaine uniformité. C'est un essai de centralisation tendant à imiter les institutions françaises.
(1) Saint Bartholomew donne environ 120,000 consultations par anj le Royal Ophtalmie, 140,OOOj etc.
COTTACtE HOSPITALS.
Dans les provinces, il existe un genre d'hôpital particulier que nous ne saurions comparer à aucun établissement du même genre en France. C'est le Coito^e hospital ou hôpital de campagne. On y reçoit les malades payants et des indigents dont les dépenses sont couvertes par les municipalités. Ce sont de petits bâtiments renfermant de 2 à 30 lits qui ont été élevés le plus souvent au moment ou en prévision d'une épidémie. Nous verrons plus loin qu'ils présentent de bonnes conditions sanitaires, puisque la plupart disposent de 13™ carrés et de 56™ cubes par lit. Le médical officer (1) (médecin sanitaire du district) est parfois le directeur et le médecin de ce genre dhôpital. Cependant, les malades ont le droit de se faire soigner par le médecin de leur choix. Le nombre des cottage hospitals s'élève à 700 environ pour toute l'Angleterre. A côté de ceux-ci, dans un grand nombre de localités, il existe un établissement réservé aux infectieux.
Cet exemple d'hôpital spécial, nous allons le retrouver dans les grandes villes.
Nous voulons parler des hôpitaux de varioleux et de fiévreux dont nous nous proposons de faire maintenant une étude détaillée en commençant par ceux qui existent à Londres pour finir par la description de ces mêmes établissements en province. C'est au moyen de ces hôpitaux que les maladies transmissibles sont circonscrites et isolées. Ce côté des mesures nosocomiales adoptées en Angleterre présente un intérêt de premier ordre.
L'hôpital d'infectieux où sont exclusivement traitées les maladies reconnues contagieuses est très particulier à ce pays. On trouve bien en France et à l'étranger des pavillons à proximité d'hôpitaux généraux, mais l'hôpital exclusivement affecté aux infectieux ne se rencontre guère qu'en Angleterre (2). Ce genre d'établissement s'est nécessairement imposé, puisque les hô-
(1) Voir « La médecine publique en Angleterre », par le D"" W. Douglas-Hogg. Paris, Masson, 1882.
(2) Il n'en existe pas en Allemagne. En 1883, on construisait à Francfort-sur-le,-Mcin un hôpital d'après le système des pavillons isolés, devant contenir 350 lits. Un hôpital pour les varioleux, séparé par un mur élevé, avec une administration et un personnel spéciaux, figurait au devis.
ÉTUDE SUR LES HOPITAUX d'ISOLEMKNT. 33
pitaux généraux ne reçoivent pas les varioleux, et souvent même aucun malade atteint d'affection contagieuse.
Nous allons rapidement passer en revue les mesures d'isolement adoptées dans ces derniers établissements, très semblables à celles usitées en France (St-Louis, Enfants- Assistés, hôpital St-Antoine, Trousseau, etc.), pour arriver à l'étude beaucoup plus intéressante des hôpitaux spéciaux d'infectieux.
LuTAUD et HoGG, kôpitaux d'isolement.