DE L'ISOLEMENT DANS LES HOPITAUX GÉNÉRAUX
L'isolement dans les hôpitaux généraux se réduit le plus souvent à l'affectation d'une salle aux infectieux, salle qui est généralement située à l'étage supérieur de l'édifice : parfois il existe un bâtiment spécial, mais c'est là une exception.
Il faut dire que la plupart de ces établissements ne reçoivent pas de malades atteints d'affections transmissibles : lorsqu'ils se présentent, on les dirige sur un hôpital spécial (Fever ou Small pox hospital). Cependant, il peut se déclarer une maladie de ce genre parmi les cas admis, soit par suite d'une erreur de diagnostic, soit par toute autre cause. Ils sont alors transportés dans les locaux que nous venons de citer.
A l'exception du London Eospital et du St-George Hospital^ les hôpitaux généraux de Londres sont situés dans des quartiers populeux. Ils ont de trois à quatre étages et leurs dispositions intérieures ont bien des points de ressemblance. Chauffés au moyen de cheminées dans lesquels un foyer est entretenu nuit et jour, ventilés par des feoètres laissées ouvertes en permanence, on y retrouve le même genre de lit bas, sans rideaux, si commode pour les soins à donner aux malades.
Londres compte 15 hôpitaux généraux où sont en majorité les salles de chirurgie; la plupart possèdent une école de médecine, et la population profite largement des consultations externes, beaucoup plus fréquentées qu'à Paris, pour les raisons que nous avons déjà données.
A''oici la liste des principaux hôpitaux généraux de Londres accompagnée de quelques observations sur leur mode d'isolement :
London HospitaU 800 lits, et St-Mary's Hospital^ 190 lits. — N'admettent pas les maladies infectieuses. Il existe deux
ÉTDDE SUR LES HÔPITAUX d'iSOLEMENT. 35
petites salies où sont piacés ies cas qui auraient pu se produire, après l'entrée du malade, ainsi que des chambres isolées pour l'infirmière de jour et de nuit. Une fois le caractère de la maladie reconnu, le Metropolitan Asylums Board est prévenu et une de ses voitures d'ambulance vient chercher le patient pour le transporter dans un de ses établissements spéciaux.
Il est à noter que les cas d'érysipèle sont traités à part, dans une salle spéciale.
Bartholomew's Hospital, 710 lits, et Eings Collège hospital, 200 lits. — Admettent toutes les affections, à l'exception de la variole. Les typhiques et les scarlatineux sont relégués dans des salles situées dans les combles.
Guy's hospital, 690 lits, West London Hospital, 44 lits, et University Collège Hospital, 200 lits. — Les affections telles que la rougeole, la variole, la scarlatine, la coqueluche ne sont pas reçues: dans le cas où ils éclateraient, les malades sont évacués soit sur un hôpital d'infectieux, soit reconduits à leur domicile. Ilestfaitune exception pour la diphthérie, lorsqu'une opération est urgente, et pour l'érysipèle : deux petites salles leur sont réservées au dernier étage et séparées des autres par un escalier et un couloir.
Le D'' Steele, directeur de Guy's Hospital, nous a fait remarquer que bien qu'aucun cas de contagion ne se fût encore produit, il était néanmoins désirable que ces salles fussent complètement séparées des autres bâtiments. Il a ajouté que la pratique de mettre les fièvres typhoïdes dans les salles communes de médecine était générale, en usage dans tous les hôpitaux de Londres; enfm, que la contagion se propageait souvent au personnel de l'hôpital.
St-Thomas's hospital, 512 lits, et Westminster hospital, I9i lits. — La règle consiste à ne pas recevoir de maladie transmissible. Lorsqu'il s'en déclare dans les salles, on les relègue dans le bâtiment des infectieux (Infections Block), isolé de l'édifice. Il se compose de 7 salles, chacune pour 8 malades, avec 70 mètres cubes environ par lit. L'hôpital de Westmins-
ter dispose de 10 lits dans un bâtiment isolé, relié à l'édifice principal par un couloir.
St-George's hôpital, 353 lits, the Middlesex hospital, 310 lits, Charing Cross hospital ^180 lils.Metropôlitan Free hospital^ 40 lits, et Great Northern hospital, 30 lits. — N'admettent ni variole, ni scarlatine, ni typhus: les cas douteux sont isolés dans une salle spéciale, puis évacués sur un hôpital pour infectieux.
DE l'isolement DANS QUELQUES HÔPITAUX FRANÇAIS
Nous avons cru qu'il était intéressant de rapprocher de ces faits la situation dans quelques hôpitaux de la province en France. Nous avons adressé à cet effet un questionnaire aux villes les plus importantes. Voici un exposé sommaire de la situation de ces établissements en ce qui concerne l'isolement pour les varioleux :
Chartres. — Le mode d'isolement employé pour les personnes atteintes de maladies contagieuses se fait dans l'établissement même, dans des salles particulières. L'hôpital ne possède pas de pavillon spécial affecté à ces maladies.
Dijoji. — Les bâtiments où sont installées les salles d'isolement contiennent ensemble 60 lits ; elles sont au nombre de 6.
Le Havre. — Les malades atteints d'affections contagieuses sont traités aujourd'hui dans les chalets d'isolement du nouvel hôpital. Nous avons visité cet établissement qui peut être considéré comme le seul hôpital français où l'isolement soit réellement mis en pratique.
Nîmes. ■— La commission s'occupe actuellement d'un projet de construction d'un double pavillon d'isolement.
Besançon. — Le mode d'isolement consiste dans l'emploi de petites salles et même de chambres spéciales dans le bâtiment de l'hôpital.
Amiens. — Les personnes atteintes de maladies contagieuses sont placées dans des salles isolées autant que possible des
autres services ; mais il n'existe pas de quartier sjltftial où elles puissent être placées.
Lyon. — Des pavillons isolés seront installés pour recevoir les varioleux; mais ce projet n'est qu'à l'état d'étude, quoique l'on soit en possession depuis un an des terrains affectés à ce service.
Caen. — 11 n'existe pas de salles de contagieux absolument isolées; les contagieux sont, autant que possible, placés daus des salles éloignées des autres malades.
Versailles. — Les deux bâtiments d'isolement projetés devront avoir 20 mètres d'intervalle. En cas d'épidémie actuelle et les bâtiments n'étant pas construits, on ferait évacuer le service des filles vénériennes sur une autre partie du bâtiment principal pour mettre en leur place les maladies contagieuses.
Angers. — Les malades contagieux sont placés en temps ordinaire dans un bâtiment séparé. Pendant la belle saison on emploie des tentes-baraques.
S'il survenait une épidémie comme le choléra, des aménagements ont été faits en vue d'y placer les malades qui eu seraient atteints.
Ces bâtiments avec leurs cours entourées de murs sont assez bien isolés des autres parties de l'établissement et il existe une entrée spéciale par laquelle se feraii le service.
Toulon. — Le mode d'isolement des maladies contagieuses consiste en deux salles renfermant 24 lits pour les deux sexes, parfaitement aérées et ajourées, isolées des autres services par des vestibules et corridors.
Lorient. — L'isolement des salles où sont traitées les maladies contagieuses n'est fait que par les portes des salles.