‹ Etude sur les hymnes de Synésius de CyrèneChapitre 12 sur 13 · LES ÉDITIONS ET LES TRADUCTIONS · texte numérisé non relu

LES ÉDITIONS ET LES TRADUCTIONS

Par toi les troupeaux repaissent,

Epanchant son vif flambeau

De ton excellent ruisseau,

D'une lumière féconde

Tu nourris les hors du monde.

0 Dieu tout puissant, ô Roy

Tu as fait naître de toi

Pleine de clarté la flame,

Et l'intelligence et l'âme.

Oy Seigneur à cete fois

L'humble soupir de ma voix,

Et prens pitié de ta fille

Que cette masse infertille

Retient dans le froid enclos

De ses nerfs et de ses os,

Dessous la chaîne mortelle

De sa prison corporelle,

Suiette au pois assuré

De son Destin mesuré.

Qu'une foible maladie

Ne trouble l'heur de ma vie,

Garde que mes membres fortz

Ne ployent sous tes efforts

Fay qu'une douce harangue ^

Succre de son miel ma langue.

Donne à mes faits, ô Seigneur,

Vn touiours-viuant honneur,

AfTin que la gloire ancienne

Sparte et Cyrene entretienne.

Mon âme puisse touiours

Heureuse traîner ses iours.

Que désormais la tristesse

Outrageuse ne l'oppresse,

Qu'elle ait emprainte dans soi

La sainteté de ta loi.

Dressant ma flàme iumelle

Vers ta clarté immortelle.

Que pur de ce fardeau lourd,

Oublieuse du retour

Il dresse ma plante inelle,

Fuyant la douleur cruelle,

Et les malheurs dangereux

De cet espace terreux,

Pour me ioindre à la fontaine

Ou l'âme gist souueraine.

Donne une vie, Seigneur,

Ainsi sainte à ton chanteur,

Que te traçant chanson digne,

Louant ta suinto inrAuo,

1/honnour du Porc i)uiss;uil.

Et l'Ksprit aussi ro^'nant,

Moicii entre la racine,

Moien entre Tori^'ine,

Et chantant d'un saint souci

La force du Père aussi,

Mon âme à coup se récrée

En ta louante dorée,

Ses fruits diuinement grands

En ton loss'eioussants

le te salue, et salue

Du Fils la fontaine éliie,

le te salïie, ô portrait

Du Père saint et parfait.

le te saliie, ô demeure

Du Fils, sur toute meilleure,

le te salue humblement

Image au Père excellent,

le te salue, ô puissance

Du Fils, rempli d'excellence.

le te saliie, ô beauté

Du Père plein de bonté.

Esprit pur ie te réuère

Centre du Fils et du Père.

Envoyé le moi, Seigneur,

Toi et ton Père arroseur

Des ailerons de mon ame,

A ceirfln qu'elle s'enflame

D'un souci déuotieux

A monter dedans les Cieux.

En 1582, paraissait, à Lyon, chez loan. Stratius, un petit volume in-16, sorte de catéchisme catholique, auquel se trouvaient joints quelques hymnes de Clément d'Alexandrie, de Grégoire de Nazianze et de Synésius. Le volume portait ce titre : Edmondl Augeriï caiechismus parvus^ hoc est, summa doctrlnœ catholicœ^ Grœce et Latine : accesserunt aliquot hymni et versus démentis Alexandrini, Gregorii Nazianzeni^ et Sxjnesii Cyrenensis, Grœce et Latine.

L'année 1586 vit paraître l'édition de Jean Cazelius, où le texte grec da^ Hymnes de Synésius est accompagné de quelques chants de Grégoire de Nazianze et d'un hymne de Clément d'Alexandrie. La môme année encore, Morellus publiait, à Paris, le texte grec des Hymnes^ sous ce titre : Synesii hymni decem et Gregorii Nazianz. odœ quatuor (in-8°) .

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En 1590, paraissait, à Rome, une nouvelle édition des hymnes de Synésius, toujours accompagnés de quelques ouvrages des autres poètes chrétiens. Le volume, en format in-8°, portait ce titre : -S. Gregorii IVazianzeni Carmina selecta^ Cijr'illi Allexandrini de plantarum eA anhnarum proprïetatlhus liber ^ nunc primum in hicem editus. Synesii hymni X. démentis Alexandrini hymnes . — Romœ, Zanetti, 1590.

La même année, et également à Rome, un Jésuite, Jérôme Brunel, rééditait, avec d'importantes corrections, Tédition de Canterus, qui ne contenait que les hymnes de Synésius, Neuf ans plus tard, en J599, il la publiait de nouveau, en y ajoutant, cette fois, quelques chants choisis de Grégoire de Nazianze.

Cette période de la seconde moitié du xvi« siècle a donc été particulièrement féconde pour l'histoire des œuvres poétiques de Synésius. Dans les années qui vont suivre, nous ne retrouverons plus, en un si bref espace de temps, une telle accumulation d'éditions et de traductions. Mais, avec le xvii^ siècle, va apparaître le travail de la critique. Les textes vont subir un examen et une analyse plus sévères; on contrôlera les traductions, et, de ce grand labeur, la physionomie poétique de Synésius sortira définitivement fixée.

En 1603, à Tournon, paraît un volume in-12, où les hymnes de Synésius voisinent encore avec ceux de Grégoire de Nazianze. Le texte grec est accompagné d'une traduction latine. Voici, d'ailleurs, le double titre, grec et latin, de l'ouvrage : Euvsaiou toù

Kupy]vato'j toù 'ETrtaxoTcoo OtoX. 6[jlvoT sv otacpopotç [jLsXsat, xa-. Vor^'^ooiou tou NaÇiavÇr^vou xou ôeûXo^ou cijSat Ttveç y.i\ TaXXà Ttva. Synesii Cyra7isei Episcopi Ptol. hymni vario génère versuum conditi. Item Gregorii Nazianzeni Theologi Odse aliquot et quœdam, omnia sedtilo recognita et notis quibusdam non pœnitcndis illustrata. Grœce et Latine .

C'est en 1612 que parut la grande édition des œuvres complètes de Synésius, par le P. Pétau (Paris, in-folio). Elle comprend le texte grec et une traduction latine, avec des scolies de Nicéphore Grégoras. Le texte latin n'est autre que celui de Fr. Portus, que le P. Pétau avait recueilli sans le modifier. C'est donc à Portus que doit remonter le reproche qu'adresse Jacques Vindetus à cette traduction : « Pétau, dit-il, a fait de nombreuses fautes dans la traduction de Synésius, surtout dans les Hymnes... (1) »

Deux ans plus tard, en 1614, le texte grec des hymnes de Synésius, toujours accompagné de la même traduction latine, celle de Portus, reprise par Pétau, se retrouve dans le Corpus

(1) J. Vindetus, De vita functorum statu, p. 42.

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jwoAarum grœcorum (Genève, in-folio) do Jean Lectius, tome III, p. 10^2 etsq.

En 1()18, nouvelle édition, à Paris, chez T. Morellus (in-12), sans moditicalion notable : Synnsii Cyrenxi hymni, Grerjorii jyùzianzcni OdiCj grœce Laiina Franc. Porti inlerpretallone recogniia.

En 1033, et en 1640, le P. Pétaa fait paraître de nouvelles éditions, complétées et corrigées (Paris, in-folio).

En 1()57, à Schaffouse, J.-C. Suter publie une édition qui reproduit, sans variante sensible, l'édition Pétau. La traduction latine y est présentée sous le nom de son premier auteur. L'ouvrage est ainsi désigné : Synesii hymnl^ cum adjuncta interpretatione Latina Francisci Porti Cretensis.

Traduit en latin par Portus, en français par Courtin de Cissé, Synosius ne fut traduit en allemand que bien plus tard, en 1786, par Rosenmûller. L'édition de Rosenmiiller, parue à Leipsig (in- 8°), ne contient d'ailleurs qne l'hymne V de Synésius ; mais elle renferme, à propos de ce poème, des annotations précieuses, et une intéressante critique du texte. Elle porte le titre suivant: Synésius fûnfter Hymniis^ ûbersetzt und erlàuteri ■ von E . F. K. Rosenmûller.

Dès lors, les éditions des Hymnes se font plus rares. Dans sa grande collection Poetarum grœcorum Syllogœ (24 vol. in-32, Paris, 1822-1826), Boissonade a fait une place aux hymnes de Synésius (tome XV, paru en 1825), et y a joint des notes excellentes et précises.

En 1840 paraît à Lyon la traduction française de Grégoire et Collombet, précédée du texte grec (in-8o). Cette traduction est la première tentative sérieuse d'interprétation méthodique. Elle a su conserver, sans l'atténuer ou l'exagérer, la force vivante du texte et l'expression lyrique de la pensée du poète. Cette traduction a été reproduite dans le Panthéon littéraire.

La Patrologie de Migne a publié les Hymnes^ avec les autres œuvres de Synésius, texte grec et traduction latine. Le texte est celui du P. Pétau, la traduction celle de Portus [Patrologie, tome 66, en 1859).

En 1875, J. Flach a publié, à Tubingen (grand in-8''), une édition critique des hymnes de Synésius, sous ce titre : Synesii episcopi hymni metrici. Apparatu critico adjecto.

Enfin, en 1878, M. Druon, qui avait fait paraître, vingt années auparavant, l'étude la plus complète qui ait été consacrée à Synésius de Cyrène, a publié une traduction française de toutes les œuvres de l'évêque de Ptolémaïs (Paris, chez Hachette, 1 vol.

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