‹ Étude sur les idées religieuses et morales d'EschyleChapitre 15 sur 32 · CORÉEN OL · texte numérisé non relu

CORÉEN OL

(2) VIT, 10, œrdéer yap 0 Beoç Ta ÜrepéyovTa rAvTO. 0)ovetv,

(3) Eth. der alt. Gr. T, p. M. On retrouve la conception populairé dans l’Ag., 947, et 904.

De

châtiment est extérieur. Eschyle relève le côté subjectif de cette conception. La richesse est un piège, elle couve l'orgueil dans l’âme humaine. Ce n’est pas lopulence même, c’est l’hybris qui éveille la jalousie des dieux. La cause ici est intérieure ; que le riche ne s’enorgueillisse pas et la divinité ne le touchera jamais. (est là, la doctrine d'Eschyle, qu’il distingue très nettement de la conception plus vulgaire. Du reste, voici quelques passages qui parlent d'eux-mêmes. Le chœur de l’'Agamemnon dit que «les mortels ont un désir insatiable de prospérité. Personne ne la repousse de sa demeure, désignée du doigt, en disant : n’entre pas (1). » Que doit faire l’homme prudent qui s’est laissé entrainer à thésauriser à l'excès ? Il doit faire le sacrifice d’une partie de ses biens (2). Mais il y à un passage qui coupe court à toutes les objections. Notre auteur oppose nettement sa manière de voir à la conception populaire. Le chœur de lAgamemnon s’écrie : € Il y a parmi les hommes un ancien proverbe, jadis beaucoup répété, c’est que la prospérité d’un homme, une fois müre, enfante et ne meurt pas, sans laisser de postérité, et que, de son heureux sort, il éclot, pour une famille, un malheur infini. Quant à moi, Je me suis fait une opinion qui n’est pas celle des autres. Car c’est la conduite impie qui enfante un grand nombre de mauvaises actions qui portent la trace de leur origine. Mais la prospérité d’une maison où se pratique la justice, enfante toujours une nouvelle prospérité (3).

Jusqu'ici je crois que l’on m’accordera volontiers qu’il a

(1) Ag., 13314334,

(2) Ibid., 1005-1013, (3) Ibid., 750-762,

suffit de laisser Eschyle parler pour que le fantôme du fatalisme disparût. Bien téméraire celui qui affimerait, en présence des passages que nous venons de citer et d’autres encore que nous n'avons pas relevés, que notre auteur ait cru à une divinité capricieuse et aveugle. Tout autre est l'impression, lorsque nous pénétrons dans la tragédie des Perses. Plein encore des accents prophétiques des Suppliantes, on cherche en vain le Zeus dont Eschyle n'ose à peine prononcer le nom. Ici la divinité paraît “alouse ; un destin cruel pèse sur les Perses. Le messager dit de Xerxès, « qu'il ne savait pas ce que les dieux lui réservaient (1). » Il met la victoire des Hellènes à la charge d’une divinité malveillante (2). Il dit encore à la reine : «Nous avions le nombre et la bravoure, nous ne le cédions en rien à nos ennemis, mais un dieu quelconque a causé la perte de l’armée, en abaissant l’un des plateaux de la balance, ce qui fait l'inégalité de la fortune (3). Ecoutez la reine Atossa : « O divinité abhorrée, comme tu as trompé les Perses dans leur esprit» (4). Elle dit de son fils: Assurément c’est un dieu qui l’a aidé dans ce malheureux dessein (5). Elle parle des malheurs envoyés par les dieux (6). Xerxes, lui-même, dit « qu’un dieu a cruellement attaqué la race des Perses » (7). Il n’y a pas jusqu’au

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