‹ Étude sur les idées religieuses et morales d'EschyleChapitre 29 sur 32 · CHAPITRE VI · texte numérisé non relu

CHAPITRE VI

Les divinités chthoniennes et les Moits

Nous n'insisterons pas longtemps sur celle partie de notre sujet. Il n’y à pas ici lieu à de grandes différences d'opinion (1).

On ne peut méconnaitre l'importance de Gé, la terre, dans la pensée de notre auteur. En elle sont déposées les lois universelles. Elle est mère des Erinnyes, qui conservent l’ordre. C’est d'elle que ces divinités tiennent leurs fonctions (2). Les Arae sont dans les demeures de la terre (3). Diké intimement unie aux Erinnyes, l’est aussi avec Gé, En elle est la source de la justice. Le sang absorbé par la terre nourricière laisse à la surface une tache qui crie vengeance (4). En un mot, la lerre et les divinités chthoniennes garantissent les droits les plus sacrés et les plus terribles, ceux de la rétribution. Non moins équitables que les Olympiens, leur justice semble moins sereine, plus sévère. En elles s’incarne l’ancien droit du talon, dpésare raleir. Aussi c'est vers elles que se tournent ceux qui demandent justice. C’est à elles, autant qu’à Zeus, qu'en appellent Oreste et sa sœur (5). Les Suppliantes

(1) Voyez en particulier M. Girard, Sent. relig. d’'Hom. à Esch., 380-407.

(2, Eum., 321 et sgq.

(3) Tbid., 417.

(4) Choéph., 66.

(5) Choéph., 405.

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