‹ Étude sur les idées religieuses et morales d'Eschyle [microform]Chapitre 5 sur 12 · IG · texte numérisé non relu

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même cliez lui, des traces de ce tour sentencieux commun aux fragments ([ui nous restent de ces sages et de ces poètes. Ainsi le chœur des Erinnyes dit : Dieu accorde la préférence à la modération (J). Les clioépliores s'écrient : Le bien-être, la l)onne chance, c'est pour les hommes Dieu et phis que Dieu (2). Mais ce ne sont h'ique des traits épars.' C'est dans sa conception de Zeus que se trahit le mieux l'inlluence des gnomiques sur notre poète. Dès Solon, on accorde, de plus en plus, la prééminence à Zeus; on en élève la conception au dessus de l'ancienne idée anthropomorphique (3). Or, rien n'est plus distinctif de la théologie de notre auteur que sa conception pres({ue monothéiste de Zeus.) N'est-ce pas la poésie morale et surtout celle de Théognis qui a mis P^schyle en présence du problème du mal? Tl n'a pas l'étonnement pi'esque impie du poète de A[égare lors(pie celui-ci voit les (ils punis pour les crimes des pèi'es (i). Au contraire, Eschyle reconnaît, même dans ce fait mystérieux, la justice divine, mais enlin n'est-il pas, lui aussi, de cette génération de moralistes aux préoccupations si graves et parfois si douloureuses?

Telles furent les tendances dominantes de cet étonnant \i^ siècle.^es aspirations religieuses travaillani les cœurs, un profond besoin de purification liturgi({ue et morale, la conscience éveillée épurant les conceptions religieuses; la pensée interrogeant l'univers, curieuse de connaître le

(1) Eum, 529 sq.

(2) CJioeph., ijO. \o\'(yA encore ce qu'il dit des leimues. Chopli.. 595-001; Agam. 485, de la richesse, Agam.^ 1331-1334.

(3) Zeller, Philos, des (irccs, vol. 1, p. 112.

(4) Ménai'd, Morale avant lea philnsophcts, p. 231.

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fonctionnement de la nature, allant à cette investigation pleine de confiance en elle-même, ne se posant pas les questions de méthode, ne doutant pas de l'infaillibilité de ses facultés, paitant pas du tout analytique, ignorant l'homme, ne se connaissanl i>as elle-même et ne se distinguant (pi'à peine du monde sensible ; les questions troublantes de la responsabilité humaine et delà justice divine, des origines du mal et de la souffrance surgissant à Thorizon; au milieu de ce chaos et de cet enfantement, des politiques et des sages fornmlanten de courts aphorismes l'expérience de leur vie, tel fut, sernl)le-t-i], le milieu qui a formé notre ])oète religieux et philosophi(iue. J

ÉTUDE

SUR LES

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