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Le suif etles graisses viennent, en grande partie, de Montréal. Québec ne produit pas un dixième de la quantité de suifs et graisses employés dans la manufacture de nos savonset chandelles. Pour expliquer cette anomalie, un industriel m'a donné une raison excellente : ‘ Montreal has a back country ; Quebec has none |! ”
Quiconque a fait l'étude de nos industries québeccoises a dû se convaircre que ces seuls mots donnent la clef de bien des énigmes industrielles.
L'huile de palme employée dans nos fabriques est importée d'Angleterre et des Etats-Unis.
Il ge faisait, autrefois, une grande importation de graisses de Chicago, et d’autres villes de l’ouest. Mais le gouvernement, il y a trois on quatre ans, a frappé d’un droit de 15 070 l’importation dece produit, et diminué, en mêmetemps, les droits sur l'introduction des savons étrangers.
Les savons manufacturés dans nos fabriques québeccoises sont destinés aux
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usages domestiques, exclusivement: on n'y fabrique pas les savons de toilette.
Quelques industriels—Withal et Batier entre autres—ont essayé de fabriquer ces savone de luxe, mais sans succès: les demandes n'étant pas assez considérables pour justifier les frais d’une pareille entreprise. Il y aà Montréal quelques fabriques de savons de toilette qui font d'excellentes affaires.
Malgré nos trois fabriques de savons et l'excellence du produit qu’elles livrent an commerce, on voit cependant sur
notre marché de Québec une grande quantité de savons domestiques portant les marques des fabricants de Montréal, de Kingston et de Toronto. Parmi les savons de Montréal on distingue surtout ceux de Hood &e. Au dire de nos fabricants, cette anomalie trouve sa raison d’être dans certaines liaisons commerciales, dans certains engrenages industriels bien connus des fabricants et des importateurs.
Un grand point, au moins, a été gagné depuis quelques années; c’est que nos
savons domestiques viennent tous de fabriques canadiennes, et qu’on n’en trouve guère plus qui portent les marques anglaises.
Les principales variétés de savons de toilette en vente sur le marché de Québec sont celles de Iearle, de Montréal, et de Field, Cleavers, Yardley &e., de Londres. Ces savons ont à pen près les mêmes formes, et sont colorés diversément ; leur parfum varie snivant Îles essences employées. Le plus grand nombre a l’odeur d’amendes amères, due à l'emploi de nitrobenzole, (essence of mnirbane.)
Les acheteurs et consommateurs ne s'inquiètent nullement de savoir si les savons sont de manufacture anglaise ou canadienne. Le caprice seul, la couleur du savon, son odeur, décident de leur choix. Si le: fabricants de Montréal vendaient leirs savons de toilette, un farthing meillenr marché que les savons anglais, pendant trois mois seulement, et s’ils ce donnaient la peine de les imprégner des essences populaires,
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les savons anglais disparaîtraient complétement de nos marchés.
Les célèbres savons de Windsor ont très peu de débit à Québec.
Iln’entre pas dans le programme de ces études de faire le détail complet des améliorations modernes introduites dans les diverses industries. Je me contenterai de rappeler à nos fabricants de savons que partout aujourd’hui, et surtout aux Etats-Unis, on opère la fusion du suif et la concentration des savons, à l’aide de la vapeur, pas à feu nu ; on obtient, par là, un meilleur produit, sans compter l’éco-
nomie du combustible.
Si la manufacture d’acide sulfurique établie depuis un an à Lévis faisait des affaires prospères—ce que je lui souhaite—une fabrique de sels de soude deviendrait, avant longtemps, le complément obligé de cette manufacture. Dès lors aussi, la manufacture des savons se ferait à plus bas prix, vû que nous n’aurions plus à payer les frais d'importation de la soude.
Une fabrique de chaudelles est pres-
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que tonjours attachée à une fabrique de savons, et nos fabriques de Québec ne font pas exception à cette règle générale.
Cette industrie seule fournirait matière à une étude très-étendue. Pour le présent, je me contenterai d’attirer i’attention de nos industriels sur les points suivants : lo le mélange de graisse de . bœuf et de graïsse de mouton donne le meilleur produit ; la graisse de bœuf, étant molle et très fluide, les chandelles qui en proviennent coulent très facilement ; d’un autre côté, la graisse de mouton seule donne des chandelles qui éclairent peu, malgré leur belle apparence ; 20 la fusion de ces graisses ou suifs doit 8e faire sans retard, et avant que la putréfaction aït commencé à se développer. En effet, lorsque la fusion cest retardée, la putréfaction des membranes qui renferment les graisses communique à ces dernières une odeur désagréable qu’on ne peut plus faire disparaître.
Cette fusion, lorsquelle a lieu à feu au, doit se faire avec précaution ; car les
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matières animales se carbonisseut et la graisse noircit. Cette fusion s'opère aujourd’hui au bain-marie, c’est-à-dire, avec l’aide dela vapeur. Ii est bien vrai qu’en ayant recours à ce dernier procédé, on retire nne moindre quantité de graisse ; mais ce qui échappe est converti plus tard en savons.
Il n’y a pas à Québec, il n'ya pas, non plus, je crois, dans toute l’étendue de la Puissance, une seule manufacture de bougies stéariqnes. Je ne saurais dire, actuellement, quelles chances’ de succèe pourrait avoir une semblable industrie. Un fait bien évident, c’est que les bougies stéariques en vente sur nos marchés, et pour lesquelles on nons fait payer un prix très élevé, sont de la pire espèce.
Dans la manufacture de ces bougies
stéariques on a introduit, récemment, des améliorations très importantes.
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