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F1G. 8. — Paul L..., né le 13 octobre 1900. Poids de naissance, 1,450 gr.
gastriques, non plus que le foie, le pancréas, les glandes intestinales ne fonctionnent suflisamment, et il faut à ces prématurés un aliment qui nécessite le minimum de travail digestif, ce que réalise le lait maternel. « L’enfant, en effet, ne quitte pas l’organisme où il a évolué ; il se transporte seulement de la profondeur
(1) Voir AULMANN. La nutrition chez le nourrisson, Thèse Paris, 1900. (2) Nous n'avons aucune expérience du lait peptonisé préconisé par le professeur Budin. ;
à la périphérie. Il abandonne la matrice et se sépare du placenta, mais c’est pour aller à la peau, prendre le mamelon ; c’est pour appliquer ses lèvres au sein, qui va lui fournir le premier et le plus parfait des aliments (1). »
« Le sang monte aux mamelles, dit encore Ambroise Paré, et se convertit en lait, pi n’est qu’un sang blanchi, pan l'enfant tette jour et nuit.
Pour montrer combien . être grandes, au début, Le difficultés de l’alimentation chez le prématuré, nous donnons ici l'observation d’un enfant de 1,450 grammes qui ne commença à teter qu’au douzième jour après sa naissance. On eut recours , jusqu'à ce moment à l'alimentation à la cuiller et au gavage; et l’on peut voir que les résultats furent satisfaisants. (fig. 8.)
L'alimentation du prématuré exige donc une surveillance encore plus grande que celle des enfants à terme, et les moindres écarts de régime ont chez lui des conséquences plus graves ; une réglementation exacte dans les quantités de laït prises à chaque tetée et la régularité de ces heures de tetée est donc absolument indispensable.
Nous n'insisterons pas sur les différents procédés d’allaitement des prématurés, la cuiller, le gavage ; nous possédons, aux Enfants-Assistés, des nourrices expérimentées qui parviennent généralement avec assez de facilité à leur faire couler directement le lait dans la bouche par la traite, procédé bien supérieur aux téterelles et aux tire-lait.
La déperdition de poids qui se fait chez tous les nouveau-nés . dans les jours qui suivent la naissance est-elle plus forte ou plus faible chez les prématurés ?
Tandis que, pour Berthod (2), la diminution est plus considérable (5 p. 100 du poids total chez les enfants nés à terme, 6,5 p. 100 chez les prématurés), et que, pour Laure (3), elle est
(1) PARROT. Loc. cit., p. 54.
(2) BERTHOD. La couveuse et le gavage à la Maternité de Paris. Th. Paris, 1887.
(3) LAURE. Des résultats fournis par la pesée quotidienne des enfants à la mamelle. Th. Paris, 1889.
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moindre, d’après Gregory (1) et Potel (2), elle ne différerait pas sensiblement de celle de l'enfant normal, Nous nous sommes livré à cette recherche dans le service de notre maitre, le D' Champetier de Ribes, à la Maternité de l'Hôtel-Dieu. Sur 32 prématurés pesant de 1,325 gr. à 2,000 gr., la déperdition moyenne a été de 164 gr. en trois jours, ce qui est évidemment inférieur aux enfants normaux; la perte la plus faible a été de 50 gr. chez un enfant de 1,650 gr. et la plus forte . 275 gr. chez un enfant de 1,950 gr.
Cette perte de poids initiale varie évidemment avec un certain nombre de circonstances, telles que l’œdème plus ou moins prononcé que peuvent présenter les prématurés, l'évacuation plus ou moins rapide du méconium et l’allaitément plus ou moins facile ou abondant.
« Les enfants nés prématurément, dit Potel, ceux qui, suivantlexpression d’un vieil auteur français, sont 2on encore venus au temps d’estre meurs, ceux-là vont avoir à subir les influences d’un milieu qui n’est pas approprié à l’état imparfait de leurs organes. La perte de poids ne sera pas, d’une façon moyenne, plus accentuée chez eux qu'elle ne l’est chez l'enfant normal. A ne considérer que les chiffres bruts, sauf les cas morbides, elle lui est même inférieure. Mais elle portera davantage, car au lieu de récupérer rapidement son poids primitif, l’enfant restera pendant une période plus ou moins prolongée avec un poids stationnaire. C’est à ce moment aussi qu'il sera le plus sujet aux influences morbides. » Lol
Nous avons trouvé, comme le signale Potel, cet état stationnaire du poids après la chute initiale. Il dure généralement de un à trois jours au maximum, puis l'ascension de la courbe se produit alors; mais tandis qu'il faut à l'enfant à terme huit ou dix jours pour recouvrer son poids initial, il faut au moins quinze jours chez le prématuré, et cette ascension sera
(1) GreGonv. Th. Paris, 1871.
(2) PoreL. De l'accroissement en poids des enfants nés avant terme. Th, Paris, 1895.
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d'autant plus lente qu'ils seront nés plus tôt (Laure, Potel).
Aussitôt que les prématurés ont franchi les deux premières semaines, qui sont les plus périlleuses pour eux, ils commencent à augmenter de poids, si bien qu'ils se développent alors relativement plus vite que les enfants à terme. Leur accroissement pour vingt-quatre heures est plus considérable et se fait très régulièrement. Toutes proportions gardées, ils consomment relativement plus que les enfants à terme et s'efforcent, pour ainsi dire, de rattraper l’avance que ceux-ci ont sur eux. Dès la fin du premier mois, leur poids peut s’être accru d’un tiers; dès le cinquième, parfois même dès la fin du troisième mois, le poids initial s’est doublé. Ils grandissent aussi plus vite, mais restent cependant au-dessous de leur âge (Berthod). Nous n’envisageons ici, bién entendu, que les enfants sains, nés de parents sains, car nous pourrons voir, dans le chapitre suivant, l'influence exercée sur la nutrition et la croissance par les tares des générarateurs (Charrin et Nobécourt).
La courbe de poids du prématuré est donc très intéressante à étudier, car elle nous indique, avec la courbe de température, son état de santé ; ‘il est bien rare qu’une modification physiologique ou pathologique se passant chez lui, ne nous soit pas indiquée par l’un ou l’autre de ces graphiques. Nous aurons occasion, pour la pathologie, de le constater en étudiant les infections du prématuré. Pour la physiologie, qu’il nous soit-permis de rappeler en passant une modification dans la courbe du poids que nous avons déjà signalée page 35, figure 7, et que nous avons retrouvée presque dans la moitié des observations ; e’est. la baisse légère qui se produit au moment où l’on sort l'enfant de la couveuse. :
Chez l’enfant né avant terme, les sécrétions digestives sont imparfaites ; la diastase salivaire, la pepsine, la pancréatine ne font pas défaut, mais elles sont peu actives (1). Le canal intes-
(1) MARFAN. Traité de l'allaitement, p. 386.
tinal est plus fréle et se trouve en état de congestion passive à cause de la transformation de la circulation cardio-hépatique; la musculature intestinale en état d’asthénie est, d'autre part, insuffisante à expulser le méconium qu’ils retiennent beaucoup plus longtemps.
Nous ne pouvons quitter le tube digestif sans dire un mot du rôle du foie chez le prématuré.
« Avant la fin du troisième mois de la vie intra-utérine, dit Parrot (1), le contenu intestinal que l’on désigne sous le nom de premier méconium est grisâtre et entièrement composé de mucus et d'épithélium prismatique. La bile le colore en jaune dans les mois qui suivent, puis en vert, et il se transforme insensiblement en méconium proprement dit. Quelle est son origine ? Probablement il résulte d’abord d’une augmentation épithéliale . ‘et d’une sécrétion de la muqueuse digestive. Ces produits accumulés dans l'intestin y appellent, par action réflexe, la bile, qui se mélange à eux et en empêche la putréfaction. Ainsi, pendant la vie intra-utérine, le foie commence à fonctionner etle méconium s’accumule dans l’intestin et y séjourne. »
La présence du méconium dans l'intestin à la naissance du prématuré est donc la preuve incontestable que ses organes digestifs ne sont pas restés inactifs pendant le sommeil intrautérin.
A la naissance, la fonction de la cellule hépatique se modifie, car l’enfant va ingérer des aliments qui lui sont inconnus jusqu’à ce jour et que la cellule hépatique élaborera. Le foie aura, de plus, à éliminer par la bile le pigment sanguin mis en liberté par la destruction d’une certaine quantité de globules rouges fœtaux (Lesage et Demelin), et pour peu que cette quantité de pigment soit assez notable en un court espace de temps, les émonctoires naturels, foie et reins, ne seront pas à la hauteur de leur tâche, et une partie du pigment confiné dans l’organisme en imbibera
(1) PARROT. L’athrepsie, p.34.
les diverses parties : de là l’ictère des nouveau-nés d’origine sanguine, qu'il faut savoir différencier de ceux qui proviennent d’une infection intra-utérine (syphilis hépatique par exemple) ou d’une infection extra-utérine (infections ombilicales) se propageant directement au foie par les vaisseaux ombilicaux.