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même plusieurs jours, mais, avant cette époque, la respiration ne peut véritablement s’établir. Le prématuré tente bien alors parfois, au moment de sa naissance, de faire quelques inspirations, mais elles restent infructueuses et tout mouvement cesse bientôt, donnant au fœtus les apparences de la mort. Il est arrivé cependant à tous ceux qui ont passé dans des services d’accouchement de faire au bout de quelques heures l’autopsie d’un fœtus qui avait tenté de respirer à sa naissance, et de trouver dans la poitrine le cœur battant encore. « La première inspiration, dit Parrot, est la manifestation la plus apparente de la vie ; et, cependant, la vie n’est pas fatalement éteinte quand elle manque. Car il est des enfants qui peuvent naître vivants, s’agiter, exécuter des mouvements de la face ou des membres, crier même, sans que la respiration s’établisse ou se fasse avec assez d’ampleur pour permettre à l'air de pénétrer dans les poumons. Cela s’observe surtout chez ceux qui naissent avant terme, qui sont atteints de faiblesse congénitale (1). »
Billard (2), Tardieu (3) ont observé ces faits. Bardinet en . rapporte trois observations détaillées dans les Bulletins de l’Académie de médecine (1864-65).
« Ces enfants, d’après Billard, vivent pour ainsi dire de la vie embryonnaire, soit que le sang conserve le principe vivifiant qu'il avait reçu de la mère, soit que l'oxygène de l’air absorbé par la peau ou les membranes muqueuses pénètre dans. le torrent de la circulation, soit enfin que cet élément de la vie ne soit pas encore à cette époque d’une aussi grande importance qu'il le sera plus tard. »
Cette vie sans respiration ne doit pas être confondue avec la mort apparente des enfants venus à terme ou avant terme, mais débilités par un travail long et difficile ou par des manœuvres
(1) PARROT. L’athrepsie.
(2) BILLARD. Zraité des maladies des enfants nouveau-nés et à la mamelle, p. 73. 4
(3) TARDIEU. Étude médico-légale sur l'infanticide, p. 71.