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proportions suivantes : alors que les enfants normaux n'ont qu'une surface de 4 à 6 décim. cubes par kilogramme de tissu, les enfants issus de mères malades atteignent jusqu’à 7 et 8, c'est-à-dire une proportion parfois double de celle des êtres normaux; ces particularités tiennent à ce que les diminutions de poids marchent plus vite que celles qui portent sur ces surfaces : les premières varient comme les cubes, les secondes comme les carrés {1}.
« En matière de thermogénèse il faut rappeler que, sous peine d’une déchéance mortelle, tout organisme doit se maintenir à un niveau déterminé, Les cellules de ces prématurés, pour obtenir un même degré thermique, sont donc condamnées à produire, dans un temps donné, plus de calorique. Comme elles n'ont à leur disposition que des quantités relativement faibles de combustible qu’elles n’emploient, du reste, qu'incomplètement, elles aboutissent forcément au surmenage qui se traduit par des variations de l’alcalinité ou de la toxicité des humeurs (2). »
Ces variations ont été calculées : l’alcalinité du sérum sanguin apparaît diminuée d'un quart, et l'acidité urinaire correspond à 0,65, à 1,32 d'acide oxalique, tandis que chez les sujets sains elle se limite à 0,17, à 0,44 (3). La toxicité urinaire examinée par Guillemonat lui a donné les chiffres suivants : tandis que les urines chez le nouveau-né sain sont sensiblement dépourvues de toxicité et qu'il lui faut, pour tuer le lapin, en introduire dans les veines de 135 à 220 centimètres cubes par kilogramme, soit 170 à 500 centimètres cubes par animal, il a suffi, pour amener la mort d’un lapin avec les urines d’un prématuré issu de parents malades, d'en injecter de 74 à 132 centimètres cubes par kilogramme de matière vivante.
Nous venons de voir ce que valait l'organisme du prématuré taré au point de vue chimique et fonctionnel, et la torpidité des
* (1) GUILLEMONAT. Loc. cit.
(2) CHARRIN, GUILLEMONAT, LEVADITI.
(3) Za.
échanges s’est révélée à nous par l'analyse des excreta et les chiffres des mesures de calorimétrie. On peut constater un résultat analogue en étudiant l'échelle des poids de croissance.
MM. Charrin et Gley (1) sont arrivés à produire expérimentalement sur les animaux, par des injections de toxines variées, la stérilité, l'avortement, la morti-natalité, à faire apparaitre du nanisme, des malformations des membres, des os, des organes génitaux, des oreilles, par exception du rachitisme (2). Les résultats obtenus ne sont d’ailleurs pas constants (3), ce qui s'explique, dit Guillemonat,car « si de telles influences s’exerçaient avec fréquence, l'espèce humaine aurait depuis longtemps disparu ; d'ailleurs l'observation enseigne que les syphilitiques, à côté d'enfants spécifiques, ont assez souvent des nouveau-nés parfaitement sains ».
MM. Charrinet Gley ont également établi que des lapins issus de générateurs ayant reçu soit des bactéries, soit des toxines, effectuaient leur croissance avec une extrême lenteur; le poids à 6 et 8 mois oscille entre 605 et 800 gr., tandis” que celui des témoins va de 900 à 1,500 gr. MM. Charrin et Nobécourt,; Guillemonat ayant étudié ces retards dans la croissance des nouveau-nés issus de mères atteintes de maladies variées, mais particulièrement de tuberculeuses, constatent que l'augmentation de poids est réduite au cinquième où au sixième de la normale. « Ces résultats n’ont rien d'absolu ; comme en expérimentation, ces influences maternelles varient, ont tous les degrés ; elles peuvent même faire défaut. On peut, en effet, constater que des fils d’infectés croissent régulièrement ; le fait, heureusement, n’est pas absolument exceptionnel; c’est que, dans ces cas, le mal a eu peu de prise, ou n’était pas en activité à l'heure de la fécondation » (4). s
(1) CHARRIN et GLEY. Arch. de physiologie, 1891-1894.
(2) GUILLEMONAT.
(3) MM. Charrin et Gley ont poursuivi pendant plusieurs années près de quatrevingts séries de tentatives pour aboutir à quelques résultats positifs.
(4) CHARRIN et NOBÉCOURT.
Et Des
Si la chimie, ia calorimétrie, les courbes de croissance nous
révèlent le mauvais fonctionnement des cellules du prématuré
taré, envisagées dans leur ensemble, des conclusions analogues s'imposent lorsqu'on examine tel ou tel groupe de ces cellules, tel ou tel viscère (1).
Le corps thyroïde de ces débiles est riche en tissu fibreux, pendant que la matière colloïde, en relation avec la substance active iodée diminue (2). Levaditiet Paris, expérimentant avec les organes d’un nouveau-né mort de septicémie streptococcique, ont constaté que ses éléments thyroïdiens en solution dans l’eau salée glycérinée ne déterminaient chez l'animal qu’un amaigrissement passager des plus minimes.
Avec l'extrait des capsules surrénales de ce même enfant, Langlois n’a provoqué qu’une légère élévation de pression, le quart de la normale. « Or, lorsque de tels organes (corps thyroïde, capsules surrénales) sont absents ou détériorés, en dehors d’un accroissement des qualités toxiques des humeurs, on enregistre des lésions du foie, du névraxe, des globules, de l’asthénie, etc. (3). »
Les lésions du foie ont été l’objet de recherches faites par M. Charrin, principalement chez les rejetons de tuberculeux. Ce qui est le plus commun, dit-il, c’est l'absence de toute modification, et c'est ce qu'il conclut de ses recherches avec M. Hauser. Lorsqu'il a trouvé des altérations du parenchyme, les cellules hépatiques lui sont apparues fragiles, granuleuses, dans quelques cas en voie de dégénérescence graisseuse (4).
« Cette constatation est importante, en raison du rôle considérable que joue, à bien des égards, ce parenchyme hépatique; c’est ainsi qu'il constitue, avec les muscles, un centre important de thermogénèse. Or, le kilogramme d’un nouveau-né de bail-
(1) CHARRIN, GUILLEMONAT et LEVADITI.
(2) Za.
(3) Za.
(4) Lenoble a décrit récemment une cirrhose de la glande biliaire avec développement du tissu fibreux chez un enfant issu d’une femme atteinte de sclérodermie,