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Alors même qu'aucun traumatisme ne vient léser l'épiderme, la desquamation très vive qui se manifeste surtout chez les prématurés dans les premiers jours de la vie peut produire des fentes cellulaires qui facilitent l’entrée des germes.
Mais les lésions locales du tégument externe sont choses très fréquentes.
La tête, la face, régions très exposées; la région du mamelon, qui est parfois le siège de tiraillements destinés à faire sortir « le lait des sorcières » ; la région péri-anale et péri-génitale, dontlestéguments macèrent souvent dans une atmosphère humide et chaude, sont en général les points faibles par où pénètrent les germes pathogènes.
En effet, sous l'influence d’une égratignure, par exemple d’un érythème papulo-érosif, le tégument externe n'offre plus qu’une barrière illusoire.
Les germes peuvent alors pénétrer plus profondément, envahir les voies sanguine et lymphatique. L'on sait, en effet (Hulot), que la réaction phagocytaire qui suit la pénétration des germes dans la peau est faible chez l'enfant. Achalme a montré également que la propagation des streptocoques n’amenait aucune réaction au sein des tissus, chez le nouveau-né; à plus forte raison lorsqu'il est né avant terme.
De telle sorte que, après avoir pénétré au niveau dela peau, le germe pathogène peut sans grande difficulté donner lieu à des accidents métastatiques éloignés (affections pulmonaires, Marfan), ou à des septicémies rapidement mortelles, ou simplement encore à des cachexies dues à l’absorption des toxines (Hulot).
2° Omgrric. — De tous les points de la surface cutanée, c’est Pombilic qui, sans contredit, joue le plus grand rôle dans l'entrée des germes septiques. Tous les travaux passés (Lorrain, Quinquaud, Widerhofer, Muller, etc.) montrent qu'autrefois ce mode d'infection a été le plus important.
La chute du cordon ombilical et la cicatrisation de la plaie
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ombilicale (Gross)ne se passent pas, dans la plupart des cas, sans phénomènes d’inflammations légères qui favorisent la pénétration ou, tout au moins, la nocivité des germes existant in loco.
Nous savons, de plus (thèse d'Audion), que les vaisseaux ombilicaux eux-mêmes, tant qu'ils ne sont pas oblitérés, sont une porte d’entrée pour les microbes. En outre, entre la cavité de ces vaisseaux et le fond de la cupule ombilicale, des pertuis persistent fort longtemps, qui sont autant de portes ouvertes à l'infection. Il se produit alors des artérites et des phlébites plus ou moins intenses, souvent torpides, parfois même méconnues.
Le processus remonte alors le long des membranes séreuses, ou bien se propage par la voie sanguine, artérielle, donnant lieu à des septicémies rapides et aiguës.
« Les microbes peuvent aussi envahir les vaisseaux sanguins hépatiques, et, par la veine cave, l'organisme entier, au lieu de suivre la voie artérielle. » 3
3 Tue piGesTir. — D'une tout autre importance sont les infections qui ont eu pour point de départ le tube digestif.
Ici nous aurons à envisager des hétéro-infections ou des autoinfections suivant que la maladie est due à l'apport d’un germe venu du dehors, ou à l'augmentation de virulence de microorganismes vivant déjà dans le tube digestif.
Les hétéro-infections peuvent tout d’abord étre d'ordre obstétrical : le germe ayant été dégluti par l'enfant avec le liquide amniotique infecté, ou au moment de son passage dans les voies vaginales, ou encore ayant été introduit par l’accoucheur au cours des manœuvres pratiquées pour extraire les mucosités du pharynx, ou pour insufler le nouveau-né. Dansces deux cas peuvent prendre naissance des stomatites, des parotidites, des abcès dus à des staphylocoques ou à des streptocoques ; l'infection peut même d'emblée se généraliser. Mais si le mode le plus fréquent d’infection par les voies digestives est l'infection par alimentation
chez le nourrisson alimenté au lait de vache ; il est donc extrême-
ment rare Chez nos prématurés, qui sont allaités au sein. Quoique nous ne l’ayons jamais constaté, l'alimentation au
- sein maternel pourrait produire l'infection intestinale, dans le cas
de galactophorite de la mère par ingestion du pus mélangé au lait.
Les microbes une fois ingérés peuvent agir soit par eux-mêmes s'ils sont pathogènes, soit par la formation de toxines favorisant le développement des auto-infections, qui relèvent de l’augmentation de la virulence des saprophytes intestinaux, particulièrement du colibacille est du streptocoque.
Ces auto-infections d’ordre intestinal peuvent aboutir à une sorte de « septicémie lente » qui n’est autre que l’athrepsie.
Du fait même de l’existence de ces infections, la résistance de l'organisme se trouve diminuée. Les germes qui ont pénétré par d’autres portes d'entrée, peau ou voies respiratoires, peuvent alors se développer plus facilement ei donner lieu à des suppurations sous-cutanées et surtout à des broncho-pneumonies dont les conséquences seront plus graves.
Enfin, l’on peut admettre avec Marfan que, dans un certain nombre de cas, « parti de l'intestin malade où il a acquis sa virulence », le bacterium coli passe dans la circulation et arrive au poumon où il provoque les broncho-pneumonies à colibacille.
4° VOoiES RESPIRATOIRES. — Les recherches de ces dernières années (Hutinel, Claisse) ont mis en lumière l'importance de l'appareil respiratoire en tant que porte d'entrée de l'infection.
Avant la sortie de l’enfant (aspiration de liquide amniotique infecté), au moment de l'expulsion (déglutition de substances septiques contenues dans le vagin), la contamination des fosses nasales, du larynx et de la trachée peut se faire.
En outre, « dès que le fœtus a respiré, dès qu'il a dégluti un peu d'air, ses cavités naturelles sont envahies par des microbes saprophytes qui, toute la vie, resteront ses commensaux ».
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Inoffensifs habituellement, ces microbes pourront devenir, en certains cas, pathogènes. La desquamation très marquée de tous les épithéliums muqueux dans les jours qui suivent la naissance, la moindre excoriation (insufilation brachiale fréquente chez le prématuré) peut donner le signal des accidents.
Pénétrant d’abord dans les premières voies respiratoires, le staphylocoque ou:le streptocoque atteignent rapidement une virulence très marquée, y produisent un coryza franchement purulent. Considéré par Marfan comme une grippe sporadique, ce catarrhe nasal jouit d'un rayonnement infectieux très considérable. Les voies respiratoires et les cavités voisines peuvent se prendre peu à peu : la pharyngite, l’otite, la trachéo-bronchite, la broncho-pneumonie peuvent alors s’observer.
Nous avons vu plus haut que la contamination des voies respiratoires pourrait également se faire par passage direct du germe pathogène de l'intestin au poumon.
De toutes les portes d'entrée de l'intestin que nous venons d'examiner, c’est aux voies respiratoires que nous accordons le rôle prépondérant en ce qui concerne les infections chez les prématurés. Les observations que nous avons recueillies et dont nous parlerons plus loin, nous confirment dans cette opinion qui se trouve d’ailleurs être celle de la plupart des auteurs actuels (Hutinel, Claisse, R. Fischl).
La raison nous en apparaîtra facilement. Le lavage au nitrate d'argent des conjonctives pratiqué après la naissance supprime la plupart du temps les ophtalmies.
Les soins de propreté minutieux et l’antisepsie pratiquée à propos des moindres éraillures des téguments, entravent la production des infections d’origine cutanée.
La plaie ombilicale est toujours le sujet d’une attention toute particulière. Les pansements aseptiques lui sont appliqués même longtemps après la cessation des légers phénomènes inflammatoires physiologiques qui accompagnent la chute du cordon.
Les enfants nourris au sein et soumis à une surveillance de tous les instants sont, de ce chef, en grande partie à l’abri des | infections d’origine gastro-intestinale.
Reste alors l’infection par les voies respiratoires, dont la prophylaxie est beaucoup plus difficile. La désinfection rigoureuse des couveuses, l'usage raisonné et restreint de celles-ci, l’isolement des prématurés malades sont des précautions indispensables, mais qui ne parviennent pas néanmoins. à supprimer complètement l'infection par les voies respiratoires, surtout dans un milieu hospitalier dont l'air véhicule d’une façon permanente des microorganismes pathogènes.