‹ Etude sur les infections chez le prématuréChapitre 34 sur 44 · A GR: GA GRR 1 UE ER · texte numérisé non relu

A GR: GA GRR 1 UE ER

Os. XXXIV. — Caroline L..., née le 6 octobre 1899. Entre à la nourricerie des Enfants-Assistés le 15 octobre. Elle pèse 1,000 gr. et sa température est de 290,8. Mise en couveuse. Ne peut téter. Prend à la cuiller de 10 à 15 gr. toutes les heures. (ŒEdème dur. |

Les deux jours suivants, la température s’élève légèrement, montant à 32° le 16 février. Le poids monte également à 1,050 gr., mais l’œdème est plus accentué.

Berthe K.., Poids, 1,700 gr.

Le 17 février, la température cesse de monter. .

Le 18, le poids tombe à 1,100 gr. el l'enfant meurt à 10 heures du matin.

Auropsie à 2 heures du soir. Un peu de liquide citrin dans le péricarde. Poumon droit rouge, gorgé de sang. Un seul fragment pris à la base va au fond de l’eau. Poumon gauche congestionné à la base seulement. Foie mou, gorgé de sang. Dans le péritoine, liquide jaune, filant, en petite quantité. Les ensemencements des liquides péricardique, péritonéal et céphalo-rachidien, le sang du cœur et le suc pulmonaire ont donné des cultures pures de bacterium coli. Dans le poumon on trouvait également du staphylocoque.

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Oss. XLIV. — Marie P..., jumelle, née le 15 avril 1900. Entre à la nourricerie des Enfants-Assistés le 17 avril. Poids, 1,500 gr. Températ. 309,3 (voir fig. 4). Mise en couveuse. Prend le sein.

Atteint 37° le 22 avril. Chute du cordon le même jour. Est sortie de couveuse le 23. A perdu 100 gr. Le poids, d’abord stationnaire, se met à augmenter d’une façon régulière à partir du 29.

Le 10 mai, elle pèse 1,600 gr. et le 11 mai, 1,650 gr. Elle pre prise ce …

. même jour de convulsions et vomissements. Larsee d'estomac et d’intestin. Le soir, elle monte à 389,8.

Le 13, elle a encore 38°. Baisse de ROMES à 1,550 gr. HATARER Saignée de 15 gr. au gros orteil. =:

Le 14, état général semble meilleur. Tempér. normale, Poids stationnaire.

Paraît aller mieux jusqu’au 18. Poids est même remonté légèrement, mais il commence alors à baisser progressivement jusqu’à la mort, survenant le 24, avec baisse de temp. à 33°,4. Le sang ensemencé pendant la vie donna une culture pure de pneumocoque.

A l’Aurorsir, on trouve également du pneumocoque par ensemencement des liquides péricardique et céphalo-rachidien, du sang du cœur, du foie, du poumon, du rein, et du liquide tympanique.

Dans le poumon on trouve du staphylocoque associé.

Pour les dix autres observations, nous nous contenterons de donner un résumé succinct :

Oss. XXII. — T..., prématuré hypothermique, 2,300 gr. 10 jours. Sang du cœur ensemencé immédiatement après la mort : streptocoque.

Os. XXIV. — D..., prématuré hypothermique, 1,340 gr. 10 jours. Sang ensemencé quatre heures avant la mort : streptocoque. Autopsie une demiheure après la mort : streptocoque dans le sang du cœur, dans le poumon ‘et la rate. |

Os. XXXI. — L.. , prématuré hypothermique, 1,150 gr. Entré à 8 jours, mort à 12 jours. Gene ensemencé quatre heures avant la mort : streptocoque. Autopsie immédiatement après la mort : streptocoque dans le sang du cœur, dans le poumon, dans le liquide céphalo- FAPRIGIen.

Oss. XLIII. — Jeanne P..., jumelle, 1,400 gr. à la naissance. Morte à 15 jours ayant temp. normale, Streptocoques trouvés dans le sang la veille de la mort. À l’autopsie, dans le sang du cœur et le poumon.

Due XXIX. — D.., prématuré à temp. normale, 2, 060 gr. Entré à 10 jours, mort à 3 semaines. Ensemencé le sang du cœur à l’autopsie : bacterium coli.

Oss. XXXIL — C..., prématuré hypothermique, 1.700 gr. Entré à 2 jours, mort à 6 jours. Autopsie immédiatement après la mort : bacterium coli retrouvé dans le poumon et le liquide péricardique.

Os. XXXIIL — R..., prématurée à temp. normale, 1,200 gr. Entrée à un jour, morte à un mois. Sang ensemencé à deux reprises dans la semaine qui a précédé la mort : bacterium-coli. Autopsie n'a pu être faite.

OBs. XXV.— B..., prématuré à temp. normale, 1,700 gr. Mort à 5 semaines. Ensemencement du sang 6 heures avant la mort : bacterium coli et coccobacille de Pfeiffer. Les mêmes microbes retrouvés dans le sang du cœur à l’autopsie.

Oss. XXXV. — P.., prématuré à temp. normale, 1,920 gr. Entré à 17 jours, mort à 30 jours. Sang ensemencé quotidiennement pendant les quatre jours ayant précédé la mort : cocco-bacille de Pfeiffer. A l’autopsie, même microbe dans le sang du cœur, le liquide péritonéal, le liquide céphalorachidien, le poumon.

Ons. V. — D..., prématuré à temp. normale, 2,000 gr. Mort à 22 jours. :

Sang ensemencé à deux reprises pendant la semaine ayant précédé la mort : staphylocoques. Autopsie n’a pu être faite.

Peut-on décrire des types différents de septicémie chez les prématurés, suivant qu'il s’agit de l’un ou l’autre germe, et existe-t-il des formes streptococciques, colibacillaires, pneumococciques, etc.? Nous ne le pensons pas, bien que nous ayons groupé nos observations suivant les microbes rencontrés. En effet, pour toutes, la marche semble avoir été également rapide, et si, dans un certain nombre de cas, il nous a paru exister des différences entre les courbes de température, elles devaient tenir bien moins au germe lui-même qu’à son degré de virulence. Cette différenciation ne présente donc qu’un intérêt scientifique et ne possède aucune valeur diagnostique ou pronostique.

Nous devons toutefois signaler les quelques remarques qu'il nous a été donné de faire en étudiant nos observations.

Sur les quinze septicémies observées, il en existait sept chez des prématurés hypothermiques et huit chez des prématurés à température normale.

Les sept hypothermiques se répartissent ainsi :

4 septicémies à streptocoques :

3 — à coli-bacille.

Etchezles huit prématurés à température normale nous avons:

2 septicémies à streptocoques ; Re

2 septicémies à colibacilles ;

1 — à staphylocoque ;

1 — à pneumocoque ;

1 —— à cocco-bacille de Pfeiffer ;

1 = à bacterium coli et Pfeiffer associés.

La plupart des agents microbiens peuvent donc être retrouvés au cours de ces septicémies, qu'ils soient seuls ou associés entre eux (1).

Cependant les septicémies à streptocoque se sont montrées les plus fréquentes, elles ont frappé surtout les prématurés hypothermiques, donnant lieu à des septicémies suraiguës (2).

Le bacterium coli, qui est un bacille moins virulent que le streptocoque, paraît surtout avoir frappé les prématurés particulièrement débiles et offrant le moins de résistance. On a nié ces septicémies colibacillaires et prétendu qu’elles n'étaient que l'envahissement de l'organisme par les microbes pendant l’agonie et après la mort (3). Mais il nous semble que nos ensemencements de sang faits pendant la vie et en nous entourant de certaines précautions nous mettent à l’abri des objections (4).

Quant au pneumocoque (5) et au staphylocoque, nous ne les avons rencontrés qu'une seule fois; peut-être cette rareté apparente est-elle due à leur moindre virulence habituelle. D'ailleurs,

(1) Voir surce sujet :

Septicémies streptococciques : HUTINEL et CLAISSE, MARFAN et MAROT, LEVADITI et PARIS, FINKELSTEIN.

Septicémies staphylococciques : HUTINEL et LABBÉ, HUTINEL et LESNÉ, FISCHL, KARLINSKI, HULOT.

Septicémies à bacterium coli : ACHARD et RENAUT, NETTER, CHANTEMESSE et WIDAL, ESTIENNE, WOLCZYWSKI.

(2) « C’est le streptocoque qui nous à semblé être l’agent habituel de ces infections suraiguës ; le staphylocoque, blanc ou doré, le pneumo-bacille de Friedländer et le coli-bacille nous ont toujours paru jouer un rôle accessoire. » (HUTINEL et COLAISSE.)

(3) AcHARD et PHULPIN. Arch. de médec. expérim., 1895, p. 25.

(4) DELESTRE. Infections sanguines chez les nourrissons. Loc. cit.

(5) Nous avons communiqué le 5 février 1898 à la Société de biologie, une belle observation de septicémie pneumococcique mais d’origine intra-utérine,

pour ce qui est du staphylocoque, on sait qu’il est généralement saprophyte, à la ville surtout, car dans le milieu hospitalier il peut, par passages, acquérir une certaine virulence, mais il devient alors avant tout un pyogène qui frappera surtout des enfants plus grands en déterminant des pyohémies, tandis que les prématurés n’ont ni le temps ni les moyens de faire du pus, la réaction phagocytaire étant chez eux à peu près nulle. ;

D’autres microorganismes peuvent être encore rencontrés dans le sang, et nous-même avons encore trouvé le coccobacille de la grippe, dit bacille de Pfeiffer, seul ou associé au bacterium coli. Nous avons également trouvé ce dernier microbe associé au streptocoque. Il s'agissait, dans tous ces cas, de septicémies véritables.

Si l’on voulait décrire des formes de particulières à chacun de ces microbes, on pourrait peut-être trouver des différences dans la localisation primitive habituelle de chaque. germe dont les symptômes seraient prédominants : c’est ainsi que la forme colibacillaire serait surtout une forme gastrointestinale (1), tandis que la forme streptococcique ou pneumococcique serait surtout broncho-pulmonaire (2).

Toutefois, si ces formes ont été décrites chez les nourrissons plus âgés, nous ne les avons guère rencontrées chez nos prématurés, car elles évoluent, en général, trop rapidement ; et s’il fallait chercher chez eux un symptôme prédominant, la cyanose, en rapport avec l’asphyxie, nous ferait décrire une forme

(1) Sur les septicémies à forme gastro-intestinale, voyez : : LENOBLE. Étude sur quelques septicémies des nourrissons. Th. Paris, 1898. CzErny. L’intoxication dans la gastro-entérite des nourrissons. Jubr. a Kinderh., 1897. | (2) « La forme broncho-pulmonaire est fréquente dans la septicémie à streptocoques ; elle est plus rare dans celle à staphylocoques. Tantôt c’est une bronchopneumonie qui éclate dans le cours de l'infection et attire spécialement l'attention, tantôt, au contraire, la maladie débute par une broncho- -pueumonie qui, au lieu de

rester une affection locale, devient rapidement infectieuse au premier Chef » (HUTINEL et CLAISSE, 106! cit.)

tn

broncho-pulmonaire presque constante, quelque microbe qui soit en cause.

Peut-être, au lieu de décrire des formes microbiennes, pourraiton, ainsi que le fait R. Fischl, diviser ces septicémies en formes suraiguës, aiguës, subaiguës et chroniques (1), les premières évoluant en quelques heures, parfois véritablement foudroyantes, les cas aigus en deux à cinq jours, les subaigus (2) ayant une durée de quinze jours et les chroniques se prolongeant au delà. Mais si ces divisions existent pour les nourrissons à terme et un peu plus âgés que les nôtres, nous ne trouvons guère chez nos prématurés que les deux premières formes, ce qui tient au peu de résistance de nos sujets et à la virulence des germes que l’on rencontre dans les salles d'hôpital. Toutefois, on nous amène de temps en temps des prématurés âgés de quelques semaines à quelques mois, présentant tous les caractères de l’athrepsie, qui n’est autre chose qu’une forme chronique d'infection à point de départ gastro-intestinal.

La symptomatologie de ces septicémies varie peu danseles différents cas. Souvent un des premiers symptômes est linappétence ; l'enfant refuse le sein lorsqu'on veut le faire teter ; s’il est gavé ou nourri à la cuiller, il rejetté tout ce qu'il prend.

Puis apparaissent tantôt des convulsions, se reproduisant à intervalles plus ou moins rapprochés, suivant le degré d’intoxi- . cation ; tantôt un ictère, d’abord bénin, augmentant peu à peu d'intensité, s’accompagnant de vomissements bilieux qui montrent que le foie est touché et qu'il existe un certain degré d’angiocholite. La diarrhée peut venir également se joindre à ce cortège symptomatique au milieu duquel à un moment, la

(1) Fiscuz. Traité de Grancher, p. 476.

(2) « A côté des infections suraiguës et° promptement mortelles, il en est d'autres, aiguës ou subaiguës, moins nettement caractérisées et plus complexes, qui reconnaissent pour cause des: microorganismes semblables, mais moins ivirulents. Dans ces cas la lenteur relative de l'infection permet aux lésions d'organes d'acquérir un | développement et de prendre une importance qui font défaut dans les infections

suraiguës » (HUTINEL et CLAISSE). ; FS

cyanose vient nous révéler l’état du poumon, l'insuffisance de l’hématose et l’asphyxie progressive : la dypsnée qui l’accompagne est souvent diflicile à apprécier, par suite du peu d’amplitude des mouvements respiratoires chez le prématuré, maïs elle est cependant quelquefois dénoncée par un léger battement des ailes du nez ou une modification du rythme respiratoire consistant dans une inspiration fréquente et courte, suivie d’une expiration relativement beaucoup plus longue. Souvent aussi la respiration est lente, faible, superficielle ; l'air pénètre à peine

FIG. 17. — Marguerite V... Poids, 1,470 gr:

dans les poumons, rendus imperméables par l’atélectasie (Bertin).

Étant donné le peu de moyens cliniques que nous possédons pour nous rendre compte de l’état de santé ou de maladie de l'enfant prématuré, l'étude de sa courbe de température se trouve, avec celle du poids, nous fournir un des meilleurs éléments de diagnostic et de pronostic. Aussi, de l'étude de ces courbes, résulte-t-il un certain nombre d'observations intéressantes.

Nous avons examiné plus de trois cents graphiques soigneusement pris, et nous croyons devoir en reproduire quélques types rencontrés assez fréquemment pour qu'ils nous paraissent posséder une signification un peu spéciale. Nous joignons à quelques-uns d’entre eux la courbe des poids, qu’il est souvent intéressant et même utile de mettre en parallèle.

La figure 17 nous montre d’abord un type de courbe thernique assez commun, que nous avons dénommé l'ascension en igne brisée. Elle est le reflet du peu de vitalité de l'enfant qui résente une grande difficulté à atteindre la normale ; elle se nontre, généralement, d’un pronostic fatal. On voit que celui-ci, n même temps que sa température montait si difficilement, ugmentait aussi péniblement de poids (30 gr. du 3 au 12 janvier). 1 offrait un excellent terrain pour les germes et dut s’infecter le 2 janvier, époque à laquelle il fut pris deconvulsions et de romissements. Dès le lendemain, son poids et sa température se

'rG. 18. — Paul G..., né le 21 août 1898. F1@. 19, — Joséphine H..., née le 21 janvier 1898.

nettaient à baisser, et quarante-huit heures après il mouraiït, 1e pesant plus que 1,400 gr. et ayant une température de 35°,5. La façon dont se comporte la température permet souvent l'établir un pronostic ; nous venons de voir que l’ascension en igne brisée était d’un pronostic presque fatal ; il en est généraement de méme lorsqu’au lieu de voir la température s’élever >rogressivement l’hypothermie reste stationnaire après la mise n couveuse, et cela aussi bien lorsqu'elle est accompagnée d’un wcroissement (fig. 18) que d’une baisse de poids (fig. 19). L'enfant ne peut atteindre la température normale parce que es organes ne fonctionnent pas suffisamment ; il n’offrira, par onséquent, aucune défense à l'infection et ne tardera pas à suc-

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