‹ Etude sur les infections chez le prématuréChapitre 9 sur 44 · MT ONE · texte numérisé non relu

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Les observations d'enfants nés soi-disant avant le sixième

mois et ayant survécu sont fort rares (1), car, comme nous le

verrons dans la suite, ces enfants offrent un terrain si favorable à l'infection, qu'il leur est presque impossible d’y échapper et qu’ils ne tardent pas à succomber.

À mesure que le temps d’incubation s’accroit, ils sont mieux en mesure de résister, et entre six mois et demi et sept mois, les observations d'enfants qu'on est parvenu à élever deviennent moins rares. Mais au prix de quels soins ! et pour les voir occuper quel rang futur dans l'échelle sociale ?

Le second des facteurs capables d’influer sur la constitution de l’enfant né avant terme, n’est autre que la cause de cette expulsion prématurée. Ces causes sont les mêmes que celles de l'avortement, mais au point de vue qui nous intéresse, nous devons les diviser en deux catégories : les unes ayant une influence nocive sur la vitalité du produit de conception; les autres donnant un enfant prématuré, mais sain. Ces dernières, purement fortuites, comprennent les accouchements consécutifs à un traumatisme physique, à une émotion morale brusque, passagère, à une rupture prématurée des membranes, à une grossesse gémellaire, ete. Dans ces conditions, l'enfant naîtra parfaitement sain, si ses parents sont sains.

L'autre catégorie comprend toutes les causes d'avortement relevant de l’état de santé des générateurs : infection, intoxication ou diathèse paternelle ; maladies aiguës ou chroniques de la mère, états diathésiques, auto-intoxication gravidique, intoxication ou surmenage professionnels, privations ou misère physiologique.

Toutes les causes appartenant à cette seconde catégorie réagissent sur le fœtus : les unes, comme la fatigue, le surmenage, donnent au produit de conception, dès sa naissance, une

() M, VILLEMIN a publié dans la Revue mensuelle des maladies de l'enfance, 1895, p. 22, l'observation d’un enfant de 950 gr, du terme de 5 mois et demi, et qui était encore vivant à l'âge de 31 mois.

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vitalité précaire, en font un être faible, ayant peu d’aptitude à vivre, mais pouvant, s’il est placé dans de bonnes conditions, résister à l'infection et prendre le dessus; les autres, comme les maladies aiguës de la mère, peuvent l’intoxiquer d’une façon passagère, l’affaiblir momentanément, mais, s’il survit, n’entacher en rien pour l’avenir son organisme cellulaire. Il en est, enfin, comme les affections chroniques et les diathèses paternelle où maternelle, qui peuvent marquer ses cellules d'un sceau indélébile et faire de lui un être presque fatalement condamné dès sa naissance à l’infection et à la mort.

Voilà donc deux catégories d'enfants entrant dans l'existence avec des aptitudes absolument différentes : les uns parfaitement sains, formés de cellules très jeunes, il est vrai, mais pleines de vie, ne demandant qu’à s’accroître, qu'à se perfectionner, qu’à se multiplier, c’est la minorité (1); les autres, plus nombreux, imprégnés déjà par le poison, ou porteurs même du germe qui va les détruire, frappés de déchéance organique, de la tare héréditaire qui a enlevé toute vitalité à leurs cellules, véritables rejetons privés de sève.

Dans quelles .conditions différentes ils vont se trouver pour la lutte! Le premier, capable dans une bien faible mesure, il est vrai, de résister aux germes infectieux qui vont l’entourer de toutes parts, en sortira quelquefois victorieux, tandis que le second, offrant un terrain tout préparé à l'infection, suecombera sans résistance.

On voit, par ce qui précède, l'importance du rôle joué par le terrain chez les prématurés, dans le pronostic de leur résistance aux infections, c’est-à-dire de leur existence même. Avant

(1) Minorité encore plus infime, si l’on excepte de cette catégoriela quantité d'enfants ayant subi un traumatisme de l’accouchement. La vitalité d’un enfant sain né de parents sains se trouve singulièrement compromise par la longueur du travail, la compression du cordon, les inspirations précoces, les compressions exercées sur le crâne par un forceps ou un bassin rétréci, les tiraillements produits sur le cou par la version ou même encore l’état d’anémie provoqué chez eux par une hémorragie de la mère, (Voir : WALLICH. Rech. d’anat. path. chez le nouveau-né. Annales de gynéc. et d'obstétr.,mars 1898.)

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d'aborder l'étude de ces infections, nous devons donc avoir une idée de ce terrain sur lequel va se faire l'invasion microbienne, et un rapide aperçu physiologique fera comprendre combien les enfants nés avant terme sont peu armés pour se défendre. Cette étude portera d’abord sur le prématuré sain, celui qu'une cause fortuite a fait naître avant terme, mais qui n’est frappé d'aucune tare. Nous tâcherons ensuite de mettre au point cette question si intéressante de l'influence des maladies des générateurs sur la vitalité du produit de conception.

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