‹ Étude Sur Les Infections Générales Aiguës Par Les Staphylocoque PyogèneChapitre 10 sur 19 · X..., interne à la Salpétrière, juin · texte numérisé non relu

X..., interne à la Salpétrière, juin

Dix jours après une grippe avec légère sinusite maxillaire droite, on fait une prise de sang dans la veine céphalique du bras gauche, pour comparer avec le sang d’autres malades.

La région a été soigneusement lavée comme pour une grande intervention. On commence par enseméncer dans un tube de bouillon le produit du raclage de la peau au point où la ponction de la veine doit être faite. Ce tube reste stérile.

Après avoir fait une pointe de feu au niveau du point à ponctionner, on prélève à l'aide d'une seringue de Pravaz stérilisée deux centimètres cubes de sang dans la veine céphalique gauche. Ce sang est ensemencé dans un tube de bouillon et sur deux tubes de gélose. Les trois tubes ont cultivé dans l’étuve à 38° en donnant des cultures pures et assez abondantes de staphylocoque.

X... était encore fatigué, en convalescence de grippe. Deux jours après apparait un furonéle à la nuque qui nécessita l’incision cruciale.

Le cinquième jour, apparition de deux furoncles à la cuisse gauche.

Trois jours plus taïd on constate l’évolution successive de deux furoncles de la nuque du côté opposé au précédent et très distants de lui.

Pendant cette éruption furonculeusé, mouvement fébril

ot léger, inappétence, soif, langue sale, fatigue générale assez marquée. r Tout estrentré dans l’ordre après la guérison du cinquième furoncle.

I n’y à eu aucune réaction inflammatoire du côté de la ponction veineuse.

Nous voyons donc, qu’en somine la Cause essens tielle des septicémies à staphylocoque réside dans la pénétration et la multiplication d’un microbe virulent dans le sang.

Dans certains cas, le microbe peut pénétrer d’emblée dans le torrent circulatoire et donner naissance aux accidents septicémiques d'une facon primitive, mais il y a aussi des exemples dans lesquels le mi: crobe s’est d'abord localisé, et c’esten somme de cette lésion locale, qu'est partie l'infection générale secondaire.

Nous allons énumérer rapidement les différentes localisations de la staphylococcie

Le staphylocoque en pathogénie humaine peut être rencontré dans les affections cutanées et dans celles du tissu conjonctif.

Il peut pénétrer dans les glandes sudoripares où il a été rencontré par Brünner (1) Eiselsberg (2) Gärt-

(1) Brünner. — Berlin. Klin. Woch. 25 mai 1891, (2) Eiselsberg. — Berlin. Klin. Woch. N° 23 p. 533. 1801.

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ner, lizzoni. Ces auteurs admettent que les staphylocoques mis en circulation peuvent se retrouver dans la sueur. La démonstration de ce fait ne nous parait pas absolument établie. En effet, il est difficile de recuillir la sueur d’une facon sûrement aseptique, et les recherches récentes sur l’asépsie des mains en chirurgie n’ont elles pas une tendance à prouver que les glandes sudoripares peuvent contenir des microbes venus de la surface de la peau ? Les staphylocoque rencontrés dans la sueur, auraient donc plus vraisemblablement la même origine que les autres microbes de la surface de la peau.

La plupart des auteurs ont remarqué que l'ostéomyélite était souvent précédée d’une éruption de furoncles. Ceci semble êlre encore à l'appui de ce que nous venons de dire. L’inoculation locale du staphylocoque ayant donné des furoncles, ces microbes passent dans la circulation et viennent se localiser dans l'os.

Cependant, si nous sommes persuadé que les furoncles soient généralement le résultat d’une inoculation locale, nous ne nous refusons pas à admettre que Îles sfaphylocoques en circulation puissent venir se localiser dans les glandes sudoripares aussi bien qu’en toute autre région. L'observation citée précédemment en est une preuve. Ceci expliquerait les cas où l’on rencontre de véritables éruptions furoncu-

leuses : mais nous croyons que ces cas ne sont pas fréquents.

On a également trouvé le staphylocoque dans des lésions d’eczéma, de pemphigus, de psoriasis (Perrin et Aslanian) (1): mais il s'agit là de l’infection secondaire.

Marfan (2) a montré que la pustule d'impetigo, la kératite phlycténulaire, la tourniole, l’ectyma et le furoncle, toutes affections à staphylocoques étaient souvent consécutives à l’eczéma des nourrissons.

On à retrouvé également le staphylocoque dans les pustules du vaccin.

Longtemps on a cru que le clou de Gafsa, le clou de Biskra, le bouton du Nil, étaient dus au staphylocoque. Mais, pour la dernière de ces affections, tout au moins, M. le Professeur Chantemesse (3) a montré que l'agent pathogène était un coccus se rapprochant par bien des points du staphylocoque, mais différent de lui cependant.

Daus le purpura, le staphylocoque a été souvent mis en Cause ; mais sa spécificité n’est pas prouvée.

De même on ne peutaffirmer que l'érythème noueux soit dû au staphylocoque.

A la suite des maladies longues, de la fièvre typhoïde surtout, on voit souvent survenir des suppu-

(1) Perrin et Aslanian, — Marseille médicale, 189.

(2) Marfan. — Semaine médicale, 1895.

(31 Chantemesse. — Annales de l’[nstitut Pasteur, 1857. Mathieu

PT io

rations cutanées. Elles peuvent être dues au bacille d'Eberth : Chantemesse et Widal en ont signalé des cas. Mais elles sont plus souvent le résultat d'infections secondaires à streptocoques ou à staphylocoques.

Le staphylocoque est encore l'agent de l'infection secondaire dans la varicelle, dans la variole.

Enfin, il nous suffira de rappeler que dans les folhculites, surtout dans le furoncle et dans l'anthrax, le staphylocoque doit être consideré comme le microbe spécifique.

Les lymphangites, les phlezmons, sont souventdes infections à staphylocoques.

Un autre point de l'organisme où le staphylocoque se localise volontiers est le tissu osseux. Il est inutile d'insister sur le rôle de ce microbe dans l’ostéomyélite. Il en est l’agent le plus fréquent, bien qu’en certains cas la maladie puisse être due à d'autres microbes, au bacille {typhique par exemple (Chantemesse et Widal).

Le professeur Lannelongue a également montré que le panari profond, n’était souvent autre chose qu'une ostéomyélite à staphylocoque de la phalange.

Nous rappellerons encore que ce même microbe a été fréquemment irouvé dansles arthrites purulentes et que plusieurs auteurs : Triboulet (1891), de Saint-

Germain (1), Sacaze (1894), Harisve (2), le mettent en cause dans la pathogénie du rhumatisme articulaire aigu.

On a également signalé des cas de myosites dues au staphylocoque.

sevestre et Gaston, Becco, ont montré le rôle du staphylocoque dans la stomatite ulcéreuse infantile.

Ce même microbe a été rencontré dans les abcès alvéolo-dentaires, dans les infections des glandes salivaires, dans les angines : il peut s'associer au bacille de Loëffler dans la diphtérie,

M. Widal (3) a communiqué à la Société Médicale des Hôpitaux, une remarquable observation d’ulcère rond de lestomac développé au cours d'une pyoémie à staphylocoques.

Dans l’appendicite, Achard et Broca (4), ont rencontré plusieurs fois ce microbe seul ou associé.

Létienne (5) après avoir examiné bactériologiquement 42 biles, a renconcontré 20 fois le slaphylocoque. ;

Il a encore été vu dans certaines tyroïdites.

On peut lui altribuer quelques cas de péricardite, d'endocardite aiguë, d’artérite infectieuse.

Saint-Germain. — Thèse de Paris 1893.

Harisve. — Thèse 1897.

) Widal. — Soc. méd. des hôp., 12 mars 1897.

4) Achard et Broca. — Acad. de médecine, 3 mars 4897. 5) Létienne. — Thèse de Paris 1891.

Son rôle a été démontré dans des cas de cor yza, de laryngite, de broncho-pneumonie, etc...

Il est l’agent le plus ordinaire de l'infection secondaire des cavernes pulmonaires.

Il peut déterminer des localisations du côté de l'appareil urivaire (uréthrites à staphylocoques) du côté de l’appareil génital (Bartholiuites chroniques).

Rarement, il intervient dans les complications des suites de couches. Les travaux remarquables de Chantemesse et Widal ont bien établi la place prépondérante du slreptocoque dans l'infection puerpérale. Cependant, dans des cas exceptionnels, on a pu rencontrer le slaphylocoque.

Cohn et Neumann {1}, Charrin (2?) ont démontré l'existence fréquente dustlaphylocoque dans l'extrémité périphérique des conduits galactophores. La plupart des mammites semblent dues à ce microbe.

Nous signalerons d’un mot, en terminant pour être complet, les blépharites, les dacryocistites, les kératites, les phlegmons de l'œil, les otites et les sinusites dans lesquelles le staphylocoque peut jouer un rôle principal ou secondaire.

Toutes ces infections locales à staphylocoques dont le nombre, nous venons de le voir, est très considérable, peuvent donc dans certains cas déter-

(1) Cohn et Neumann. — Arch. fur Pat. Anat. CXXIV, 3, (2) Charrin. — Soc. de Biologie, 2 février 1895.

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