‹ Étude Sur Les Infections Générales Aiguës Par Les Staphylocoque PyogèneChapitre 14 sur 19 · OBSERVATION V · texte numérisé non relu

OBSERVATION V

(Masius et Becco : Revue de médecine. Juillet 1897, p. 523. (Résumée)

Sun, 17-408, OUYTICT de fabrique.

26 Novembre. — En soulevant une poutrelle. le malade ressent une violente douleur lombaire. Mais au dire de la famille, depuis quelques jours déjà, il se plaignait, était indisposé, avait de la lassitude et de l'inappétence.

28 Novembre. — Prostration, délire, température 40°5. On pense à un début de pneumonie, mais il y a absence complète de signes stétoscopiques.

2 Décembre. — Entrée à l'hôpital. Faciès cyanosé, vésicules d'herpès aux lèvres ; pupilles dilatées : rotation et flexion de la tête douloureuses. Sur les membres inférieurs et sur l’abdomen pelites papulo-pustules discrètes dont le centre est ombiliqué.Congestion pulmonaire aux deux bases. Expectoration muco-purulente. Abdomen très ballonné.

On pratique une prise de sang. Injecté à une souris, il ne détermine pas d'accidents. Par l’ensemencement on obtient en 48 heures des cullures de staphylocoque doré.

Dans les jours suivants, il se produit une tuméfaction douloureuse des extrémités inférieures du bras et de l’avantbras droit. La température oscille entre 38 et 40° et le malade meurt le 8 décembre.

Autopsie. — Muscles : abcès de volume variable (de celui d'une tête d'épingle à celui d'un pois) dans les muscles de la paroi abdominale et thoracique.

sr —

Cœur : quelques petits abcès miliaires sous l’endocarde.

Plèvres. — Exsudat fibrineux plus abondant à droite.

Poumons. — Grand nombre de foyers suppurés de la grosseur d'un grain de mil et quelques foyers plus volumineux ayant l'aspect d’infarctus emboliques avec un bord en voie de suppuration.

Rate. Un peu grosse.

Foie. — Abcès miliaires multiples.

Ganglions lombaires très tuméfiés.

Nombreux foyers dans le médiastin postérieur et abcès multiples sous la muqueuse œæsophagienne dans ses 3/4 inférieurs.

L'ensemencement des organes a donné du staphylocoque

pyogène.

OBSERVATION VI (Masius et Becco. loc. cit.)

Infection généralisée par le staphylocoque pyogène, consécutive à une pleurésie tuberculeuse. Mort (Résumé).

R..., 36 ans, cuisinière.

Entre à l'hôpital avec une pleurésie gauche, à début insidieux, toux sèche, point de côté à gauche. Antécédents héréditaires tuberculeux. L'auscultation des sommets donne des signes évidents de tuberculose.

Ea ponction amène un liquide louche et un peu teinté de sang. Ce liquide donne des cultures pures de staphylocoque pyogène doré.

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Dans les premiers jours qui suivent, l'épanchement diminue, mais l’état général devient très mauvais. La température oscille entre 30° et 40°. Le pouls est petit à 124. Bruit de souffle systolique rude, ayant son maximum entre la pointe et le sternum et se propageant dans l’aisselle.

Ventre très ballonné. Un peu d’albumine. Mort

Autopsie. — Plèvres : du côté gauche quelques grammes d'un liquide rougeàtre.

Poumons: sommet : petites cavernes ; infarctus rouges récents dans les lobes inférieurs des deux côtés. Cœur : Végétations récentes de la grosseur d'un pois sur les valvules aortiques et tricuspides.

Rate : grosse, molie et friable.

Foie : Assez volumineux.

Reins : Quelques abcès miliaires.

Les ensemencements des divers organes ont donné des cultures pures de staphylococcus pyogènes albus.

OBSERVATION VIT (Raoult Deslongchamps)

Infection générale par le staphylocoque, consécutive à la grippe. Diarrhée. Endocardite. Ictère. Néphrite. Guérison.

A. P..., officier, entré le 7 janvier 1897, sorti le 13 mars 1897 par guérison.

Antécèdents hérédilaires. — Père mort d'affection cardiaque.

Antècédents personnels. — Accès assez intenses de

we

fièvres intermittentes, alternant avec des poussées de rhumatisme arliculaire aigu, pendant un premier séjour au Tonkin (1887-89), et un second en Algérie (1891-95).

Il y à six semaines, grippe avec congestion des bases. Le malade ne s’est pas bien rétabli depuis et n’a repris ses occupations que 10 ou 12 jours avant le début de l'affection actuelle.

Vers le 29 décembre 1896, M. P..., fut pris de céphalée d'épistaxis et de lassitude générale. Ces symptômes persistèrent accompagnés de diarrhée, jusqu’à l'entrée à l'hôpital (7 janvier 1897).

Aujourd'hui, 8 janvier 1897, nous constatons les signes suivants :

S janvier 1897. — La peau est chaude, sèche, recouverte de taches rosées lenticulaires, formant par places de véritables papules, confluentes au niveau de l'abdomen, des hypocondres et de la partie postérieure du tronc Ces tâches s’affacent complètement sous la pression du doigt.

Le facies du malade exprime l'oppression, l'anxiété. Langue sèche, fendillée. Soif ardente, dysphagie. Le fond de la gorge est douloureux à la pression. Météorisme assez considérab'e : iDiarrhée aqueuse (6 selles par jour en moyenne).

Foie gros, débordant de 3 travers de doigt les fausses côtes. La palpation éveille de la douleur.

Rate augmentée de volume.

Rien d'anormal du côté de l’appareil respiratoire. Un peu de dyspnée d'effort.

Pouls régulier, fort, bondissant, très fréquent (132). Dou-

leur vague dans la région précordiale. Souffles très nets d'insuffisance mitrale et d'insuffisance aortique.

Pas d'albumine dans les urines.

Etat général grave. Bourdonnements, bruissements dans toute la tête. Langueur de l'intelligence. Agitation et léger délire la nuit précédente. Quelques soubresauts des tendons.

Température à 5 heures du soir : 39°4.

Traitement : Bain à 30°.

Le 9. - Le malade a pris hier deux bains à 30°. La nuit a été calme. Pas de déire. Au matin, langueur et affaissement plus prononcés.

Trois selles pendant la nuit, jaunâtres, dysentériques,peu fétides. Quelques stries sanguines dues à des hémorrhoïdes.

Urinces rares, hautes en couleur. Pas d’albumine. Mêmes caractères des bruits cardiaques et du pouls (115). Photophobie très nette. Bains (3 dans la journée). Naphtol 1 gr. sulfate de quinine. 1 g.

10. — Même état. La diarrhée persiste : la prostration augmente.

Teinte subictérique des conjonctives. Température à 7 heures du matin et à 5 heures du soir 39°.

Même traitement. |

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