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quand l'invagination se complique de constriction extrême du collet, de congestion de l'anse invaginéeet surtout de son inflammation, la douleur change de caractère. On observe bien encore des coliques, des paroxysmes douloureux, mais les intermissions sont moins complètes. Il s'y est joint une douleur continue, plus ou moins vive, qui augmente par la pression et qui reste très-exactement limitée au siège de l'invagination tant qu'elle est seule enflammée. C'est une période de la plus grande importance, de laquelle la production d'un certain degré de fièvre est nécessairement l'indice, et dont la connaissance permettra de poser avec quelque certitude les indications et surtout les contre-indications du traitement. La généralisation, la diffusion de cette poussée inflammatoire est fort rare, sauf à la période ultime, la première inflammation péritonéale étant généralement bornée à la portion déplacée de l'intestin. Du reste cette complication locale ou générale peut manquer absolument, comme l'anatomie pathologique nous l'a montré, pendant toute la durée d'une invagination chronique aussi traînée en longueur que possible.
La colique de l'invagination cesse ou du moins est effacée par la douleur nouvelle qui surgit quand la péritonite se déclare. Celle-ci est due fréquemment, nous le savons, à une perforation de l'intestin ; mais le mécanisme de sa production n'est pas toujours le même, car elle existe quelquefois avec une intégrité à peu près complète des tuniques 'intestinales. Rappelons à ce propos le rôle que M. Travers (1) fait jouer à l'obstruction et à la distension gazeuse de l'intestin dans l'extension de la péritonite. La douleur ordinairement exaspérée au moment où l'étranglement se complète disparaît presque entièrement quand la séparation par gangrène est accomplie etsi le malade survitàla lésion
(1) Cité par John Gay.
elle ne se reproduit plus que très-atténuée au moment des efforts qui accompagnent et achèvent l'élimination de la partie morte (J. Gay.).