‹ Étude sur les invaginations intestinales chroniquesChapitre 15 sur 26 · TRAITEMENT · texte numérisé non relu

TRAITEMENT

Quand on recherche ce qui a été écrit sur la thérapeutique des étranglements internes on se trouve dans un chaos d'opinions contradictoires, d'exemples tirés de cas douteux et de préceptes purement théoriques.

Cela s'explique si l'on songe que sous le nom d'étranglé- Considêra-

ments internes-, d'iléus et d'occlusions intestinales -on a con-

' générales

fondu pendant bien longtemps les affections les plus diver- sur le ses. Telle médication qui a paru donner de bons résultats dans un cas, en a donné de déplorables dans un autre. Puis s'est produit ce qui a lieu toutes les fois que le médecin est en présence d'une affection rebelle et sur laquelle l'action thérapeutique est nécessairement limitée ; on a essayé de tous les moyens, souvent un peu à l'aventure, ou en se laissant guider par des vues très-hasardées. Il n'y a pas bien longtemps encore on voyait d'un côté Forbes (1) s'élever contre toute opération directe et proclamer la nécessité de laisser agir la nature, mais en prévenant l'accumulation du contenu liquide de l'intestin, c'est-à-dire, en tenant le malade dans un repos absolu, le privant de nourriture et

(1) Cjclopedia of pract. med., III, p. 134.

de boisson aussi longtemps que possible, sans préjudice des saignées générales et des émétiques A part cela, le médecin devait attendre patiemment ! D'un autre côté, on assistait à l'administration, sur la foi d'Hippocrate, de mercure métallique ou de balles de plomb destinés à agir mécaniquement. Aussi comprend-on la protestation de Streubel (1) écrivant : « En présence d'un étranglement interue, le médecin se croit plus apte que le chirurgien à diriger le traitement. Sans autre préoccupation que de combattre la constipation opiniâtre,les vomissements, les douleurs abdominales, il entre en campagne, armé des remèdes les plus violents, avec lesquels il tourmente nuit et jour le malheureux patient jusqu'à ce que l'organisme succombe à ces tortures. Certes, si quelque chose pouvait étonner, ce serait de voir les malades résister si longtemps. »

Sans doute ces récriminations, justifiées à l'époque où Streubel écrivait, ne le sont plus aujourd'hui et le tableau est trop chargé pour notre époque. Il est de fait cependant qu'on voit en face de traitements intempestifs et perturbateurs, le praticien tomber parfois dans un excès contraire et compter trop ou trop longtemps sur l'action de la nature médicatrice. Néanmoins l'expectation ne doit pas être rejetée ; souvent elle mérite d'être employée, cela est vrai et dans maintes circonstances où le diagnostic ne peut être clairement porté l'abstention de toute intervention s'irapose. Tant d'incertitude m'a conduit à donner une étendue considérable au chapitre de la symptomatologie, pensant que lorsque les différents points du diagnostic sont bien connus, les indications en découlent naturellement. Je crois qu'étant donnée une invagination intestinale chronique, on peut aujourd'hui reconnaître à coup sûr son existence et de plus, son siège d'une façon assez exacte, l'état

(1) Contrib.au diagn. et au traitement des étrangl. internes ; Viertelj. 1858 et Gaz. hebd., 1859, p. 229.

d'altération de ses tuniques au moins approximativement, puis baser là-dessus sa conduite.

Le traitement a emprunté ses moyens tantôt à la médecine et tantôt à la chirurgie. Les opinions sont encore assez divisées sur le choix à faire et puisque les indications à ce sujet sont souvent discutées, je crois devoir les passer en revue.

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