III. — Xystes à inclusion complète
Dans cette variété de kystes, le traitement ne différera pas de celui des kystes à inclusion incomplète ; il y a seulement quelques particularités à établir au sujet des feuillets péritonéaux.
Il est inutile de chercher à faire une énucléation complète, c'està-dire de décoller toute l'étendue du ligament large.
Miner (1) qui donna le premier les régles de la décortication, avait déjà indiqué que le chirurgien devait inciser le revêtement péritonéal là où les vaisseaux étaient moins considérables, et que la main seule devait déchirer les adhérences. C'est encore le meilleur procédé aujourd’hui ; que l'on se serve d’un instrument mousse, ou, qu'à l'exemple de Kæberlé, on emploie un linge sec pour détacher les lames celluleuses, le point principal est qu'on sache éviter les vaisseaux et qu on n’aille pas S'égarer entre les lames de la paroi du kyste où la vascularisation est très-abondante. On incisera donc, dit Olshausen, le péritoine vers la base de la tumeur et on énucléera le kyste sans perte de sang considérable. Quand on a l'intention de laisser le ligament large intact, sans en faire de pédicule, en jetant seulement quelques ligatures sur ses vaisseaux, il est indiqué de n’en décoller que la partie suffisante pour recouvrir le plancher pelvien et pour faire la suture au catgut ou au fil de soie; mais si on veut former un ou plusieurs pédicules, il est nécessaire de détacher jusqu’à la partie supérieure de la tumeur afin de pouvoir employer le traitement extrapéritonéal ou intrapéritonéal. C’est ainsi que l'on pratiquait autrefois l'allongement du pédicule quand on voulait fixer ce dernier dans la plaie abdominale.
(1) Miner. — Americ, Journ. of. med. scienc. Oct. 1872. p. 391.
Si, pour arrêter l'hémorrhagie, on se décide à former un ou plusieurs pédicules, on pourra ou lier les uns après les autres les vaisseaux qui peuvent donner du sang ou employer la cautérisation, commefKeith le fait depuis longtemps, le clamp, comme Spencer Wells l’'employait, ou le serre-nœud de Kæberlé. Tous ces moyens excellents, contre une hémorrhagie éventuelle, compliquent beaucoup le manuel opératoire et ne garantissent pas plus contre la perte de sang que la ligature au catgut. Il semble cependant que la cautérisation du pédicule avec le thermo-cautère Paquelin soit inoffensive autant qu'efficace ; de nombreux chirurgiens l'ont déjà employée avec succès.
Olshausen (1) à abandonné le serre-nœud qu’il employait, ainsi que les ligatures isolées au catgut, pour adopter la ligatare élastique plus commode et qui garantit mieux contre les hémorrhagies que le fil de soie et permet de lier sans division préalable les gros pédicules.
Le nœud de la ligature élastique ne se relâche pas et n’a pas besoin d’être assujetti par un autre fil ; la constriction qu'il exerce est constante et ne diminue pas à la suite de l'opération. Grâce à sa simplicité et à la sûreté qu'elle procure, cette ligature paraît destinée à entrer dans la pratique ; elle a d’ailleurs donné de remarquables résultats dans l'hystérectomie et est recommandée en France surtout par Terrillon et Pozzi. |
Les adhérences, dans le cas d'inclusion complète, donneront lieu au même traîtement que pour les inclusions incomplètes. La cavité résultant de l'enlèvement du kyste exposera aussi aux mêmes dangers et sera susceptible par conséquent de suppurer, surtout dans les décollements qui avoisinent l'intestin, dont l'influence est bien reconnue sur les collections sanguines qui l’environnent. Wegner (2) a démontré en effet que la suppression d'une tumeur volumineuse de l'abdomen et l'absence de rétraction des parois abdominales, en créantun vide relatif dans la cavité péritonéale, favorisent l'exsudation de sérosité très-apte à passer à la suppuration par l'action des principes septiques qui résultent du voisinage de l’intestin ; il suit de là que les collections du cul-de-sac de Douglas devront être l’objet d’une surveillance plus active que les autres.
(1) Olshausen. Deutsche Zeits. f. chir. Bd. XVI. 1882, p. 171. (2) Wegner. Arch. f. Klin. chir. B. XX. — H. I. 1876, p. 51.