LUS
kyste, le chirurgien se trouvait embarrassé, quand il rencontrait des adhérences multiples, il se contentait, s'il en était encore temps, de fermer la plaie, ou bien il excisait une portion de la tumeur et suturait Sa paroi aux lèvres de l’incision.
Presque toutes les complications qui pouvaient survenir étaient attribuées aux adhérences, à leur fâcheuse influence ; c'est ainsi que toutes les anomalies de développement des tumeurs passaient pour des adhérences secondaires, pathologiques. A ces adhérences, on appliquait invariablement la méthode de l’extirpation incomplète, et on a peine à trouver dans la première période de la littérature de l’ovariotomie quelques observations où l'opérateur osât affronter de telles difficultés. Kœæberlé (1) fut le plus hardi des chirurgiens français ; une fois seulement, il laissa dans la cavité abdominale une portion de tumeur. Imbu des idées qui régnaient en 1862, il considéra comme des adhérences tous les liens qui rattachaient les kystes au bassin ou aux organes pelviens et s’appliqua à les traiter toutes de la même façon; ce n'est que plus tard qu'il distingua des autres complications celle qui résultait de l'inclusion des kystes dans les ligaments larges. Mais d’autres observateurs avaient déjà appelé l'attention sur cette variété de tumeur ovarique.
Miner (2) est le premier qui consacre à la description des kystes inclus deux études en 1869 et en 1872 ; il conseille déjà un procédé dénucléation « par étalement du pédicule » qui est encore suivi par quelques chirurgiens dans des cas spéciaux. Urdy (3), en 1874, expose quelques observations d'ovariotomie difficile recueillies dans la clinique de Péan, mais il ne reconnait pas l'importance du siège de la tumeur en dehors du péritoine ; il rapporte cependant une opération où l’extirpation d'une partie de l'utérus fut nécessaire. Leroy (4), en 1881, utilise aussi bien peu les données qu'il a pu recueillir, surtout dans deux observations de Terrier, à tel point qu'on peut dire qu'en France, à cette époque, le traitement des kystes infiltrés dans les ligaments larges est livré à l'inspiration
(1) Kœæberlé, dict. de med. et de chir., pratiques, Art. ovaires.
(2) Miner. — Buffalo, med. and. surg. J. June, 1869, p. 420. Americ. J. of. méd. Scienc. oct. 1872, p. 391.
(3) Urdy. — Examen de quelques cas difficiles d’ovariotomie et d’hystérotomie, thèse, Paris, 1874.
(4) Leroy. — Thèse de Paris, 1881.