‹ Étude Sur Les Kystes Hydatiques Du Cerveau Chez Les EnfantsChapitre 10 sur 105 · EG EE · texte numérisé non relu

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29 cas, l’a noté 9 fois au niveau du lobe frontal et 7 fois à la région rolandique.

Les observations ne précisant pas toujours nettement le siège du kyste, il est assez difficile de donner des chiffres exacts ; néanmoins, dans bon nombre de cas, nous voyons que les kystes siègent de préférence au lobe frontal et à la région rolandique.

II. — Zésions produites par le développement du kyste hydatique

Le développement du kyste hydatique entraine des lésions qui varient suivant la localisation. Nous étudierons successivement les altérations de la paroi osseuse, des méninges et de l’encéphale.

1° Lésions des parois osseuses. — Odile les étudie dans sa thèse. Les kystes hydatiques agissant surtout par compression, on conçoit par là même que les lésions des os seront dues à l'usure ; les os s’érodent, s’amincissent, se perforent en un ou plusieurs points, ce qui permettra à la tumeur de faire saillie sous les téguments. Chez un des petits malades de M. Castro le pariétal gauche était perforé en trois points ; l'enfant de Kredel avait l’écaille du temporal perforée ; celui de Damaschino avait la selle turcique usée par le développement du kyste à la partie inférieure de l’encéphale.

Dans des cas rapportés par Foucault et Herrera Vegas, on trouva des stalactites osseuses au niveau

des sutures occipito-pariétales ; dans un autre de Parrot, des dépressions sur la face interne du crâne. Ces diverses altérations sont également signalées par J.-C. Verco, Morquio, Moulinié, Whittell. Guesnard en a fait une étude plus détaillée dans l’observation qu'il rapporte sur un kyste développé dans le corps du sphénoïde. « L’altération la plus remar- -quable est celle des os, assez semblable à celle que leur font éprouver les tumeurs anévrismatiques. Ils sont rugueux, offrent des saillies entrecoupées d’enfoncements. Toute la fosse cérébrale moyenne, le corps du sphénoïde, et son apophyse d’Ingrassias ne sont plus recouverts que par la dure-mère, et ont perdu dans certains points la lame interne ; dans d’autres ils sont réduits à leur lame externe ; enfin, çà et là, le temporal parait réduit à une sorte de feuillet transparent, crépitant comme le parchemin. C’est une altération analogue à celle qu'éprouvent les os du crâne lorsqu'ils sont en contact avec un fongus de la dure-mère. » En résumé, il s’agit vraisemblablement d’une résorption du tissu osseux due à une ostéite raréfiante analogue à celle qui se développe au voisinage des anévrismes.

2° Lésions des méninges. — C'est principalement au niveau de la dure-mère que siègent les altérations ; elles consistent le plus souvent en épaississements ou en adhérences.

3° Lésions de l’encéphale. — Les lésions varient selon que le kyste se développe à la périphérie ou dans l’épaisseur du tissu nerveux. Si le kyste occupe

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la corticalité, il exerce une compression qui détermine un applatissement, un affaissement des circonvolutions ; en raison de l'accroissement de la tumeur, elles tendent à s’amincir, à s’effacer, et leur épaisseur est parfois réduite à un demi-centimètre à peine (Cade, Foucault, Rabot) ; et même dans un cas de Morquio, les circonvolutions rolandiques étaient entièrement détruites.

Lorsque le kyste siège au sein du tissu nerveux, il est parfois si superficiel, que l'épaisseur du manteau qui le revêt est extrêmement faible (Becquerel, Bordier, Verco, Parrot, Steffen). Dans ces cas, on a remarqué, soit à l’autopsie (Guérineau, Becquerel), soit au cours de l'intervention (Llobet), que le cerveau en cerlain point faisait une hernie, une voussure, et la palpation laissait deviner une collection hquide.

Lorsque le kyste est profond et de faibles dimensions, l'aspect extérieur du cerveau n’est habituellement pas modifié ; si ses dimensions sont plus considérables, outre le tassement et l’aplatissement des circonvolutions, l’un des deux hémisphères apparaît augmenté de volume (Rendtorff), et les vaisseaux toujours plus ou moins vides de sang. Cet accroissement de la masse encéphalique, n’est pas seulement le fait d’une grosse tumeur kystique, mais aussi le résultat de la compression exercée dans un contenant invariable. Le liquide céphalo-rachidien est comprimé, refoulé dans le rachis, la circulation en retour est gènée, ralentie ou arrêtée, de là une congestion

passive qui s'établit, des œdèmes, de l’hydropisie ventriculaire (Castro, Faton, Bristowe, Zeder, Morquio). L'hémorragie ventriculaire signalée par Bulnheim est exceptionnelle.

Que la compression s'exerce de la périphérie à la profondeur ou réciproquement, elle retentit toujours plus ou moins sur les territoires avoisinants : effacement des couches optiques (Faton) ; compression des noyaux opto-striés (Steffen, Morgan), des bandelettes (Damaschino), des nerfs optiques (Berncastle, Guesnard).

Les lésions histologiques de la substance cérébrale causées par la présence de kystes hydatiques ont fait l'objet d’un travail de Richet de Gothard.

D’après ces auteurs qui avaient observé deux cas de kystes hydatiques du cerveau, les tubes nerveux ne présentaient pas d’altération sérieuse. Les cellules pyramidales, au contraire, offraient deux types pathologiques très tranchés, qui, dans leur disposition, se montrèrent nettement séparés l’un de l’autre. Le premier type est celui que Nissl attribue aux cellules altérées par un processus prolongé, chronique ; le corps cellulaire et les prolongements sont atrophiés ; ces derniers sont contournés sur eux-mêmes en forme de tire-bouchon ; la coloration au bleu de méthylène est diffuse, le noyau a perdu sa forme ovale ou ronde, Très fortement coloré, il est rétracté, triangulaire ou polyédrique.

Le plus souvent on ne distingue pas le nucléole ; lorsqu'il est visible, il est petit el fortement teinté.

Enfin il existe une légère prolifération des noyaux névrogliques, et souvent on les trouve tuméfiés, ce qui est signalé par Nissl comme un caractère de l’état pathologique.

Le deuxième type de cellules est celui qui, pour le même auteur, correspond à une évolution pathologique aiguë ou récente ; le corps de l'élément est gros, de forme sphérique, globuleuse : la coloration est également homogène, et l’on ne peut différencier les substances chromatique et achromatique. Les prolongements sont pâles, mais on peut les distinguer ; le noyau est tuméfié, sphérique et peu coloré. |

En résumé, ces deux aspects de cellules pyramidales correspondent soit à une évolution pathologique aiguë ou récente, soit à un processus chronique, ces deux états se succédant peut-être l’un à l’autre. Il est rationnel de penser que les cellules altérées chroniquement siègent au point où la compression a été la plus forte.

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