OBSERVATION I
(Damaschino. — Union médicale, 6 juin 1865.)
G... Henri, treize ans et demi, est entré le 4 mars 1865 à l'hôpital des Enfants. Souffrant depuis son enfance, se plaint de maux de tête fréquents, de vomissements. Ces accidents ont augmenté depuis trois semaines ; le a mars on a remarqué que sa tête se renversait en arrière, la nuque devenait douloureuse.
Le 3 mars, convulsions très intenses, mouvements cloniques généralisés et très intenses pendant une heure.
Le jour de son entrée dans le service, nouvelle attaque convulsive de courte durée. L'enfant est couché dans le décubitus dorsal, très fortement rejeté en arrière, muscles de la
nuque rigides, pression douloureuse à ce niveau. L'enfant
est plongé dans un demi-coma, parfois, il semble sortir d’un sommeil profond, il accuse une vive douleur au front et à l'occiput. Intelligence conservée, la vue paraît intacte, pupille gauche sensiblement dilatée. Sensibilité cutanée conservée. Les jours suivants : subdélire, cris aigus, la vue s’obscurecit, l’amaurose est complète le 13 mars. On avait pensé à une méningite aiguë cérébro-spinale.
Les jours suivants : délire continuel, pouls petit et fréquent, respiration lente, amaigrissement, diarrhée. Mort le 20 mars.
Autopsie. — En retirant l’encéphale, on trouve à sa base, derrière le chiasma, une poche tendue qui ne peut être enlevée à cause de son adhérence à la selle turcique. L'incision de cette poche donne issue à environ 50 grammes de liquide jaune brunâtre. Le kyste en se développant a formé une excavation au niveau de la selle turcique, usure osseuse par compression. Les bandelettes optiques, en particulier celle du côté gauche, sont comprimées, dissociées. L’encéphale étant enlevé, offre au point mentionné une poche qui se prolonge vers le lobe antérieur gauche dans lequel elle pénètre ; elle contient le liquide dont nous avons parlé, et de plus une masse jaunâtre, irrégulière du volume d’une petite noisette. Pas de traces de méningite.
A l'extrémité antérieure et interne du lobe sphénoïdal se trouve une masse pédiculée, arrondie, du volume d’une noisette, constituée par l’agglomération de cinq petits corps jaunâtres, formés d’une poche kystique, remplie d’une matière épaisse, stéatomateuse. La section du cerveau, pratiquée au-dessous du corps calleux et horizontalement, fait
voir le troisième ventricule étalé, repoussé par le gros kyste
médian. Le ventricule latéral gauche est déformé ; en avant du corps strié, on remarque en effet une saillie, en forme de virgule, produite par un kyste de 2 cm. 1/2 de large sur { de long. Cette poche kystique fait également saillie à la base du cerveau, en dehors de la racine externe du nerf olfactif.
Dans son développement, le kyste a soulevé la paroi inférieure du ventricule latéral. Ce second kyste communique avec le premier au niveau d’un point rétréci qui correspond
au trou de Monro.
OBSERVATION II (Escarraguel. — Thèse de Montpellier, 1838.)
Un enfant éprouve une contusion à l'œil droit qui devient amaurotique. Sept mois après, une blépharoptose se déclare du même côté. Ensuite surviennent des symptômes cérébraux très graves ; ils cessent, et une variole compliquée de gastro-entérite le fait périr.
Autopsie. — On trouve dans le côté droit du crâne un kyste acéphalocyste développé entre les os et le cerveau. Son volume égale deux fois celui d’un œuf de poule. Il sou lève l'hémisphère droit et s’insinue dans la cavité orbitaire, à travers la fente sphénoïdale. Les os sont rugueux, offrent des saillies entrecoupées d’enfoncements ; la fosse cérébrale moyenne, le corps du sphénoïde, l’apophyse d’Ingrassias ont perdu leur lame interne dans quelques endroits ; dans d’autres, la couche de tissu compact et le diploé ont disparu. Le temporal est aminci çà et là, et converti en un feuillet
transparent et crépitant comme une feuille de parchemin.