‹ Étude Sur Les Kystes Hydatiques Du Cerveau Chez Les EnfantsChapitre 31 sur 105 · OBSERVATION IV · texte numérisé non relu

OBSERVATION IV

(Guesnard. — Journal hebdomadaire des progrès des sciences médicales, 1836, t. I).

Acéphalocystes des os du crâne

B. S..., âgé de sept ans, soigné à l'hôpital des Enfants- Malades, a toujours joui d’une bonne santé.

Il y a sept mois, il perdit l’œil droit accidentellement.

Le 1* janvier, sans symptôme précurseur, la paupière supérieure tomba sur le globe oculaire déjà affecté de cécité.

Le 13 janvier, il est pris subitement de céphalalgie, frissons, vomissements. On l'amène à l’hôpital. L'enfant est assoupi, le globe oculaire droit recouvert par la paupière supérieure qui est paralysée, il est aussi plus saillant que le gauche. La pupille, très dilatée, est immobile ; pas de sensibilité à la lumière. L’œil gauche ne perçoit pas davantage les impressions lumineuses, mais la sensibilité tactile persiste. Pas de strabisme. L'enfant accuse de la céphalalgie, sans préciser l'endroit douloureux. Pouls un peu fréquent. Légère asymétrie faciale.

Le 18, petite éruption scarlatiniforme qui disparut quatre

jours après.

Le 93 se déclare une éruption variolique (l'enfant n'avait pas été vacciné) ; au bout de deux jours, l’éruption avait gagné la face. Inappétence, langue sale, selles diarrhéiques, sanguinolentes. L'œil droit faisait plus de saillie qu'auparavant. Pouls petit, fréquent.

Mort le r+ février.

Autopsie.— Le crâne présente une conformation normale. On scie la voûte et en voulant la détacher, il s'échappe un jet de liquide de son intérieur. On constate, du côté droit, la présence d’un kyste placé entre la dure-mère et les parois latérales du crâne, c’est-à-dire le temporal et le pariétal. Ce kyste, contenu dans une vaste excavation creusée dans la substance cérébrale, s'étendait aussi jusqu'à la base du cerveau, qui se trouvait ainsi refoulée fortement en haut. La tumeur, grosse comme deux fois un œuf de poule, occupait toute la fosse cérébrale moyenne, traversait en avant, par une extrémité applatie, comme étranglée, la fente sphénoidale, et là se prolongeait d'un travers de doigt dans la cavité orbitaire; en dedans, elle soulevait l'extrémité antérieure de la tente du cervelet, pour pénétrer dans un enfoncement creusé au-dessous de la fosse pituitaire dans le corps même du sphénoïde. Ce kyste se trouvait accolé à une vésicule de . même nature, de la grosseur d’une noix, placé dans le foyer pituitaire, entre la portion osseuse du corps sphénoïdal et la dure-mère qui l’environnait de tous côtés. Du côté gauche elle avait fortement écarté les sinus caverneux ; du côté droit les sinus, déjà soulevés par la première tumeur, ne lui offraient plus de limite, et lui permettaient d’être en contact avec celle-ci. Outre ce deuxième kyste, il en existait d’au-

tres du volume d’une lentille, placés dans de petites excava.

tions osseuses qu'offrait le corps du sphénoïde, d’autres, miliaires, existaient profondément situés dans les aréoles du tissu osseux : on en trouva une vingtaine.

Le liquide de ces kystes est transparent : la membrane qui les forme est de couleur opaline, composée de plusieurs feuillets.

Les filets nerveux qui rampent sur la paroi externe du sinus caverneux ont subi tous une distension et une compression remarquables, principalement la branche ophtalmique du trijumeau.

L'altération des os est remarquable ; ils sont rugueux, offrent des saillies, entrecoupées d’enfoncements. La fosse cérébrale moyenne, le corps du sphénoïde ont perdu dans certains points leur lame interne. Le temporal est réduit à une sorte de feuillet transparent. Altérations comparables à celles qu'éprouvent les os du crâne, lorsqu'ils sont en contact avec un fongus de la dure-mère.

Dans le foie, tumeur vésiculaire du volume d’une noix. ,

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