OBSERVATION VIII
H. P.., 25 ans, entre le 22 juin 1933 dans le service de clinique urologique du Professeur LecuEu, hôpital Necker. Il présente les signes d’une grosse orchi-épididymite gauche extrêmement douloureuse.
Le début des accidents remonte à un traumatisme des bourses qui a eu lieu le 18 juin à 18 heures. Le blessé soulevait par une extrémité un madrier scié
en planches ; deux de celles-ei lui échappèrent, et en
raison de leur flexibilité et de leur élasticité subirent un brusque mouvement de bascule.
Elles vinrent ainsi heurter violemment le blessé à la racine de la cuisse gauche et à la région génitale, La douleur fut immédiate, intense, syncopale, obligeant à cesser le travail.
Le soir, cette douleur fit place à une sensation d’engourdissement.qui permit le sommeil. Mais dans la nuit le blessé fut réveillé par une douleur de plus en plus vive. Celle-ci siègeait dans le scrotum et surtout le long du cordon dans son trajet inguinal.
Dès ce moment, augmentation de volume du scrotum avec rougeur et vague ecchymose du scrotum.
Le malade avait l'impression que « tout augmentait » ; la pression du serotum était très douloureuse et l’ædème gagnait par le haut.
Le lendemain, le patient a essayé de se lever, mais dut s’aliter de nouveau, car la douleur augmentait. Puis l’æœdème devint dur et de plus en plus lan-
cimant. La teinte ecchymotique va faire place à une grosse tuméfaction rouge.
Au 4€ jour, date d’entrée dans le service, on observe :
Une grosse tuméfaction inflammatoire dure et très douloureuse du serotum dans sa partie gauche ; “il n’y a pas de plaie. Il est difficile de préciser épididyme et testicule, pas de fluctuation cependant. Le cordon est dur. [état général est atteint surtout du fait de la douleur ; la température est à 390.
On apprend que le bessé avait un varicocèle gauche ; d'autre part, 1l relate plusieurs poussées de cystite à l’âge de 14 ans.
Au cours de son service militaire au Maroc, il a eu des hématuries. La dernière poussée de cystite, date du mois de janvier. Signalons qu'il a été facile de faire distinguer la dysurie post-traumatique signalée d'avec du ténesme vésical.
La conduite immédiate fut l’abstention avec traitement banal.
Cependant si la température tombait à 380, les douleurs ne cessaient pas, nécessitant héroïne, et l’état phlegmasique local persistait. Le 30 juin apparut de la fluctuation à la partie latérale du scrotum avec tendance rapide à l’ouverture.
Un examen des urines pratiqué à ce moment n’a révélé n1 pus ni microbes.
Le 5 juillet, intervention sous anesthésie générale. Les téguments très envahis sont réséqués largement par une incision en raquette dont la queue remonte
vers l’orifice inguinal.
ASE TPE
L’épididyme et le cordon sont énormes. Le testicule est une véritable éponge de pus. Il n’y a pas d'anomalies de rapport des organes entre eux. Ces lésions entraînent une castration avec section au thermocautère du cordon en regard du pubis.
Fermeture de la peau en laissant toutefois une petite mèche à la partie supérieure de la plaie. Cellee1 est enlevée le troisième jour après avoir permis le drainage d’un liquide brunâtre à demi purulent. Dès lors, la température de 380 revient à la normale et le malade sort guéri Le 19 Juillet.
Ïl y a donc eu cicatrisation rapide et complète de la plaie malgré ce gros cordon.
Signalons qu'à ce moment s’est produit un très léger écoulement : une goutte au méat, pas de dysurie. Au microscope on n’a trouvé que des microbes banaux. :
Il a persisté assez longtemps une sensibilité du cordon, de l’orifice inguimal à l’épine du pubis.
Le malade a été revu en mars 1934, neuf mois après : La cicatrice est souple et facilement mobilisable. Le cordon, petit, seléreux, à peine perceptible, vient se perdre à l’épine du pubis, il est indolore.
Le testicule droit est très nettement augmenté de volume. Le patient qui est expert avicole, le compare à un œuf de pintade. Peut-on avoir plus de précision.
La prostate est normale, et, il n’y a pas eu de nouvelles poussées de cystite.
Examen de la pièce (M. Verhiac).