‹ Étude sur les ligaments du péricarde chez l'hommeChapitre 12 sur 29 · I. — GROUPE SUPÉRIEUR DES LIGAMENTS DU PÉRICARDE · texte numérisé non relu

I. — GROUPE SUPÉRIEUR DES LIGAMENTS DU PÉRICARDE

Ces ligaments dépendent tous du système aponévrotique antérieur du cou. Quelques-uns prennent entièrement ou partiellement attache sur le squelette de la partie supérieure de la cage thoracique ; la dissection montre cependant que ces formations ligamenteuses se rattachent toujours au système des aponévroses cervicales.

L'examen des travaux si nombreux parus jusqu'à aujourd’hui sur les aponévroses du cou, permet de constater que les aponévroses cervicales constiluent encore un protée anatomique, qui change de forme avec chaque observateur. Toutes les descriptions diffèrent, aussi bien pour la manière de les comprendre dans lensemble, que pour la façon dont on en décrit les détails, et, en particulier, les connexions avec le sac fibreux péricardique.

Blandin (1), en outre de l’aponévrose prévertébrale, distingue dans la région antérieure du cou trois feuillets aponévrotiques. De ces trois feuillets, le profond va adhérer à la partie postérieure de la première pièce du sternum, sans aller plus loin.

(1) Blandin. — Nouveaux éléments d'anatomie descriptive. Paris, LES I pra 7e.

Il n'est done pas de l'avis de Godman, pour qui ce même

feuillet profond se continue avec le sac péricardique.

Velpeau (1) pense comme Godman. Dans une première édition, parue en 1826, il écrit que « le péricarde se continue sans interruption avec les aponévroses du cou ». [ confirme, en 1837, sa première opinion en disant : «le péricarde se transforme près du cou en lamelles analogues à celles qui enveloppent la trachée-artère, l'œsophage et les gros vaisseaux. C'est ainsi qu'il se confond avec le fascia cervicalis. 5

Cooper (2) décrit un fascia thoracique, situé dans la région intermédiaire au cou et au thorax, el qui laisse derrière le manubrium une ouverture par laquelle passe le thymus. Ïl lui distingue deux parties : lune cervicale, l’autre thoracique. La portion cervicale se dirige en haut, passe sur la trachée et s'unit au feuillet que Burns décrit sous le nom de fascia profond. La portion thoracique « environne l'artère innominée, sur laquelle elle descend, les artères carotide et sous -clavière gauche, et de là s'étend sur les parois de l'aorte ; elle couvre les vaisseaux qui en partent, les unit si mtimément aux os du thorax, qu'on ne peut les séparer qu'à l’aide du scalpel. Une union semblable, mais moins intime, existe aussi entre le fascia, la Surface de la veine innomi-

née el le péricarde. »

(1) Velpeau. — Traité d'anatomie chirurgicale ou anatomie des régions. Paris, 1838, L. I, p. 578 ; — Traité d'anatomie chirurgicale, générale et topographique du corps humain. Paris, 1837, t. I, p. 590.

(2) Cooper. — Anatomie de la glande thymus, du fascia thoracique. Journal hebdomadaire de médecine et de chirurgie pratiques. 2° année, t. VIII, p. 187. Paris, 1832.

Nous dirons plus loin ce qu'il faut penser de la description de Cooper.

Richet a une conception très intéressante et toute nouvelle des connexions cervico-péricardiques. En effet, en arrière de l’aponévrose moyenne proprement dite, qu'il appelle «aponévrose omo-claviculaire », Richet dissèque une pseudo-aponévrose, formée par la gaine celluleuse de la trachée et de l’œsophage sur la ligne médiane, et, sur les côtés, par la gaine vasculo-nerveuse. Ces deux gaines, réunies par des tractus fibreux, forment, « au devant et autour de ces organes, une couche lamelliforme qui les accompagne dans la poitrine ef se jette dans le péricarde.» C'est à cette pseudo-aponévrose que Richet a donné le nom de « {hyro ou cervico-péricardique. » ([)

Tillaux (2) décrit à l'aponévrose moyenne un feuillet profond, situé en arrière des muscles sous-hyoïdiens, el qui, en bas, se porte sur le feuillet fibreux du péricarde.

Pour Sappey (3), l’aponévrose moyenne envoie un feuillet qui, après avoir entouré dans toute leur longueur les troncs brachio-céphaliques, « se continue en bas avec le feuillet externe ou fibreux du péricarde. »

Contrairement à Tillaux, Cruveilhier (4) n’admet pas la continuité avec le péricarde du feuillet aponévrotique situé entre la face postérieure des, muscles sterno-thy-

(1) Richet. — Traité pratique d'anatomie médico-chirurgicale ; p. 671. Paris, 1877. ; (2) Tillaux. — Traité d'anatomie topographique ; p. 459. Paris,

(3) Sappey. — Traité d'anatomie descriptive ; L. IT, p. 172. Paris,

(4) Cruveilhier. — Traité d'anatomie descriptive ; &. 1, p. 592.

Paris, 1871.

roïdiens et la trachée. « C’est, dit Cruveilhier, ce 4° feuillet que Godman faità Lortse continueravec le péricarde. »

Beaunis et Bouchard (1), Debierre /2), Testut (3), etc., admettent la continuité de l'aponévrose moyenne avec le péricarde, les uns directement, d’autres, comme Sappey, par lintermédiaire d’un prolongement qui engaine au passage le tronc veineux brachio-céphalique gauche.

Fayet (4) dit bien que l’aponévrose moyenne et ce qu'il appelle les aponévroses rétro-pharyngiennes entrent en connexion avec le sacfibreux péricardique ; mais il pense que ces connexions se font simplement par l'intermédiaire d'expansions que les feuillets fibreux ou cellulo-fibreux du système cervical, envoient à la gaine vasculo-nerveuse du cou.

Charpy {5) comprend ces rapports d’une manière toute différente. L’aponévrose moyenne se divise en deux lames superposées : 1° la lame superficielle, qui forme la paroi postérieure de l’espace sus-sternal; 2° la lame profonde, qui engaine dans ‘ses dédoublements les muscles soushyoïdiens. En ce qui concerne les relations que présente cette aponévrose moyenne avec le ligament sterno-péricardique supérieur, voicicomment s'exprime le professeur Charpy : «Il existe bien un ligament sterno-péricardique, qui s'attache à la face postérieure de la poignée sternale,

(1) Beaunis et Bouchard. — Anatomie descriptive, 3° éd., 1. 1, p. 249. Paris, 1880.

2) Debierre. — Traité d'anatomie, L. 1, p.328. Paris, 1890.

3) Testut. — Loco citato, L. 1, p. 744.

4) Fayet. — Les aponévroses cervicales ; Thèse de Paris ; p. 60. Lille, 1895.

5) Charpy. — Traité d'anatomie humaine, publié sous la direction de Poirier et Charpy, ?° édition ; t. II, 1°" fasc., p. 418. Paris, 1900. | f

sur la même ligne que l'insertion de l'aponévrose moyenne el quelquefois sur son feuillet postérieur ; mais, outre que ce ligament est peu résistant, il appartient au système propre de suspension du péricarde, lequel est attaché au sternum et aux vertèbres ; il n’est pas une dépendance de l’aponévrose ; quand on lire sur celle-ci, on ne soulève pas le péricarde. »

. Mais Charpy décrit, en outre de cette aponévrose moyenne, une gaine vasculaire et une gaine viscérale. Nous aurons l’occasion de revenir plus loin sur la disposition de ces deux gaines. Disons, pour le moment, que d’après Charpy, la gaine viscérale englobe dans son épaisseur les grosses veines thyroïdiennes inférieures, le tronc veineux brachio-céphalique gauche, et arrive enfin sur le péricarde. C’est une partie de laponévrose thyro ou cervico-péricardique de Richet. Enfin Charpy décrit deux lames placées de champ qui rattachent la gaine viscérale à la colonne vertébrale : ce sont «les cloisons sagiltales. »

Nous en montrerons plus loin l'importance.

Malgré les descriptions si détaillées de Luschka (1), de Henle, de Merkel (2) sur les aponévroses du cou, nous ne trouvons rien de particulier à signaler dans la littérature anatomique allemande. Les uns ne signalent même pas les connexions cervico-péricardiques, d’autres émettent des opinions très variables et se rapprochant de l’une ou l’autre des descriptions des auteurs français, que nous venons de passer en revue. Nous devons cependant signa-

(1) Luschka, — Je Analomie des Menschen. Tome 1°", fase. I p. 432.

(2) Merkel, — Ueber die HalsfacieAnatomische Hefte Wiesbaden, Verlag von J. F. Bergman, 1871, p. 77. —Handbuch des Topographischen Anatomie, p. 24, t. II. Braunschweig, 1899.

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