‹ Étude sur les mémoires de Philippe de CominesChapitre 5 sur 15 · VII · texte numérisé non relu

VII

Quand ils orroient tirer un coup de bombarde. Il, 11.

Rem. Selon Burguy, ces formes avec le double r proviennent des dialectes picard et normand, tandis que le dialecte bourguignon ne donnait qu'un seul r au futur et au conditionnel. (Voyez Burg. I, 370.)

Quérir. — De ce verbe, dont l'infinitif depuis plus d'un siècle a été la seule forme usitée, les formes suivantes ont été employées: Présent de l'indicatif, 3e personne du singulier quiert. Présent du subjonctif, 3e personne du singulier quiere.

10 p. A. Geyer.

Car ils connoissent qae ehacan quiert lenr complaire par œ qu'ils

sont les plus forts. III, 5.

£t est bien grand inconvénient à un pays, quand il faut qu*il quiere

seigneur de pays estrange. VI, 3.

Conquérir. — De ce verbe, l'imparfait du subjonctif, dont Tusage n'est plus permis, a été employé à la troisième personne du pluriel:

£t puis Pise et Florence avoient esté trois cens ans ennemies, ayant que les Florentins la conquissent VU, 4.

Secourir. — De même que le verbe simple courir^ ce verbe composé a déjà revêtu les formes modernes. Il n'y a que le futur et le conditionnel dont la flexion offre une particularité assez remarquable. C'est qu'au lieu des formes régulièrement dérivées de l'ancien infinitif courre^ on trouve un e intercalaire inséré entre les deux r. N'ayant point trouvé courir employé ni au futur ni au conditionnel, il nous est impossible de dire quelles ont été les formes de ce verbe à ces deux temps, mais naturellement il est bien vraisemblable que l'auteur aurait employé pour le verbe simple les mêmes formes qu'il a données au verbe composé. De l'exemple suivant que Burguy a tiré du Glossaire de Roquefort, on peut voir que cette forme avec un « intercalaire n'a pas été tout à fait inconnue dans l'ancienne langue:

Les justes resplendirount et il discurrerount et roseal come estencelles. (Voyez Burg. I, 327.)

Les exemples que nous avons trouvés chez notre auteur sont les suivants :

Qui estoit qu'il deust dire au duc de Bretagne, qu'il n'eust nulle doute ny crainte, que son maistre abandonnast le duc de Guyenne, ny luy, mais les secoureroit de corps et de biens. III, 9. £n luy déclarant qu'au cas qu'il ne voulust ainsi le fuire, il secoureroit ses alliez. III, 9.

Tenir et Venir. — Au passé défini, la troisième personne du pluriel de ces deux verbes est quelquefois écrite avec un d inséré entre la racine et la terminaison. Il faut pourtant remarquer que bien souvent ce d est omis. Burguy (I, 393 — 394.) donne quelques exemples de cette intercalation d'un d^ ce qui prouve qu'elle provient de l'ancienne langue.

Les dits Liégeois se rallièrent un petit à l'entour de leur charroy,

et y tindrent peu. II, 2.

A ce conseil se tindrent ces ambassadeurs de l'Empereur. VI, 3. Durant qu'il conduisait ces traitez, vindrent aucuns gentilshommes

du duc de L. V, 6.

Ceux qui reperdirent ces places, estoient gens assez, combien que

promptement ne se Tindrent mettre dedans l'^^dites places. VI, 4.

Etude sur les Mémoires de Philippe de Comines. H

Troisième Conjugraison.

Chaloir. — Ce verbe , qui a vieilli, et qui selon le Die. de l'Ac. n'est

plus d*usage que dans cette phrase, Il ne nCen chaut ^ est souvent

dans ces Mémoires employé à la troisième personne du singulier de

l'imparfait:

Car de toute autre chose il ne luy en chaloit que d*estre en tréye.

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