L. — Nous avons dit que dans l action des hypobromites sur
Jes sels ammoniacaux (sulfate ou chlorhydrate) l'azote n est pas entièrement dégagé de la solution.
La quantité ainsi absorbée varie sous diverses influences et, en particulier, avec la température, avec la pression et avec la concentration du réactif, toutes choses égales d’ailleurs.
On pourrait chercher à dresser des tables de correction donnant la quantité d'azote absorbé par une liqueur dé concentration déterminée; mais la chose n’est pas facile à faire avec exactitude, on le conçoit aisément, en raison du nombre de facteurs agissant, |
Il est certain que si les conditions d’ expériences restent
les mêmes pendanttoute la durée des dosages (mêmes volumes de réactif'et de liqueur ammoniacale, même température et
même pression), ces différents factéurs agiront dans le même
sens et produiront des erreurs identiques en valeur absolue mais dont la valeur relative (rapport entre l'azote absorbé et l'azote de l'essai) sera d’autant plus considérable que la quantité d'azote de l'essai sera plus faible. D’où l'utilité, pour que les résultats soient absolument comparables, d’opérer sur des prises capables de donner des rendements en azote à peu près semblables.
À part ces inconvénients, beaucoup moins prononcés que pour l’uréé et qui disparaissent presque entièrement avec la glucose, l'évaluatien directe de l’azote a, sur la détermination au moyen des liqueurs titrées. l'avantage d'être un peu plus rapide : car il y a double dosage à faire dans ce dernier cas, et il est évidemment moins long, avec les tables dont on dispose pour abréger les calculs, de réduire un volume de gaz à 0° et à la pression normale dans l'air sec, que de faire deux opérations à l'hypobromite. En tout cas, ce n’est là qu’un simple détail.
IT. — Le grand avantage de l'emploi d’une liqueur titrée, c’est, d’abord, de rendre inutiles les indications barométriques et thermométriques ; ensecond lieu, c’estque les causes d'erreur résultant de l'influence de la température, de la pression, de la tension, de la vapeur d’eau, de la concentration du réactif, etc., disparaissent entièrement ou d'autant plus complètement que l'on fait plus attention à obtenir avec la quantité connue et la quantité inconnue d'ammoniaque des volumes d'azote à peu près égaux ou pes trop différents.
Cette façon d'opérer exige que la pression ne change pas d’un dosage à un autre. Il ne peut pas se produire, en effet, en un temps de si courte durée, un changement capable d’influencer le volume.
Elle exige également qu'il n’y ait pas de variation de température. C’est bien ainsi que les choses se passent si
le
D ee l'on a soin de laisser prendre la température du laboratoire à l’eau de la cuve avant de commencer les dosages.
Au sujet de la solution titrée elle-même, nous avons dit. que nous préférions le chlorhydrate d'ammoniaque au sulfate, bien que le sulfate puisse être employé. Le chlorhydrate d’ammoniaque peut s’obtenir très pur ; de plus, Frésénius a montré qu'il ne perd pas d’ ammoniaque par ébullition de
sa solution aqueuse et qu'il ne change pas de poids non plus
à 100°, ou tout au moins, que la perte est insignifiante. Sa réaction doit être complètementneutre. Il est facile d’ailleurs de vérifier son degré de pureté.
‘ Le sulfate d'ammoniaque, au contraire, bien que pur de corps étrangers, offre rarement une réaction neutre par cela même qu'il perd facilement une partie de son ammoniaque,. ainsi que tous les sels ammoniacaux à acides polybasiques, par la simple ébullition de leurs solutions .aqueuses. Or, la cristallisation de ce sel par refroidissement de sa solution saturée à chaud constitue jee le Cr de le purifier.
Enfin, sa dessiccation à 100° à l'étuve lui fait également perdre de l’ammoniaque. On constate son acidité très sim-
plement en imprégnant une pincée de ce sel d’une goutte de
teinture de tournesol qui rougit alors fortement. On peut cependant ‘obtenir du sulfate d'ammoniaque sensiblement pur en prenant des précautions. ; IT. — Nous conseillons, pour la saturation de la liqueur acide, en présence de la phénolphtaléine, l'emploi d'une lessive de soude autant que possible privée de carbonate. En ‘voici la raison : les lessives alcalines ordinaires du commerce contiennent toujours une quantité considérable de carbonates alcalins dont la proportion varie d'une lessive à une autre. Or, au fur et à mesure que l'on ajoute à la liqueur acide une telle solution alcaline, l'acide carbonique des car-