I. — Dosage de l’urée par l'azotate mereurique
Procédé de Liebig. — Le procédé de Liebig, imaginé en 1853, est un procédé volumétrique. Il repose sur le principe suivant : A Le nitrate mercurique donne, avec une solution d'urée très étendue et à froid, un précipité blanc cristallin qui est une combinaison d'urée et de nitrate Road unie à trois molécules d'oxyde mercurique :
2 CH'Az?0 +4 (AzO:)> Hg + 3470 — CHA 0 (AzO)Ÿ Hg, 3 HgO + 6 AzOSH.
Ce précipité contient pour une partie d’urée tps ue d'oxyde de mercure. Avec des solutions durée de plus grande concentration deux autres composés insolubles et analogues, mais contenant seulement une ou deux molécules de HgO, pourraient se former. La précipitation, dans les conditions que nous venons d'envisager, n’est complète que si le liquide est neutre ou très faiblement acide. On neutralise à mesure, avec ‘une solution de carbonate de soude, l'acide nitrique mis en liberté par le fait de la combinaison de l’urée avec l’oxyde de mercure. Le terme de la réaction est fourni par la coloration jaune que prend le précipité lorsqu'on ajoute du carbonate de soude à une goutte de la liqueur prélevée avec un agitateur.
Tant que l'urée domine, le précipité est ne aussitôt qu il y a excès de nitrate mercurique, le précipité jaune prend naissance. Toutefois, comme dans le dosage des phosphâtes par la liqueur d’urane, il faut que la solution mercurielle conuenne non seulement la quantité de sel suflisante pour
Ne
précipiter l'urée, mais encore l'excès nécessaire pour faire apparaître la coloration jaune finale.
Osservarions. — Le procédé de Liebig appliqué à une solution d’urée pure donne des résultats variables suivant la manière dont on procède à la neutralisation et suivant la concentration ; les écarts peuvent s'élever jusqu'à 14 p. 100.
Appliqué à l'urine, les erreurs sont encore plus aecentuées :
les sulfates, phosphates et carbonates urinaires précipitent le sel mercurique comme le fait l’urée.[,/ammoniaque, le carbonate d’ammonium, la créatinine, la créatine, l’allantoïne, la guanidine, l'acide urique, la leucine, la tyrosine, l'albumine, etc., sont dans le même cas. 5
Les chlorures donnent avec l'azotate mercurique du chlo-
rure mercurique qui ne précipite pas l’urée; de sorte que le.
réactif ne précipitera l'urée que lorsqu'on en aura ajouté une
quantité suflisante pour transformer tous les chlorures en .
HgCP. L'iodure de potassium que l'urine renferme fréquemment serait aussi une Cause d'erreur. \ F Pflüger a profondément modifié ce procédé : « Élimination des sulfates, phosphates, carbonates et urates par une liqueur barytique composée de solutions saturées de nitrate de baryum et de baryte caustique dans la proportion de un pour deux: correction, au moyen d’une formule empirique, si la quantité d’urée dépasse 20 p. 100; correction due à l’acidité ; élimination des chlorures par le nitrate d'argent. » L'erreur provenant de l’'ammoniaque peut être évitée en faisant un dosage spécial de ce corps. Enfin, la neutralisation se fait plus commodément si l’on substitue au carbonade de soude, ainsi que l’a conseillé M. Schutzenberger, une bouillie de carbonate de chaux qui transforme en nitrate de chaux l'acide azotique au fur et à mesure de sa formation.
Malgré ces nombreuses modifications qui compliquent baaucoup l'opération, les résultats obtenus sont incertains
parce qu'il reste encore des substances agissant sur le réactifmercuriel. Ce procédé, assez fréquemment encore HP en Allemagne, doit donc être complètement abandonné.