II. — Dosage de l’urée par l'acide azoteux
D'après les ob ies de Gréhant, Woœæbhler, Liebig, Ludwig, Boymond, il résulteque, sous l'influence de l'acide
azoteux «réactif de Millon », l’urée se décompose en donnant
des volumes égaux d'acide carbonique et d'azote. Le réactif de Million est une solution faite à froid avec
125 grammes de mercure et 168 grammes d'acide azotique
de D — 1,42, étendu de façon à marquer 1,6 environ. Ce liquide renferme de l’azotate de mercure mélangé à de l'acide azoteux et de l'acide azotique.
La réaction sur l’urée peut s exprimer Pe l' de Sue
vante :
CH'Az?0 + AzO?H + A2O3H = Az? + CO? + AzO*AzH® + H20.
On obtient donc tout l'azote de l’urée et tout le carbone
sous forme d'acide carbonique.
Des nombreux procédés basés. sur ce principe, tous font intervenir l’action de la chaleur pour que la réaction soit complète, sauf un seul, celui de M. le professeur Bouchard,
Nous exposerons brièvement les trois ee suivants comme étant les plus connus en France. : : ‘
1° Procédé de M. Gréhant, — M. Gréhant se sert de la pompe pneumatique à mercure pour extraire le gaz provenant
de la décomposition de l’urée. L'urine est aspirée dans un long
tube de verre dans lequel on a fait le vide préalablement avec la pompe; on y fait pénétrer l'urine par une simple manœuvre de la machine ; on extrait le gaz qu'elle contient ; on complète cette extraction en plongeant le tube dans l’eau chaude;
puis on y fait pénétrer de la même façon le réactif mercuriel, généralement préparé au moment de l'opération en faisant dissoudre un gramme dé mercure dans 10 centim. cubes d'acide azotique pur.
La réaction s'effectue ; on plonge comme tout à phone le tube dans l’eau chaude pour achever la décomposition et et extraire complètement les gaz formés. Comme il se pro duit constamment dans la réaction, en dehors de l'azote et de l’acide carbonique, une assez grande quantité de vapeurs nitreuses, on les absorbe par une dissolution de sulfate de protoxyde de fer. L'’acide carbonique est absorbé par la potasse et il reste l'azote. On ramène les-volumes -à 0° et 760 millimètres dans l'air sec.
Les volumes d'azote et d'acide carbonique obtenus dans
Se cet appareil doivent être égaux.
Remarque. — Ce procédé donne des résultats satisfai-
sants, mais il a le grave inconvénient d' exiger un appareil
très coûteux qui ne se rencontre généralement que dans les laboratoires de physiologie ; et de plus, il est d'une exécution assez délicate, ce qui lui enlève son côté pratique.
2 Procédé de M. Boymond. — Dans ce procédé, l'azote et l’acide carbonique sont déterminés par la pesée. L'auteur se sert d’un appareil spécial. Comme précédemment, le dégagement gazeux commence à froid ; on termine la réac-
tion en plaçant l'appareil sur un bain de sable faiblement
chauffé, de façon à ne pas porter à l’ébullition.
Le bioxyde d’azote qui se dégage est absorbé avec une bouillie obtenue en mélangeant de l'acide sulfurique pur et concentré avec du sulfate de protoxyde de fer pulvérisé. On chasse les gaz produits par aspiration. On pèse l'appareil
avant et après l'opération avec une balance de précision.
Le perte de poids correspond à l'acide carbonique et à
l'azote qui ont pris naissance,
Onservarions. — Les gaz libres qui se trouvent en solution dans l'urine se dégagent dans le cours de l'opération sous l'influence de la chaleur et occasionnent une légère cause d’erreur.: On a recommandé pour opérer avec plus d’exactitude de chauffer préalablement et légèrement l'urine avec un peu d'acide tartrique. D'autre part, pour quelques auteurs, parmi lesquels Garnier et Schlagdenhauffen, Neubauer et Vogel, le réactif n’agit pas sur les matières azotées autres que l'urée; pour d'autres, H. Danlos, Kaufmann, il détruirait quelques substances telles que acide hippurique, l'allantoïne et des matières extractives. — Quoi qu'il en soit, les manipulations supplémentaires que nous venons d’indi-
quer, sans compter les causes d'erreurs, exigent un certain
temps qui augmente la durée de l’opération réclamant déjà par elle-même trois quarts d'heure environ. Toutes ces rai-
sons rendent ce procédé d’une application difficile et font
qu'il est très peu employé.
3° Procédé de M. Bouchard. — C'est lé seul procédé, nous.
l'avons dit, qui ne fasse pas intervenir la chaleur, et c'est le seul aussi vraiment clinique déduit de la réaction de Millon.
Dans un tube gradué fermé par un bout et maintenu verti-
calement, on verse 5 à 6 centim. cubes de réactif de Millon, or ajoute ensuite une colonne de chloroforme s’élevant à 10 centim. environ de l'extrémité ouverte du tube, puis 2 centim. cubes d'urine et on achève de remplir avec de l’eau. Le chloroforme sert done de diaphragme pour empê+ cher le réactif et l’urine de se mélanger tout d’abord. On ferme le tube avec le doigt, on le retourne et on le débouche dans un verre plein de chloroforme. Quand le dégagement gazeux a cessé, on porte l'appareil sur une
éprouvette pleine d’eau et l'on agite pour remplacer par
de l'eau le contenu primitif du tube. On absorbe l'acide carbonique par un fragment de potasse et l’on. mesure
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