‹ Étude sur les monuments de l'architecture militaire des croisés en Syrie et dans l'Ile de ChypreChapitre 14 sur 28 · BEYROUTH · texte numérisé non relu

BEYROUTH

A Beyrouth il ne subsiste plus, des travaux maritimes élevés parles

Fig. hh.

croisés, que le quai a et deux grosses tours carrées dites tours des Génois,

elles défendaient le petil port <|iu sert encore à la douane el dont je |onis ici le plan. V la (dus grande des deux vient s'appuyer la jetée moderne du port; celle loin possède une citerne el pouvait servir de refuge en cas de besoin à une partie de la garnison de la ville. Ces défenses, qui devaienl avoir quelque analogie avec le château de \laraclée, sonl peu éloignées du rivage auquel elles étaient reliées par une petite jetée formanl le côté oriental du port, et dont j'ai \u les restes il v a moins de dix ans. Ces deux ouvrages oui encore aujourd Imii environ 6 mètres de hauteur, el la tour b sert de soubassement à une construction turque relativement moderne, ruinée parles boulets anglais en 18/10. Sur ses débris on a installé récemment un ïeu destiné à fixer les positions des navires qui viennent mouillera Beyrouth. Quant a la jetée c, <|iu ferme aujourd'hui le port vers le nord, je l'ai vu construire, il v a peu d'années, sur les restes de la jetée du moyen âge dont les débris se distinguaient fort bien sons l'eau. Quanl à la passe actuelle il, elle a été ouverte dans la jetée du moyen âge lors de l'établissement du porl moderne.

DJEBLEH.

J'ai dit qu'on voyait encore à Djebleh les restes d'un port remon-

Vir, h r,

6oT

176 MONl MENTS DE L'ARCHITECTURE MILITAIRE, ETC.

lanl à l'époque où celle ville faisait partie de la principauté d'Antioche. Il est de loi l petite dimension <'t plus qu'à moitié comblé par le sable. On le tailla dans le roc, et une tour barlongue A, dont je vis les substructions en i85<j, commandait la passe. Cet ouvrage était isolé de la terre ternie par une coupure b assez profonde pour former une défense sérieuse, mais qui, toutefois, s'arrêtant presqu'à Heur d'eau, ne pouvait permettre à aucun navire de pénétrer dans le port de ce coté. Ce poil ne paraît pas avoir jamais été pourvu de quais.

LAODICEE.

V Laodicée le port consistait en une petite baie qu'une ligne <1<>

4oo

récifs fermait du côté du large. On ne pouvait entrer dans ce moui

lage que par une passe étroite resserrée entre la tour \ . qui aujourd'hui porte le phare moderne, et l'extrémité de la jetée, construite sur les rochers el dont le musoir était encore intact il y a quelques

aimées. La tour <[iii défendait cette entrée esl de grande proportion et affecte, ainsi qu'on en peut juger par le plan, une forme assez singulière : elle esl kîlie en équerre dont l'angle serait noyé dans un segmeiil de cercle. On voit encore un énorme anneau de 1er scellé dans la hase de cet ouvrage du côté de la passe, et qui était destiné à attacher la chaîne du port.

Nous savons par les historiens arabes que cette tour était considérée comme l'ouvrage le plus sérieux des défenses de la ville de Laodicée , fort commerçante à cette époque. Un tremblement de terre, survenu en 1287, ayant endommagé les murs de la ville ainsi que la tour qui nous occupe, et renversé le phare qui la couronnait , l'émir de Sahyoun, Hassan-ed-din-Torontaï, profita de cette circonstance pour s'emparer de Laodicée. Ayant donc assiégé la tour du port, il plaça ses machines sur la jetée dont on voit encore les restes el qui reliai! la tour a la terre ferme. Les murs de cet ouvrage avaient été fort ébranlés par le tremblement de terre et ses défenseurs durent capituler le dimanche 5 de rabi premier 686. Des quais, dont on voit en B une partie assez considérable, avaient été établis sur le pourtour de ce port, qui, bien que s'ensablant chaque jour, sert pourtant encore de refuge aux barques des pécheurs de la ville moderne de Lattakieh.

Page 1