‹ Étude sur les monuments de l'architecture militaire des croisés en Syrie et dans l'Ile de ChypreChapitre 7 sur 28 · BLANCHE- GARD K · texte numérisé non relu

BLANCHE- GARD K

Le château de la Blanche-Garde s'élevait entre Jérusalem et Ascalon, au sommet d'une colline dominant la plaine <jui s'étend des montagnes de la Palestine à la Méditerranée. Le nom de cette forteresse n'était que la traduction littérale de l'appellation arabe de la hauteur qu'elle couronnait, et que les indigènes désignent encore aujourd'hui par les mots Tell-es-Saphieh, que les chroniqueurs des croisades traduisaient par Mons Clarus.

Ce château lut construit vers l'année iifio par le roi Foulques, pour concourir, avec la forteresse d'Ibelin et la ville d'Ascalon, à la défense de cette partie des possessions chrétiennes contre les agressions des musulmans d'Egypte. Par la suite, il fut donné en fief à une branche de la maison de Barut, qui prit le nom de la Blanche-Garde1.

Le plan de ce château paraît avoir beaucoup ressemblé à celui de Giblet, si nous en jugeons par ce qui subsiste encore et par le passage suivant de l'historien Guillaume de Tyr2 :

ce Lbi edificant solidis fundamentis et lapidibus quadris opte pidum cum turribus quatuor congruœ altitudinis. n

Malheureusement il ne reste plus actuellement que les ruines de deux tours rectangulaires tournées vers le sud et les fondations des

' Familles d'outre-mer, p. a4o. — 2 Guillaume de Tyr, 1. XV, cli. xxv.

\-l\ MONUMENTS DE L'ARCHITECTURE MILITAIRE

courtines qui entouraient le donjon. I n amas de décombres \ occupant le centre <ln château el un fragment de muraille me paraissent indiquer aujourd'hui la place de cet ouvrage. Ce (jni me confirme dans

IV;. 3g.

Échelle

cette idée, c'est que les Arabes du village moderne de Tell-es-Saphieh furent unanimes à me répondre que les débris que j'avais sous les yeux étaient les restes d'une grande tour détruite depuis bien des

aimées et qui jadis s'élevait au milieu de cette enceinte. Le revêtement des murs était composé de pierres d'assez grand appareil taillées à bossages.

Au sud se voient en B les arasements d'une partie des murs soit d'une basse-cour, soit d'un ouvrage avancé couvrant de ce côté les approches du château.

Cette forteresse tomba au pouvoir de Saladin à la suite de la bataille de Hattin. en 1 1 87.

Aujourd'hui il ne subsiste plus du château d'Ibelin que des débris informes, perdus au milieu des maisons du village moderne d'Ebneh; cependant je serais tenté de croire, d'après le passage suivant de Guillaume de Tyr1 : ce Premièrement gitèrent les fondemens, après firenl tt quatre tors,» que cette forteresse, élevée dans la même année que Blanche-Garde, dut elle-même être bâtie sur un plan à peu près semblable à celui des quatre châteaux dont j'ai parlé dans le cours de ce chapitre.

Le même auteur, au XXe livre, xixe chapitre, décrit en ces ternies

le château du Darum, élevé par le roi Amaury : et Fundaverat

crautem dominus rex ibi castrum niodicœ quantitatis, vix tan-

fftum spatium intra se continens quantum est jaclum lapidis, forma1 rrquadrae, quatuor tunes habens angulares, quarum una grossior et ermunitior erat aliis; sed tamen absque vallo erat et sine antemurali. v

H y a donc heu de conclure de ce passage, que le château, dont il est question et dont, malheureusement, il ne subsiste plus de traces. était également carré, flanqué de tours aux angles et muni d'un donjon.

' Guillaume de Tyr. 1. \\. ch. x\\.

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