Rameau fructifère après la chute des sporanges
CHOETOCLADIUUI.
Fres., pl. 23. fi g. 64-70.
Le premier Chœtocladium connu est celui qui a été décrit par MM. Berkeley et Broome sous le nom de Botrytis Jonesii , puis étudié par Fresenius qui en fit un genre distinct sous le nom de Chœtocladium Jonesii. Plus tard, MM. de Bary et Voranine se sont occupés de cette plante dont ils considèrent les fructifications comme de simples conidies ou spores acrogènes. M. Brefeld sous le nom de Chœtocladium Jonesii décrivit un autre Chœtocladium dont les spores sont beaucoup plus petites que celles du précédent. Enfin M. Van Tieghem reprit ces études, démontra que les prétendues conidies ne sont autre chose que des sporanges monospermes ; constata que cette plante n’était que facultativement parasite et fit du Chœtocladium de M. Brefeld une espèce nouvelle, le Chœtocladium Brefeldii. Je vais essayer de décrire ces plantes en commençant par cette dernière.
CHŒTOCLADIUM BREFELDII.
Le Chœtocliadium Brefeldii est. une plante à végétation indéfinie qui à la manière du Circinella se déroule en guirlande à travers les tubes des autres Mucors. Mais ce mode de végétation
diffère de celui du Circinella par la propriété que possèdent les filaments de se souder aux tubes des Mucors qu’ils peuvent rencontrer. Il se produit au point de contact une résorption des membranes et le tube du Mucor devient continu avec le filament du Chœtocladium. Puis, apparaissent des nodosités, sortes de tubercules formés par les ramifications courtes et enchevêtrées des crampons et destinés à servir de réservoirs nutritifs. Ces tubercules peuvent se produire également au milieu de filaments isolés du Chœtocladium, et donner naissance à des nouveaux filaments fructifères.
Les filaments fructifères, qu’ils proviennent directement du mycélium ou de ces tubercules, sont des tubes très allongés garnis de séries de verticilles fort remarquables. Une tige principale après s’être développée convenablement se renfle un peu à son extrémité qui devient comme tuberculeuse par suite des bourgeons qui se forment. Ces bourgeons sont de nombre variable, souvent cinq, dont quatre latéraux et un terminal qui continue à s’accroître soit en une longue pointe soit en une tige qui portera plus tard un nouveau vertiçille. Les quatre bourgeons latéraux se développent de la même manière. Chacun d’eux s’allonge un peu puis se renfle à son tour en une sorte de massue irrégulière présentant quatre ou cinq nodosités dont une terminale qui devient une longue pointe.
Ces nodosités latérales prennent de l’extension, et se terminent par des mamelons de forme irrégulière et sur lesquels les spores se produisent simultanément et sont supportées chacune par un petit pédicelle. Tel est un premier aspect de cette plante curieuse. Bientôt chaque mamelon d’abord globuleux se modifie à son tour et prend un aspect différent, il se produit une pointe au sommet, et trois ou quatre bras latéraux sur lesquels se trouvent les spores à leur maturité. Lorsque les spores se sont détachées, les ramifications diverses munies à chaque étage d’une longue pointe, forment un ensemble qui paraît très compliqué.
Les spores du Chœtocladium Brefeldii sont rondes, incolores ou à peine teintées de bleu et mesurent 0 ,mn ,0045. La membrane qui renferme chaque spore et dont elle s’échappe pour germer est mince et finement granuleuse M. Brefeld a eu la bonne fortune de rencontrer les zygospores de cette plante et d’en obtenir la germination.
CHŒTOCLADIUM JONESII.
Le Chœtocladium Jonesii se distingue au premier abord par la grosseur de ses spores bleuâtres, mesurant 0 mm ,0063 à 0 mm ,008. On le reconnaît facilement à l’œil nu lorsqu’il est mûr au milieu même du Chœtocladium Brefeldii par ses fructifications qui paraissent grises. Son développement est le
même que celui du Chcetocladium Brefeldii .
Comme ce dernier il vit en parasite sur les Mucors. Ses sporanges monospermes et bleuâtres sont recouverts de petites aspérités très nettement visibles. Dans la glycérine la couleur se dissout un peu et pour voir les aspérités il est nécessaire d’employer un fort grossissement. Enfin cette plante est beaucoup plus vigoureuse et plus grande que le Chcetocladium Brefeldii.
Les spores en germant fournissent encore un caractère distinctif surtout si la culture est obtenue dans une goutte de jus d’orange et à l’abri des spores étrangères.M. Van Tieghem le premier a obtenu ce mycélium.
Les spores du Chcetocladium Brefeldii germent en produisant un ou deux tubes allongés munis de crampons latéraux. Tandis que les spores du Chcetocladium Jonesii se développent en autant de tubercules vigoureux et les fructifications qui en émanent acquièrent une très grande complication. Quant à la composition des verticilles sporangifères elle est à peu près la même que celle du Chcetocladium Brefeldii. La seule différence paraît consister en ce que les dernières pointes qui surmontent les mamelons garnis de spores se développent habituellement avant les spores tandisque souvent chez le Chcetocladium Brefeldii elles ne se développent qu’après.
MORTIEltËLLil.
Cœm. ’Pl. 24, fig. 80. M. Van Tieghem. An. Sc. nat . 1873.
Les Mortierella se distinguent des autres Mucorinées à sporanges sphériques par l’absence de columelie. Ils se rapprochent des Syncephalis par leur mycélium fréquemment anastomosé. Enl863, Cœmans fit connaître le Mortierella polycephala, décrivit les filaments fructifères rapprochés en touffes, hauts à peine de 0 mm ,25Q, renflés à la base, effilés au sommet, se terminant par un gros sporange à paroi lisse et diffluente, et dépourvu de columelie. Il reconnut que, sous ce premier sporange, la partie effilée du filament développe de haut en bas quelques rameaux grêles terminés par des sporanges semblables, mais plus petits. Enfin que les spores assez petites, et généralement ovales ou arrondies, ont souvent une forme et une dimension inégales dans chaque sporange, sansexospore distinct mais souvent avec un noyau très réfringent, caractère qui manque aux autres Mucorinées. Telle est la plante que Cœmans a fait connaître. M. Van Tieghem reprit son étude dans un travail très étendu et très complet, publié en 1873, et fit connaître en même temps de nombreuses espèces nouvelles. Je ne puis que résumer les observations qui ont été données en les confirmant.
MORTIERELLA POLYCEPHALA.
Le Mortierella polycephala est une plante commune que je cultive encore en ce moment dans l’espérance d’obtenir les zygospores ; sur un point du mycélium très rameux et fréquemment anastomosé se forme une grosse branche qui se redresse. A sa base se produit des ramifications qui permettent à la plante de se développer en conservant sa position verticale. Ces ramifications sont des crampons à l’aide desquels le Mortierella se fixe sur les substances solides. Plus tard, quelques-uns de ces crampons formeront de nouvelles branches verticales et de nouveaux individus. Pour le moment, ne nous occupons que de la première branche qui se développe sur le mycélium. Au début, c’est un filament plus gros que les filaments du mycélium. Bientôt il s’allonge en diminuant progressivement de diamètre et porte une sphère à son extrémité. Cette sphère se remplit de protoplasma et se sépare par une cloison qui se forme au niveau du point où elle se rattache au filament. Cette cloison est plane ou légèrement bombée. Bientôt le protoplasma s’organise ; il se forme des spores de la même manière que chez les autres Mucorinées. Ces spores sont rondes et mesurent 0 ram ,0126 à 0 mtn ,103. La glycérine, en contractant le protoplasma intérieur, permet
quelquefois de distinguer leur membrane. La membrane du sporange qui les emprisonne est presque tout entière diffluente ; il ne subsiste qu’une faible portion à l’extrémité du support.
Après la résorption de la membrane, les spores se répandent. Le développement terminal est toujours arrêté par un sporange, mais, après la maturité des spores du sporange terminal, on voit apparaître un peu au-dessous, et sur le filament fructifère, deux ou trois petits rameaux grêles, nés à angle droit à peu de distance les uns des autres et portant chacun un petit sporange. Ces sporanges secondaires se développent ensemble; ils ont, du reste, la même forme et la même composition que le sporange terminal.
Quand ce premier filament fructifère a terminé ses fonctions, il se développe à sa base toute une série de filaments semblables qui se comportent de même.
Les stylospores naissent sur les filaments mycéliens sous forme de petites sphères hérissées d’aspérités. Ces stylospores se produisent isolément sur un court pédicelle et sont quelquefois réunis par groupes sur un renflement d’une branche du mycélium.
MORTIERELLA CANDELÀBRUM.
Le Mortierella candelabrum se distingue facile-
ment du précédent. La tige principale terminée par un sporange que je décrirai tout à l’heure présente des ramifications d’une forme spéciale. Vers le tiers inférieur naît une branche dont la direction fait à l’origine un angle droit puis s’allonge horizontalement et décrit une courbe pour devenir verticale, elle diminue ensuite de diamètre et se termine par un sporange. Des rameaux prennent naissance sur la partie horizontale et aux dépens de la partie supérieure de cette première branche. Ces rameaux s’élèvent verticalement, diminuent peu à peu de diamètre et se terminent encore par un sporange. Quelquefois et simultanément la même chose se produit à-droite et à gauche de la tige principale. On voit ainsi se produire la forme d’un candélabre d’où la plante tire son nom. Mais cette plante peut encore porter une série de ramifications nées les unes sur les autres extérieurement en formant un angle aigu.
Sa hauteur peut dépasser deux millimètres.
Les crampons qui se trouvent à l’extrémité inférieure ordinairement un peu renflée sont formés de filaments étroits dès leur origine, plus ou moins ramifiés, qui s’étalent à la surface des liquides ou saisissent les corps étrangers.
Le sporange est sphérique. La membrane externe est diffluente, et ne laisse qu’un lambeau à l’extrémité du support. La columelle est rem-
placée par une petite membrane plane ou à peine bombée. Les spores sont petites, ovales et rarement rondes, leur forme est variable.
Elles mesurent: 0 mm ,0063 sur 0 mm ,0021.
Cette espèce est probablement la même que celle que M. Van Tieghem a décrite. La seule différence consiste dans des spores qui sont ovales au lieu d’être rondes.
Je l’ai trouvée très Souvent, la première fois sur des mouches mortes dans une culture de Saprolegnia ferax, puis sur des agarics où elle paraît très commune.
J'ai constaté quelques clamydospores mycéliennes mais pas encore de stylospores.
EXPLICATION DE LA PLANCHE
1 à 4. — PIrella eircinana.