‹ Étude sur les mucorinéesChapitre 20 sur 24 · Sporanges munis de leur tête · texte numérisé non relu

Sporanges munis de leur tête

PIPTOCEPIIA.IiIS.

De Bary et Voronine. Beitrâge, 2° série, 1866.

Les Piptocephalis sont desMucorinées connues depuis 1864. M. Fresenius signala une première espèce dont l’étude a été reprise par MM. de Bary et Voronine sous le nom de Piptocephalis Freseniana. M. Brefeld comme ses devanciers crut que les corps reproducteurs étaient des conidies mais trouva les zygospores de cette plante. Enfin, M. Van Tieghem constata que les spores se formaient à l’intérieur d’un sporange et décrivit un très grand nombre d’espèces.

PIPTOCEPHALIS REPENS.

Le Piptocephalis repens de M. Van Tieghem est l’un des plus communs, je l’ai trouvé un très grand nombre de fois sur le crottin de cheval, je l’ai cultivé également sur des amandes douces, de la farine de lin et du pain sans pouvoir réussir à l’obtenir isolé en cellule. Il vit en parasite sur les autres Mucorinées, maisil est probable que comme les Syncephalis il pourrait se cultiver directement. Les Piptocephalis sont caractérisés par leur développement dichotome et le groupement de leurs sporanges non ramifiés sur une tête qui tombe, tu'-tcto) xetfr/Xvy

Le Piptocephalfs repens est une plante stolonifère, elle émet dans tous les sens de longs filaments qui retombent sur le substratum, se dichotomisent en formant des crampons, puis une tige se dresse. Cette tige donne naissance à son sommet à une série de dichotomies, ces dichotomies naissent toutes dans le même plan et forment comme un petit arbrisseau en espalier.Les ramifications sont ordinairement de plus en plus courtes, les dernières se terminent par une rosette de sporanges remplis tout d’abord de protoplasma homogène et réunis ensemble par leur base, bientôt les sporanges s’isolent par une cloison et laissent au-dessous d’eux une sorte de réceptacle appelé tête. Cette tête sert par sa forme à caractériser certaines espèces. Dans le Piptocephalis repens elle est conique, plus dilatée au sommet qu’à la base. Le sommet présente de nombreux mamelons séparés en plusieurs groupes par des sillons. Lors de la maturité ces têtes ne renferment que très peu de protoplasma, elles appartiennent plutôt au support.

Les sporanges qui les surmontent sont de petites baguettes dans lesquelles le protoplasma ne tarde pas à se séparer en plusieurs petites masses très nettement visibles à ce moment et qui constitueront les spores. Puis la membrane du sporange se résorbe et les spores ressemblent à des conidies placées bout à bout. Ces spores sont

très inégales, et mesurent 0 mra ,0042 et 0 mm ,005.

Les sporanges qui les renferment mesurent 0 mm ,0231 environ et contiennent chacun quatre ou cinq spores. A la maturité la tête s’isole du support par une cloison. Les spores demeurent quelque temps réunies par une matière mucilagineuse en une boule au sommet des filaments et ne se dispersent que plus tard, elles tombent en entraînant la tête qui les porte.

De nombreuses cloisons se forment dans tout le support qui se flétrit. Sur ce même support, au début incolore mais qui est devenu jaunâtre, on peut distinguer des sortes de canelures longitudinales.

PIPTOCEPHALIS FRESEN1ANA.

Le Piptocephalis Freseniana possède des filaments fructifères très allongés et toujours dépourvus de crampons.

Souvent la première dichotomie est très courte, et, presque du même point, partent quatre branches très allongées. Chacune de ces branches se dichotomise plusieurs fois, et porte, au sommet, des ramifications régulièrement de plus en plus courtes, des rosettes analogues à celles que nous avons étudiées plus haut. Les têtes qui portent les sporanges sont coniques; le plus grand diamètre est au sommet. La surface supérieure est hérissée

de mamelons séparés en groupes par des sillons. Les sporanges renferment des spores cylindriques de 0 mm ,0063 sur 0 mm ,0042. A la maturité, les filaments se colorent en brun. Cette plante diffère du Piptocephalis arrhyza qui est rougeâtre et dont les dernières branches sont bilobées, et du Piptocephalis çruciata dont les dernières ramifications sont beaucoup plus longues que les avant-dernières. C’est encore une grande espèce.

PIPTOCEPHALIS CYLINDROSPORA.

Espèce nouvelle.

Ce Piptocephalis est beaucoup plus petit dans toutes ses parties que les précédents. Je l’ai rencontré fréquemment cette année sur les substances les plus diverses, notamment sur de la farine de lin. Il ne possède pas de crampons, mais les filaments sont très longs relativement et ramifiés.

Il se distingue déjà du Piptocephalis fusispora qui porte comme lui une tête arrondie. Ses tiges et ses ramifications ont sensiblement le même diamètre et diminuent successivement de longueur, La dernière branche porte sur un petit épatement son extrémité à la tête sphérique. Les sporanges renferment des spores plus longues que larges, mesurant 0 mm ,0042 sur 0 mm ,0021. Ce caractère distingue cette plante du Piptocephalis sphœrospora. A la maturité, les spores se détachent, et souvent

la tête qui les portait reste fixée au support; il est alors très facile de l’étudier. C’est une sorte de petite boule hérissée d’aspérités sur lesquelles les sporanges étaient fixés. Ces sporanges mesurent 0 mm ,0252. Enfin cette petite plante se colore en brun jaunâtre à la maturité.

EXPLICATION DE LA PLANCHE

Page 1