‹ Étude sur les mystères au moyen âgeChapitre 12 sur 35 · E. Morice, passim^ p. 40 et · texte numérisé non relu

E. Morice, passim^ p. 40 et

2. Mone, Schauspiele des Mittelalters. Manheim, 1852, et Karl Hase, Dus gelslllche Schauspiele. Leipzig, 1858. La planche assez informe de ce nnannscrits a été reproduite dans Kœnnecke, Bilderatlas fur Gcschichte der NationaUite^ ratur. iMarbnrg, 1887, p. 54 et 55.

3. Aujourd'tîui en la possession de M. Funck-Brentano, reproduit parCurmer, p. 189.

4. Les détails du réulistne le plus ignoble abondent dans les Mystères et du

et un magistrat, en robe rouge, assiste à [rexéculion. L'empereur Decius est près de la patiente, des diables se tiennent derrière chacun des bourreaux, les excitant « à la méchanceté ». L'estrade sur laquelle est cette scène est à peu près de la hauteur d'un homme; elle est établie sur des fascines et fait le diamètre d'un cercle formé par la ligne des loges en demi-cercle.

Nous sommes donc en présence d'un Mystère représenté à la façon du théâtre antique, avec cette différence que les gradins sont remplacés par des loges; autour de l'échafaud et contre lui l'auditoire est debout ; plus loin, en amphithéâtre se trouvent des échafaudages constituant des loges où sont des personnages. A l'extrémité gauche des loges, près de la scène, se trouve l'Enfer simulé par une énorme tête de dragon qui se raccorde avec le plancher de l'estrade, et permet aux diables de passer, de plein pied, de la scène à l'Enfer. Si l'on parcourt les loges, on voit que Tune d'elles est réservée pour représenter le Paradis ; on aperçoit les anges, le chœur des Bienheureux, et à côté l'orchestre composé de nombreuses trompettes, de formes plus ou moins biscornues, et d'un orgue avec ses nombreux tuyaux. Le Paradis communique avec la scène par un praticable ou long escalier de bois qui passe par-dessus la tête des assistants debout. Ceci nous prouve que certains acteurs étaient en même temps spectateurs et se tenaient, suivant les circonstances, de la loge sur Téchafaud ; Dieu le Père, par exemple, présidait à la représentation en spectateur; c'était la façon la plus vraisemblable de lui faire jouor son rôle, puisqu'il n'était pas acteur du drame, mais seulement le juge suprême, qui, de haut, assiste aux événements et dont rien ne peut troubler la sérénité. Quelquefois il descendait de son trône comme le « deus ex machina » des anciens et apparaissait sur la scène pour changer la face des choses.

Dieu le Père n'était pas seul à prendre part à la représentation ^ du Mystère comme acteur et comme spectateur, car toujours, dans

reste certains livres religieux ne se privent pas (plus que les théâtres) de les représenter.

lamême miniature, nous voyons surTéchafaud un monarque qui représente évidemment Tempereur Decius faisant martyriser sainte Apolline; dans la loge centrale, le siège du président, une « chaiere » toute garnie de coussins est vide, et une échelle semble montrer suffisamment qu'il vient delà quitter. Nul doute que le président ne soit le roi qui apparaît sur la scène à certains moments. En un mot, le spectacle s'étendait à tout Tauditoire.

Dans le Mystère de Saint-Didier ^ Tempereur Honorius jouait à peu près le même rôle que l'empereur Decius. Pendant tout le temps qu'il n'agissait pas (et son rôle était assez court), il demeurait assis sur son trône comme un mannequin, mais ce trône, au lieu d'être dans une loge de spectateurs, était sur la scène dans la mansion qui représentait le palais impérial.

Nous avons vu le Paradis dans le Mystère de la Pa552on de Rouen, en 1474, avec Dieu le Père, sur la scène, au même étage que les autres mansions; nous le verrons encore disposé ainsi, dans le Mystère de Vafenciennes, de 1S47. Mais celte position était loin d'èlre fixe ; le plus souvent, le Paradis s'élevait au-dessus des autres mansions et devait les dominer; il était alors au second étage. On trouve la preuve de cette élévation du paradis dans les Miracles de Notre-Dame où Jésus descend du Ciel en personne avec son cortège accoutumé*; dans celui de la Résurrection où Jésus-Christ s'élève avec cinquante et une âmes figurées par des effigies en papier ou en parchemin; car cinquante et une personnes auraient été trop lourdes à soulever par des trucs. Dans le Mystère du Vieil Testament onivonve continuellement des mentions de ce genre « ici l'ange remonte au Paradis » ou bien « descend du Paradis »-. C'est sans doute en raison de son élévation au-dessus du reste des décors que l'on a donné le nom à^ para-, dis aux galeries supérieures des salles de spectacle modernes \

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