‹ Étude sur les mystères au moyen âgeChapitre 22 sur 35 · Voir Mercier de Compiègne, L'Éloge du sein des femmes · texte numérisé non relu

Voir Mercier de Compiègne, L'Éloge du sein des femmes

Dans le Mystère de Sainte-Barbe, la sainte apparaît nue aux yeux du public ; il se présente là pour nous un problème délicat, car nous voyons que la sainte était figurée par un homme à Metz en 1468. Comment donc un homme nu pouvait-il représenter une femme nue? Lui mettait-on un maillot? C'est assez vraisemblable, car certains Mystères joués en hiver ne permettent pas de supposer que les acteurs eussent pu se tenir en plein air dans un costume si léger Certains bibliographes expliquent le fait en disant que la sainte n'apparaissait que nue jusqu'à la ceinture; mais cette explication n'est pas suffisante et n'atténue quefaiblemetit l'invraisemblance.

2. Voir Didron, Histoire de Dieu, p. 205 à 207, Paris, 4843, in-4», Imprimerie rovale.

Mémoires de r Académie de Dijon, 3e série, t. X, année 1887, p. 310, article de M. Ernest Serrigny : « On mettait à Dieu une barbe longue et blanche, et une paire de gants de prélat aux mains. »

Voir diussï Mémoires de la Commission des antiquités de la Câte-d'Or, l. XI, années 1885 à 1888: « Au Mystère joué en 1521 à l'entrée de François I" à Dijon, on acheta, pour 6 deniers, le safran et la laine pour faire une barbe à Dieu. »

3. Mémoire de la Commission des antiquités de la Côte-d'Oi\ t. II (1885 à 1888), p. 243.

4. Mystère de VIncarnation publié par la Société des bibliophiles normands 2 vol. in-4o, avec notice de M. Leverdier : notice, p. ut. Les Confrères de Saint- Romain établis à la cathédrale reçoivent en prêt du chapitre tous les ornements et vêtements sacerdotaux dont ils ont besoin : crosse, mitre, chape, etc..

5. Voir Grandmaison, Documents inédits pour servir à (^histoire des arts en Touraine, Paris, p. 47.

ÉTUDE SUR LES HYSTÂRKS AU MOYEN AGE îtS

tiguranis; cependant un fragment de Mystère conservé à la BîbMotbèque de Clermont-Ferrand possède une indication de costume que, pour la rareté du fait, nous reproduisons :

« S'ensuyent les noms des personnages et la quantité : 1" Deus Pater cum harba grisa et eappa et habettres coronas supra caput et habet in tnanu mundtim (et dans te maDuscril est dessinée à côté la boule du monde surmontée d'une croix — on faisait généralement ces boules au moyen de deux sébiles demi-circulaires réunies par les bords)'.

« Item sanctus Jokannes cum magna barba et cum rattpa (robe ") facta ex pillis chamellt'. »

Quant au luxe déployé dans certains Mystères, il dépassait ce que nous pouvons communément nous figurer. On cile généralement le costume de Néron dans les Actes des Apôtres joués à Bourges en 1536 : tout était de velours brodé d'or, sa couronne était en or couverte de pierreries, etc. Les dépenses que s'imposaient tes villes pour les costumes de leurs acteurs furent presque toujours considérables, et certains personnages tenaient, par vanité, ày paraître des plus brillants.

Alors, au moment où les Mystères ont si grande vogue, la cour de Bourgogne rivalise de somptuosité avec la cour de France. Isabeau de Bavière a mis à la mode les étoffes les plus luxueuses qu'elle surcharge de parures et d'ornements. Durant tout le siècle, on cherchera à renchérir sur celte débauche de richesse. Les babils des grands seigneurs, à toutes les fêtes, qui se multiplieront, seront couverts de bijoux, de perles et de pierres précieuses. Ce sera la grande folie du temps, et les bourgeois qui jouent dans les Mystères, chercheront durant la représentation à faire une ostentation semblable.

Ce besoin de paraître se retrouve dans tous les spectacles et. pour ne citer qu'une anecdote, nous rapportons celle-ci qui nous a paru assez drôle :

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