Morice, •pasaim, p
2. Dans les MyUeres de Tiod et de l'Annonriadon joués à Dieppe nu xv siècle Sgurail uDe statuette de Vierge qui agitait la tête et les brus et dont leR yeux Be levaient vers le ciel. Charles Maguia, Les Marionnettes au théâtre, Paris, i862, p. liS; Deamarnuets, Mimoires chronologiques pour lervir à i' histoire de Dieppe, t. l", p. 68 et Eui?anle8; Edouard Henry, Ongines et développements de l'art thédtral dans la province eeelétiastique de Reims, Laon, imi, ia-S", p. 61 ; L. Vitel, Histoire de Dieppe, éd. Gosielia, p. 35 & 47.
tous les ans en Téglise Saint-Jacques de celte ville, le 15 août, en mémoire de la levée du siège. Dieu le Père siégeait comme dans tous les Mystères, au haut d'une tribunfe dont les portants montaient jusqu'à la voûte de l'église et étaient tendus d'étoffe bleue, parsemée d'étoiles d'or. Autour de lui, des anges marionnettes faisaient des prodiges d'agilité, voltigeant et agitant leurs ailes; la Vierge, autre marionnette, était étendue sur un lit mortuaire, et au commencement de la cérémonie, des anges venaient la prendre et la transportaient à côté de Dieu le Père, dans le Paradis. Mais cette assomption était longue et pendant qu'elle s'exécutait, la Vierge levait continuellement les bras au ciel, comme pour représenter le désir qu'elle avait d'y arriver plus tôt.
Ce ne fut qu'au xvii* siècle que les marionnettes servirent dans beaucoup d'endroits à représenter les scènes religieuses que les évoques défendaient déjouer sur des échafauds.
Les Mystères, entre autres celui du Vieil Testament, embrasssent quelquefois plusieurs siècles ; les personnages y figurent à différents âges; d'abord comme jeunes enfants, et quelques instants aprèscomme hommes mûrs ou vieillards. Alors lerôleest joué par plusieurs acteurs; ainsi David enfant est figuré par un enfant, et quand il est roi, par un homme. La Vierge parait aussi en petite fille et ensuite à l'âge où elle est mère du Christ. Le libretto indique le changement du rôle : « Icy finist le petit David et commence le grant David » ou bien a Icy commence la grant Nostre- Dame ». Du reste la convention n'est-elle pas encore la base du théâtre, même le plus moderne!
On faisait précéder la représentation du Mystère de ce que l'on appelait une monstre ou grande promenade à travers la ville, et dans laquelle chacun montrait, en paradant, le costume qu'il devait porter dans la représentation. Jacques Thiboust * a laissé'
1. Jacques Thiboust, Bjelation de V ordre de la triomphale et magnifique monstre du Mystère des Actes des Apôtres /\(npnmée chez Manceron à Bourges, 1836, in-8®, et Boyer, Un Ménage littéraire à Bourges au xvi« siècle (Jacques Thiboust et sa femme Jeanne de la Fons), Bourges, 1859, in-^°.
une description de la fameuse monstre du Mystère des Actes des Apôtres qui eut lieu à Bourges en 1536. Puis Ton commençait la représentation par la lecture d'un prologue. A en croire la miniature des Actes des A/?d^res *, c'aurait été un prêtre en surplis qui serait venu lire le prologue sur un vaste lutrin, comme il aurait luTËvangile, et aussitôt après, la représentation avait lieu. Pendant les intermèdes, les diables ou les fous viennent amuser les i^ spectateurs : leurs jeux répondent assez à nos clowneries modernes. Ces bouffons devaient être des comédiens de profession ; car l'exécution de leurs tours et de leurs farces demandaient une agilité et une adresse peu communes, que des gens adonnés à cô genre d'exercices peuvent seuls avoir.
Les femmes sur le théâtre.
Au XTV* siècle et au commencement du xv* les femmes ne figuraient jamais sur la scène; leurs rôles, tels que ceux de la Vierge, de Marie-Madeleine, de Marthe et de sa sœur, etc. étaient joués par des hommes. Au Mystère de Sainte-Barbe représenté à Metz en 1483, un jeune barbier nommé Lyonard, ressemblant à une belle « joune fille, fist le personnaige de sainte Barbe si preudemment et si dévotement que plusieurs personnes pleuroient de compassion, car il tenoit si bonne faconde et manière à chascun agréable et n'estoit possible de mieulx faire »'.
A Angers, à la Passion de Saint-Maurice en 1486, Laurent, chapelain de l'église Saint-Maurice, joua le rôle de la Vierge et Nicolas Piétaut celui de la Madeleine \
S'il faut en croire les historiens allemands, le même usage exis-