‹ Étude sur les mystères au moyen âgeChapitre 27 sur 35 · Grenus, passim, p · texte numérisé non relu

Grenus, passim, p

3. Voir le Mystère de Saint-Bernard de Menthon publié dans la Collection des anciens textes par M. Lecoy de la Marche (surtout l'introduction), Paris, 1888, chez Firmin-Didot.

46 REVUE ARÔHÉOLOGIQUE

Tous les artistes du xv* siècle et du commencement du xvi° travaillent à Texécution de décors de Mystères : Jehan Foucquet, le chef de TÉcole française, Jehan Poyet le miniaturiste du livre d'Heures d'Anne de Bretagne, Jehan Perréal dit Jehan de Paris, Tauteur de la cathédrale de Brou, Jehan Bourdichonet Pierre de Paix ses collaborateurs, Coppin Delf, le peintre attitré du roi René, Tauteur des fresques de l'église Saint-Martin de Tours; Michel Colombe, le sculpteur du tombeau du duc François II à Nantes, sont occupés à la mise en scène des Mystères, ainsi que nombre d'autres peintres dont les noms sont moins populaires et les œuvres moins connues*.

C'est en i379 que Ton trouve pour la première fois le nom d'un peintre employé à des décorations de Mystères. Les archives d'Angers nous annoncent que, lorsque le duc d'Anjou entra dans cette ville, les échevins s'attachèrent Jean le Paintre*, artiste de Château-Gontier, « pour faire les ystoires de l'entrée ». Il fut surtout employé à Texécution de « grandes bestes » représentées au naturel avec des peaux empaillées et au milieu d'elles « une syrène ».

A Orléans, nous trouvons successivement la décoration du Mystère de la délivrance de cette ville confiée à Guillaume le Charron et à Michelet FilleuP.

En 1461, Louis XI doit se rendre à Tours; la ville charge Jehan Foucquet * d'établir les devis des échafauds pour les Mystères et farces à l'occasion de l'entrée du roi. Le peintre se met à l'œuvre, mais lorsque les échevins font demander au roi « s'il

1. Voir de Laborde, La Renaissance des Arts à la cour de France; Giraudel, Les Artistes tourangeauxy Tours, 1885; Grandmaison, Documents inédits pour servir à l^ histoire des arts en Touraine, Paris, 1870; G. Chevalier, Les Archives communales d'Amboise, Tours, 1874; de Girardot, Les Artistes de BourgeSy Paris, 1861; Célestin Port, Les Artistes peintres angevinSy Paris, 1872.

2. Célestin Port, Les Artistes angevins, Paris, 1881 ; Archives de la Mairie d'Angers, C.C. 3, fo 25, 1379.

. 3. Le Mystère d'Orléans publié par MM. F. Guessard et do Certain dans la Collection des documents pour servir à Vhistoire de France^ Paris, 1862, p. vrii. Quittance de 72 sols p., extraite des comptes de la ville d'Orléans.

4. Grandmaison, p. 11 ; Giraudet, p. 169, 170 et 171; de Laborde, La Renaissance des ArtSf passim.

ËTUDE SUR LES MÏSTËRES Al' MOYEN AtiE 47

auroil pour agréables icelles feinctes et mistaires faiz un chaffaulx » il leur est répondu « non, le roi n'y prend nul plaisir » ', Les travaux commencés sont donc suspendus ; mais la ville paye à Foucquet les frais de ce qui a déjà été exécuté.

Louis XI vint & plusieurs reprises à Lyon. En 1463 on voulut le recGvoirdignementet l'on prépara la représentation de Modus et Ralio pour le distraire. Jehan de Juys, Janîn l'enlumineur et Eslienne du Pin*, peintre et verrier, en dessinèrent les costumes elles décors; mais l'entrée n'eut pas lieu, ces distractions n'amusant le roi pas plus à Lyon qu'à Tours,

La première entrée solennelle de Charles VIII dans cette même ville de Lyon en 44S9fut mieux réussie. Le roi venait de rétablir deux foires supprimées par son prédécesseur; aussi l'échevinage lyonnais voulait-il lui faire une réception magnifique. Jehan Perréal dit Jean de Paris ' fut chargé d'établir le projet et l'exéculion des ■(Mystères, Moralités, Ystoires etaultres Joyeuselés n destinés à amuser le jeune roi ; aidé du peintre Jehan Prévost* et de l'architecte Clément Trie% il fit dresser deséchafauds dans différents carrefours, régla la marche, dessina les costumes des personnages et des diables ou fous qui devaient exécuter des intermèdes sur le parcours du cortège, et surtout peignit les maquettes des

Page 1