‹ Étude sur les mystères au moyen âgeChapitre 4 sur 35 · Petil de Jullerille, pasiim, tome I, p · texte numérisé non relu

Petil de Jullerille, pasiim, tome I, p

2. Voir Léon Clédat, Le Mystère provençal de Sainte-Agnès dans la BibUo- Ihdque des Ecoles fi-ançaUes d'Athènes et de Rome, année 1877, 1" faacicole, p. 271. Paris. Eraest Thorin.

Mystères se représentent partout. Avec les confréries et les corporations, ils prennent un caractère séculier et deviennent le grand amusement de la iin du moyen àge^

Ce développement particulier tient à des causes morales particulières ; la société civile a progressé depuis saint Louis ; elle a produit des savants illustres ; l'industrie est alors son apanage et l'art de penser n'est plus le monopôle de l'Église. Celle-ci, par suite, n'a plus l'influence qu'elle possédait après les invasions barbares ; ses cérémonies ne sont plus pour les peuples ni pour les rois d'un intérêt aussi poignant ; elle ne tient plus dans sa main les amusements. Aussi les cherche-t-on ailleurs. Longtemps on en a été privé; il semble qu'avec l'épanouissement du xv® siècle, il ait passé en France comme un souffle irrésistible de plaisir et d'amusement. La guerre de Cent ans sévit, le peuple meurt de faim, les bandes de soudards se pillent et s'égorgent entre elles et surtout égorgent et pillent le malheureux peuple ; cela n'empêche pas de s'amuser ou de chercher à s'amuser du haut en bas de l'échelle sociale. A vingt-deux ans Charles VI est usé par les plaisirs ; son fils perd son royaume au milieu des fêtes et les populations, avides de spectacles scéniques, s'imposent toutes sortes de privations et de travaux pour assister aux représentations.

Le public vient y chercher des distractions qu'il faut lui rendre de plus en plus attrayantes. La soldatesque devenue si nom* breuse, à cause de la guerre, porte ses habitudes d'impiété dans l'auditoire. La jeunesse frivole s'y rend comme à un lieu de plaisir, et les courtisanes à ceinture dorée vont y étaler leur élégance en guise d'enseigne ■.

Le luxe est arrivé alors à un développement qui, depuis, n'a jamais été réalisé même aux fêtes fastueuses de Versailles. Les acteurs déploient une somptuosité inouie sur la scène, et l'auditoire, composé quelquefois de souverains, de princes, de seigneurs, de riches bourgeois, de femmes de toutes conditions vêtues de

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