DES ABORDS DU NID
Il doit être installé de manière à n’être exposé, que le moins possible, au froid, à la pluie, auvent, et surtout à la vue et à l’attaque de l’ennemi.
Aussi, après avoir trouvé un centre favorable pour leurs explorations et leurs éliminations, les père et mère cherchent un emplacement qui les mette à l’abri du danger. Ils choisissent une petite enceinte, dans laquelle le nid puisse jouir des avantages assurés au lit dans une chambre, à une maison principale au centre de ses dépendances, à un fort dissimulé derrière des obstacles.
Ils choisissent ou composent cette enceinte d’après les besoins de leur espèce.
Les plus forts se contentent, pour abriter leur construction, de branches feuillues , qui , suivant les circonstances, servent de parapluie, de parasol ou de paravent.
D’autres cherchent des clôtures plus complètes, plus épaisses ou plus résistantes, ou bien une chambrette de verdure, ou même des toits, des plafonds, des parois en bois ou en terre, des planchers, des terriers .
Les nids se trouvent alors, pour ainsi dire, sous la tente, dans une chambrette, une chambre, une mansarde, une alcôve, un boudoir.
ARCHITECTURE DES NIDS
Pour y pénétrer, il y a des avenues, des corridors, des antichambres.
Les nids de buse, de corbeau, ont pour abri le feuillage des branches supérieures des arbres.
La fauvette choisit une chambrette de verdure dans le fourré d’un buisson.
L’alouette, la bergeronnette, la caille, en cherchent de pareilles dans les touffes d’herbe.
Ces résidences ont de petites avenues, une ou deux entrées.
Le pipit des arbres et le rossignol déposent leurs nids au pied d’un petit brin de taillis, qui devient pour eux un tuteur.
Une ou plusieurs tiges de ronces conviennent encore mieux au busard saint-martin et à la bécasse.
Souvent, sur le revers d’un fossé, le rouge-gorge s établit sous une touffe de grandes herbes qui, en retombant, forment une espèce de tapisserie, et qui servent de rideau au nid et de portière à son entrée. Impossible de rien deviner de cette mystérieuse retraite à moins que l’on ne voie la couveuse s’envoler.
En pareille circonstance, le bruant jaune agit de même. J ai vu, le 20 avril 1874, un nid de ce dernier oiseau établi à vingt centimètres au-dessous
d’un autre dans lequel il avait élevé des petits en 1873. 1
Le moineau et 1 hirondelle s'abritent sous nos
Un long corridor mène à la chambre de l’hirondèlie de mage qui se trouve a|nsi préserTé<! contre le iroid et les eboulements.
ARCHITECTURE UES NIDS. 57
Le fort du pic n’a qu’une petite ouverture donnant dans le vide.
Pour passer de l’étang dans son esquif, la morelle se construit, en guise d’escalier, une rampe en joncs, et à deux mètres environ de là elle amasse également des roseaux, sur lesquels elle vient stationner; souvent encore, dans les étangs nouvellement mis en eau et par cela même très-découverts, elle recourbe les roseaux dont est entouré son nid, de manière à former une espèce de voûte et à le soustraire ainsi à la vue des oiseaux de proie.
Le grèbe castagneux, pour arriver au même but, a recours à un autre stratagème ; il plonge si bien, même au sortir delà coquille, qu’il échappe facilement à l’œil de son ennemi ; ne pouvant emporter ses œufs, il les recouvre d’herbes en dépôt sur les bords du nid; à peine paraissez-vous à l’horizon, que l’opération est faite et que l’oiseau a disparu. On n’en tue qu’à l'affût.
Toutes les dispositions des abords du nid ont pour résultat de rendre faciles les communications des oiseaux pendant l’incubation et l’élevage des petits ; mais la plus grande préoccupation des père et mère est de trouver un abri et de mettre entre eux et leurs éliminateurs, des obstacles, un fourré, une paroi, le vide, l’eau; aussi beaucoup d’entre eux abandonnent-ils leur chère résidence, quand un danger la menace, quand des êtres suspects s’en sont approchés avec des airs de convoitise ; quelques-uns prennent même cette triste résolution, quand l’incubation a déjà commencé.
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