‹ Etude sur les paralysies alcooliquesChapitre 22 sur 54 · OBSERVATION XIV · texte numérisé non relu

OBSERVATION XIV

Royal medical and chirurgical Society Broadbent, The Lancel , 16 février 1884,

pages 294-296.

Homme, âgé de 42 ans; son goût pour le vin s’était développé dans l’adolescence et il était devenu graduellement inerte et sédentaire, passant la plupart de son temps à lire et à boire du Porto. En 1876, il fut confié aux soins du Dr Harrisson, comme dipsomane. Il n’a jamais eu de delirium tremens prononcé, mais a été privé de sommeil longtemps; quelques mois avant, sa dernière maladie, il avait un obscurcissement des facultés mentales. La paralysie est survenue très insidieusement ; on avait remarqué que les bras étaient faibles pendant une quinzaine de jours, mais jusqu’à quelques jours avant la première consultation de M. B. avec Harrisson, le 3 avril, le malade avait pu tenir son papier et porter facilement les boissons à la bouche; à celte époque, la paralysie était surtout manifeste dans les muscles extenseurs des avant-bras, déterminant la chute des deux mains; mais les fléchisseurs de l’avant-bras étaient aussi faibles, et les muscles du tronc affaiblis ; quoique tous les mouvements des jambes s’effectuassent en partie dans le lit, il ne pouvait pas se tenir seuldebout; le réflexe du genou était perdu ; les réflexes plantaires étaient très marqués.

La sensibilité était affaiblie et les sphincters n’étaient pas affectés.Les mains offraient cette particularité spéciale qu’elles étaient pâles et œdématiées, tandis que les pieds, lorsqu’ils pendaient, s’œdématiaient rapidement. L’urine ne contenait ni albumine, ni sucre; pouls fréquent, petit et faible, mais régulier; le premier bruit du cœur était court et suivi d’un second bruit très rapproché. Pas de souille valvulaire. Huit jours plus tard, la paralysie avait tellement augmenté que les mains placées le long du corps ne pouvaient être replacées sur l’abdomen par le malade; les jambes ne pouvaient plus être fléchies dans le lit. Il y avait aussi une paralysie du diaphragme, qui fit bientôt naître un malaise respiratoire et une difficulté de parler ; le lendemain, les côtes inférieures qui, auparavant, se soulevaient et s’écartaient régulièrement, ne pouvaient plus se mouvoir que dans le sens vertical dans l’inspiration ; la mort eut lieu par asphyxie le il avril.

A l’autopsie, l’examen de la moelle épinière, le seul qui lut autorisé, la montra remarquablement pâle, mais sa consistance était normale, et l’examen microscopique soigneusement fait par M. Silloclc, ne révéla aucune altération. Les nerfs ne furent pas examinés.

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