‹ Etude sur les paralysies alcooliquesChapitre 35 sur 54 · CONCLUSIONS · texte numérisé non relu

CONCLUSIONS

Nous croyons pouvoir tirer de nos recherches des conclusions théoriques et pratiques :

Au point de vue de l’étiologie du choléra, nous croyons avoir démontré définitivement la spécificité du bacille-virgule.

E. DOYEN

déjà presque certaine d’après les savantes recherches du professeur Koch et des auteurs que nous avons cités dans notre historique.

Toutes les critiques lancées contre le bacille-virgule de Koch tombent, comme nous l’avons vu plus haut, devant l’observation méthodique des faits.

Le bacille-virgule est tout spécial au choléra morbus. On l’y rencontre toujours, et l’étude de la morphologie et de la vitalité de ce microbe s’accorde parfaitement avec tous les faits observés de contagion et de transmission du choléra.

Depuis longtemps, l’élude approfondie des faits a démontré que l’extension du choléra hors du delta du Gange1 est subordonnée aux rapports qui existent entre les peuples, soit par terre, soit par la navigation.

Par terre, l’homme transporte sur lui le germe cholérique, le propage par ses déjections, par ses linges. Le simple séjour dans une localité saine d’un individu atteint de diarrhée prémonitoire, et qui, même après son départ, n’a eu qu’une attaque bénigne du choléra, a déterminé plusieurs fois l’apparition d’une épidémie terrible. D’autres fois, la première personne frappée dans une ville très éloignée des localités atteintes succombe en quelques heures après l’ouverture d’une malle d’où elle vient de tirer les effets humides et souillés de déjections d’un de ses parents, mort au loin du choléra.

L’air sec est un obstacle insurmontable à la diffusion du germe cholérique. C’est à M. Fauvel qu’appartient l’honneur d’en avoir démontré l’action désinfectante bien avant la découverte du bacille-virgule.

Au contraire, Fapparilion des vents d’orage chauds et chargés de vapeur d’eau est presque toujours suivie d’une recrudescence des épidémies. Sur les navires, le liquide de la cale, riche en chlorure de sodium et en matières organiques,

' Koch, clans sus conférences de l’Office sanitaire, a montré combien le climat humide et chaud de celte contréo était favorable à l’endémicité du choléra. L'histoire dns épidémies antérieures, les ravages récents du choléra à Marseille, à foulon, à Paris ; l’épidémie actuelle qui sévit sur l’Espagne, témoignent que le fléau frappe de préférence les contrées malsaines, les villes, les quartiers, les habitations humides et malpropres.

est un excellent milieu de culture. C’est ainsi que le choléra peut ne pas faire de victimes pendant la traversée, ni pendant l’observation d’une quarantaine maritime, tandis qu’il éclate subitement le jour où l’on débarque la cargaison.

Le bacille-virgule est cependant un microbe assez fragile : il ne présente pas de forme stable, et l’apparition si facile des formes d’involution stériles que nous avons décrites est une des causes capitales de la terminaison des épidémies.

Si le bacille-virgule présentait aux agents microbicides la môme résistance que les spores du charbon ou le bacille-tuberculeux, la mortalité serait effrayante, et le choléra serait endémique en bien des points du globe.

Le bacille du choléra parait agir, comme celui de la fièvre typhoïde, à la suite de son développement dans le tube digestif, et détermine une infection microbienne générale de l’organisme.

Le défaut d’acidité du contenu stomacal, les troubles gastro-intestinaux sont les conditions favorables à son développement. D’après nos expériences, l’alcoolisme nous semble les réunir toutes à la fois.

La fréquence et la gravité du choléra chez les gens misérables et malpropres ainsi que chez les ivrognes confirment notre manière de voir.

L eau potable peut renfermer, aussi bien que ceux de la fièvre typhoïde, les germes du choléra, et donner naissance à des épidémies circonscrites. Le bacille-virgule peut en outre se cultiver aisément sur les substances alimentaires humides, notamment sur le pain, à la température ordinaire.

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