‹ Etude sur les paralysies alcooliquesChapitre 39 sur 54 · CHAPITRE II · texte numérisé non relu

CHAPITRE II

Constitution du tissu osseux.

Les os longs forment des tubes creux, tapissés intérieurement d’une membrane, et contenant la moelle. Los os courts et les os plats offrent à leur surface une couche de tissu osseux compacte, entourant un tissu caverneux, spongieux, dont les méats sont remplis de moelle. Cet ensemble constitue le diploé. Quelle que soit leur forme, les os sont enveloppés de toute part d'une membrane nommée périoste. Des fibres appelées fibres perforantes de Sharpey, traversent les lamelles osseuses, du périoste extérieur au canal médullaire. Kôllikër a montré que ces fibres sont constituées par de l’élastine.

Le canal médullaire, ainsi que les cavités du diploé, sont remplies d’un tissu connectif à mailles très larges, supportant des vaisseaux sanguins et des nerfs ; le tout est englobé dans une masse demi-fluide, la moelle osseuse contenant 96 °/o de matières grasses.

Si j’ai rappelé ces notions anatomiques, c’est afin de montrer que le tissu osseux est composé d’éléments très divers, enchevêtrés les uns dans les autres, ce qui rend infructueuse toute tentative pour les séparer mécaniquement d’une manière complète, et

d’autre part, on ne connaît ni réactif, ni dissolvant qui permette de les séparer chimiquement ; on voit doncpourquoi l’analyse du tissu osseux est si compliquée et en même temps si incertaine; on ne doit pas s’étonner que les auteurs qui se sont occupés de cette question soient souvent en contradiction les uns avec les autres.

An point de vue chimique, la matière osseuse est composée de deux parties. Tune organique, l’osséine, l’autre minérale, la terre osseuse. Ces deux parties sont si intimement unies l’une à l’autre, que plusieurs auteurs ont cru à une véritable combinaison chimique. Mais de nombreuses analyses ont montré que la proportion de terre osseuse et d’osséine varie dans des limites assez étendues, ce qui exclut d’emblée toute idée de combinaison. Cependant, il faut reconnaître qu’il y a attraction élective de l’osséine pour la terre osseuse ; on ne peutr en effet, priver d’une manière complète l’osséine de ses sels calcaires, et d’autre part si l’on précipite du phosphate acide de calcium par l’ammoniaque en présence de gélatine, ou de la gélatine par le tannin,- en présence de phosphate calcique, les deux substances s’entraînent mutuellement dans le précipité.

Uosséine s’obtient en faisant macérer, dans l’acide chlorhydrique étendu, des os privés de graisse et de tout tissu accessoire ; il reste ainsi une substance translucide gardant la forme de l’os dont elle provient. Elle est insoluble dans l’eau froide ou chaude, mais soumise longtemps à 1 ébullition dans l’eau à la pression ordinaire, ou quelques heures sous pression dans la marmite de Papin, elle se dissout en se transformant en une isomère., la gélatine.

Cette transformation est plus rapide pour l’osséine pure que pour l’osséine contenant encore les sels calcaires, cependant des os soumis longtemps à l’ébullition perdent une certaine quantité de leur matière organique.

Voici quelques chiffres que j’ai obtenus.

Action de l'eau bouillante pendant 1 h. 30 sur des os de

chien.

Désignation de l’expérience. Perte d'osséine 0[0.

Tissu compacte d’un tibia de chien. . . 3,2.

Tissu spongieux 7,0.

Frémy h dans son travail sur les os, a montré que pendant les premières heures d’ébullition l’os s’altère aussi rapidement que l’osséine pure, mais ensuite la quantité de gélatine produite par l’os va en diminuant, parce que les couches externes privées de leur substance organique et ne contenant plus que les sels calcaires, forment un revêtement imperméable qui préserve les couches internes de l’action de l’eau bouillante. Ce ralentissement ne se produit pas si l’on a soin de gratter l’os qui a été maintenu quelque temps dans l’eau bouillante, alin d’enlever le phosphate et le carbonate de chaux qui se trouvent à sa surface. Dans ces conditions, l'action de beau bouillante est aussi rapide sur l’os total que sur l’osséine pure, et M. Frémy déduit de cette expérience que. dans l’os, l’osséine se trouve à l’état de liberté.

Les os, dans certaines conditions, contiennent uneau-

Page 1