‹ Etude sur les paralysies alcooliquesChapitre 4 sur 54 · I. — Mode de début. — Symptômes prodromiques · texte numérisé non relu

I. — Mode de début. — Symptômes prodromiques

La paralysie ne débute jamais brusquement, elle est précédée par toute une série d’accidents antérieurs qui relèvent tous de l’intoxication alcoolique chronique. Depuis longtemps, les malades ne dorment pas ; leur sommeil est interrompu par des rêves terrifiants ; ce sont des animaux avec lesquels ils se trouvent aux prises ; ce sont des chats, des rats qui leur sautent à la gorge, etc., etc. Souvent aussi ce sont des rêves professionnels, ou bien encore de véritables hallucinations. D’après une observation de Moeli, et plusieurs autres rapportées par Magnus Hüss, le delirium tremens aurait pu dans quelques cas être un des accidents prémonitoires de la paralysie. Il faut placer à côté des troubles cérébraux, toute la série des troubles digestifs, pituite, anorexie, etc., mais les uns comme les autres n’offrent rien de spécial dans la forme qui nous occupe.

Cependant, parmi les troubles divers qui montrent que le système nerveux est plus particulièrement touché, il en est un certain nombre qui se retrouvent de préférence, comme accidents prémonitoires chez les individus atteints de paralysies alcooliques. Ce sont des symptômes qui se passent surtout dans la sphère du système sensitif et locomoteur.

En effet, la paralysie est presque toujours, pour ne pas dire toujours, précédée de douleurs vives dans les membres, particulièrement dans les membres inférieurs. Ces douleurs sont parfois intenses, parcourent rapidement, à la façon d’un éclair, d’un choc électrique, toute l’étendue d’un membre, puis disparaissent ; ce sont des fourmillements dans les pieds, dans les mollets, des sensations de brulûre, etc., etc. Nous reviendrons plus loin en détail sur ces troubles subjectifs de la sensibilité; disons seulement ici, qu'ils précèdent habituellement la paralysie de plus ou moins loin, qu’ils surviennent surtout la nuit, et causent de vives souffrances au malade. Parfois même, à cette période initiale, il peut survenir un œdème passager des pieds ou des mains, qui se localise surtout sur la face dorsale, mais qui est le plus habituellement d’une durée très courte. Quant aux troubles de la motilité, ce sont des crampes, des soubresauts musculaires réveillant le malade au milieu de la nuit, ou bien enlin ce sont de véritables parésies, ou de simples faiblesses musculaires. C’est alors la paralysie alcoolique dans ce qu’elle a de moins accusé.

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