‹ Étude sur les phénomènes observés du côté sain chez les hémiplégiquesChapitre 7 sur 28 · ROUE · texte numérisé non relu

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l'Académie des sciences, en 1878, décrit chez les hémiplégiques, du côté hémiplégié, ce que l’on connaissait déjà avant lui sous Le nom de « tremblement réflexe ». Il dit qu'il est obtenu de la façon suivante : On applique la main sur la plante du pied et, en redressant celui-ci en flexion brusque, on le voit alors agité d’une trémulation convulsive constituée par une série d’oscillations régulères. Cest, en somme, le phénomène du pied, la trépidation épileptoïde bien connue, constatée cliniquement dans la sclérose en plaque, dans la paraplégiie du mal de Pott, etc.

Avant Déjérine le tremblement réflexe du membre inférieur chez les hémiplégiques n’avait jamais été observé que dans le membre paralysé. Les recherches qu’il a entreprises démontrent d’une façon très nette que dans certains cas ce tremblement réflexe s’observe dans le membre inférieur du côté sain, aussi bien que dans celui du côté malade, et qu'il s’y observe même assez fréquemment. Ainsi sur une quinzaine d’hémiplégiques, Déjérine a rencontré cinq fois Le tremblement réflexe du pied du côté sain, en même temps que celui du côté paralysé ; il insiste sur ce fait que ces cinq hémiplégies étaient des cas vulgaires durant depuis deux ou trois ans. Sur ces cinq malades le tremblement réflexe du membre sain était aussi intense et durait aussi longtemps que le tremblement du membre paralysé. Mais, contrairement à c2 qui s’observe d’habitude, la flexion brusque du gros orteil n’exerçait plus son action d’arrêt sur le phénomène ou tout au moins était loin d’arrêter le tremblement d’une façon constante. Cet effet “était obtenu dans certains cas pour une constriction énergique des muscles de la région jambière postérieure.

Chez deux de ses malades le tremblement du membre sain s’observait à l’occasion du moindre mouvement volontaire. Tous avaient de plus une contracture très prononcée du bras et de la jambe du côté paralysé.

Enfin notons en passant, pour y revenir plus tard, qu’à cette époque du moins, Déjérine propose comme interprétation physiologique du phénomène, la propagation de la sclérose latérale descendante au cordon latéral opposé.

Nous avons dit plus haut que dans nos observations nous n’avions pas pu trouver un seul cas de trépidation épileptoide du côté sain. Mais nous avons rencontré un phénomène qui doit certainement être rapproché du tremblement réflexe. IL consiste en ceci: Quand on commandait au malade d'étendre le bras non paralysé, ce mouvement s’accomplissait parfaitement, puis l’on voyait le membre tout entier être agité par un tremblement rythmé à petite amplitude, tout au moins c’est ce que nous avons noté dans deux de nos observations personnelles ; et dans les observations de M. le professeur Teissier, nous avons trouvé un cas d'héméplégie gauche où lon note « petit tremblement rythmé dans le membre inférieur droit » (observations I, XXII, XXV).

Or, nous avons vu que Déjérine cite deux cas où le tremblement réflexe se produisait dès qu’un mouvement volontaire était exécuté; de plus, cet auteur fait remarquer que chez ces malades les contractures existaient et très marquées. Nos trois hémiplégiques réalisent parfaitement cette condition ; comme, de plus, le tremblement que nous avons observé se produisait dans les mêmes circonstances, c’est-à-dire à propos d’un mouvemen vlnoot-

taire, nous sommes autorisé à assimiler ce tremblement

SR

rythmé de tout le membre au tremblement réflexe bien connu cliniquement et à le faire rentrer dans le cadre symptomatique de l’exagération des réflexes et de la tré-pidation épileptoïde, en un mot de ce que l’on est convenu d'appeler l’épilepsie spinale, tout en faisant de grandes réserves sur l'interprétation anatomique que Déjérine en a donnée en 1878.

D'ailleurs M. le professeur Teissier observe déjà depuis longtemps ce phénomène des tremblements rythmés à petites amplitudes, et pour lui il est tellement analogue comme signification à l’exagération des réflexes qu'il considère ces deux symptômes comme coïncidant presque toujours, et comme étant de même essence.

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