‹ Étude sur les plaies pénétrantes des articulations par instruments piquantsChapitre 14 sur 18 · TRAITEMENT · texte numérisé non relu

TRAITEMENT

Il ne peut plus être question aujourd’hui des traitements plus ou moins bizarres employés autrefois. Nous ne parlerons point des tentes introduites dans les plaies et destinées à empêcher la rétention des humeurs; nous ne citerons pas les pommades, les divers onguents ou révulsifs plus ou moins irritants et souvent plus nuisibles qu’utiles. Plusieurs chirurgiens déjà les avaient abandonnés, rejetant sur eux une partie des accidents des plaies pénétrantes articulaires. De toute la thérapeutique ancienne, une seule chose doit ètre conservée, c’est l’immobilisation. L’immobilisation, en effet, comme l’a si justement dit M. le professeur Verneuil, est le meilleur des antiphlogistiques. Le praticien devra donc toujours se conformer à cette règle qui ne souffre aucune exception : toutes les fois qu’il se trouvera en présence d’une plaie pénétrante ou supposée pénétrante, même la plus simple, la plus bénigne en apparence, il devra, sans tarder, immobiliser l’articulation blessée. :

Il est prudent, au début, de placer le membre, comme on l’a fait dans notre observation, dans une gouttière en fil de fer ou tout autre appareil de ce

genre, sans recourir de suite aux appareils inamovibles. Ce n’est que plus tard, lorsque la réaction vive des premiers jours aura disparu, que lon pourra, à l'exemple de M. le professeur Heydenreich, appliquer une gouttière plâtrée, et sans redouter l’ankylose (il n’existe aucun exemple authentique d’ankylose produite dans une articulation par le seul fait de l’immobilité) on laissera l'appareil en place jusqu’à disparition complète des symptômes inflammatoires. C’est alors que l’on pourra songer à combattre les raideurs articulaires où à détruire les brides fibreuses, conséquences de l’arthrite.

Les antiphlogistiques auxquels ont encore recours

plusieurs chirurgiens : ventouses, glaces, Sangsues, etc., sont absolument inutiles, s’il y à infection de la plaie, et parfaitement superflus s’il n’en est pas ainsi. .

. Mais nos connaissances actuelles sur les causes des complications des plaies nous donnent une indication nouvelle, celle de débarrasser la région blessée des germes qui ont pu la souiller et de la soustraire désormais à l’infection microbienne. On commencera par laver soigneusement les contours de l’article avec de l’eau tiède, une brosse et du savon, et on achèvera la désinfection avec une solution phéniquée forte ou tout autre liquide antiseptique énergique.

La crainte de l’air avait poussé les anciens chirurgiens à tenter une occlusion mécanique plus ou moins complète de la plaie; cette méthode tend de plus en plus à être abandonnée.

Cependant, si la plaie est très étroite, si même

| . VMLaLre.

2 - : , , . ,° . . A l'existence de la pénétration était douteuse, rien ne

S'opposerait à la recouvrir de baudruche collodionnée où mieux de collodion iodoformé. Mais il est de

beaucoup préférable d'appliquer un pansement anti-

septique quelconque, légèrement compressif, ou encore le pansement ouaté de À. Guérin qui, par une compression élastique régulière, étendue, continue et une température constante, modifie l’afflux du sang, diminue peut-être avantageusement, comme le fait remarquer le professeur Gosselin, la phlegmasie et le gonflement inflammatoire, outre le privilège de fournir une protection sûre contre les germes septiques. |

S'il s’agit d’une plaie plus importante, celle, par exemple, déterminée par un instrument à la fois piquant et tranchant ou piquant et contondant, on tiendra la même conduite, en observant plus rigoureusement encore les règles de la méthode antiseptique.

Que faire si un corps étranger est resté dans la plaie? Autrefois on l’enlevait coûte que coûte et les minutieuses recherches, le passage incessant du stylet et des pinces, le délabrement et la contusion des tissus déterminaient souvent des accidents inflammatoires ou septiques. Aujourd’hui, malgré le danger moindre des manœuvres chirurgicales, il est prudent de s'abstenir, pour peu que le corps étranger ne soit pas à fleur de peau : mais, si sa présence est certaine, si par sa structure ou son origine il pouvait faire craindre une irritation intense de l’article et son infection, on n’hésiterait pas à ouvrir largement la jointure pour l’extraire.

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